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La Réunion il y a 38 ans

Document : « Maloya pour la liberté »

1er avril 2017
7 Lames la Mer
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Le 2 avril 1979, Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français (PCF), débarque à La Réunion, invité par le Parti communiste réunionnais (PCR). Une foule l’accueille à l’aéroport de Gillot. Le film « Maloya pour la liberté » de Jacqueline Meppiel, retrace le séjour de Georges Marchais à La Réunion. Au-delà du propos politique, ce document, avec 38 ans de recul, témoigne d’une société réunionnaise en proie à la misère, aux injustices sociales et à l’exploitation...

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Le 2 avril 1979, Paul Vergès accueille Georges Marchais. On reconnaît Claude Hoarau en arrière-plan. Source : "Actualités réunionnaises".

1979 : La Réunion encore régie par les schémas colonialistes


« Maloya pour la liberté » est un film-documentaire qui nous plonge dans la société réunionnaise de la fin de la décennie 70. Nous sommes précisément en avril 1979 et l’île de La Réunion, 33 ans après avoir acquis le statut de département, offre le visage d’une société toujours régie par les schémas colonialistes.

Pourtant, l’impression générale qui se dégage de ce film est dominée par le souffle extraordinaire et puissant d’un peuple en lutte qui se débat pour survivre malgré les difficultés quotidiennes et la terrible misère qui transparaît dans certaines séquences. Un peuple dont la conscience politique est aigüe.

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Georges Marchais et Paul Vergès à la porte d’un bidonville du Cœur Saignant au Port. Georges Marchais ne cachera pas son émotion à la vue de la misère qui règne dans ce quartier populaire.

Georges Marchais confronté à la grande misère d’une population


Au cours de son séjour dans l’île, Georges Marchais participe à trois meetings : à Saint-Suzanne, au Port et à la Possession. L’élan populaire qui s’exprime dans ces meetings — où les sympathisants se comptent par milliers — atteint une intensité depuis rarement égalée, démontrant sans ambigüité que, 38 ans plus tard, la vie politique réunionnaise souffre d’un déficit flagrant de militantisme même si les campagnes électorales suscitent toujours beaucoup de passions.

À la rencontre des dockers, des ouvriers, des planteurs, Georges Marchais est touché par La Réunion profonde, La Réunion qui souffre. Une visite dans le quartier du Coeur Saignant au Port, entre feuilles de tôle et bois de lait, — réputé pour être alors le plus grand bidonville de l’île — le confronte à la grande misère d’une population cependant toujours digne.

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Georges Marchais au bidonville du Cœur Saignant, Le Port.

Un vestige de lit coincé contre une tôle rouillée


Comment ne pas ressentir une vive émotion... lorsque, à l’écran, apparaît l’intérieur d’une pauvre case sombre : un feu de bois dans un angle, quelques ustensiles de cuisine posés sur un bout de table, un vestige de lit coincé contre une cloison de tôle ondulée et rouillée...

7 Lames la Mer vous incite à visionner ce film — qui nous a été signalé par un fidèle lecteur — parce qu’il a valeur de document. Mais aussi parce qu’il nous interroge sur l’évolution de notre société qui a certes gagné en confort et modernité mais qui y a sacrifié une part de son âme. Puisse le maloya pour la liberté nous redonner un peu de ce souffle perdu.

7 Lames la Mer

Le film « Maloya pour la liberté » a été mis en ligne par le site « Ciné-Archives » qui gère le fonds audiovisuel du Parti communiste français - Mouvement ouvrier & démocratique.
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L’avenue Rico Carpaye en 1979... Le Port.

Voici le texte qui l’accompagne :
« En 1963, « Sucre amer », court métrage de Yann Le Masson, tourné lors de la première campagne électorale de Michel Debré, révélait l’existence d’une situation de type colonial à l’Île de la Réunion, « Département d’outre-mer ». Seize ans plus tard, en avril 1979, le séjour dans l’île, à l’invitation du Parti Communiste Réunionnais, de Georges Marchais, Secrétaire Général du Parti Communiste Français, est le fil conducteur d’une nouvelle approche de ce pays et de ce peuple.

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La foule accueille Georges Marchais à Gillot.

Cinq jours de rencontres avec les planteurs, les ouvriers du bâtiment et des usines sucrières, les dockers, les victimes de la répression et les habitants d’un bidonville confirment la permanence et l’aggravation de la situation coloniale déjà mise en évidence dans « Sucre amer ». Mais aussi, les déclarations de personnalités religieuses et politiques, l’enthousiasme et la détermination des trois grands rassemblements populaires autour de Georges Marchais et de Paul Vergès, Secrétaire Général du Parti Communiste Réunionnais, expriment la profonde volonté de changement de tout un peuple » (extrait du dossier de presse).

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Georges Marchais et Paul Vergès arrivent au marché couvert du Port pour un meeting.

Avec le « Séga », le « Maloya » est le genre musical majeur de La Réunion qui se caractérise par un rythme ternaire de percussions. Le mot « maloya » viendrait du malgache « maloy aho », « maloy » signifiant « parler, dégoiser, dire ce que l’on a à dire ». Comme le blues américain, le maloya est un chant de complainte chanté à l’origine par les esclaves ayant le mal du pays ou se plaignant des mauvais traitements infligés par leur maître.

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Interview de Christian Fontaine et René Payet, prêtres engagés et militants à "Témoignage Chrétien de La Réunion".

Longtemps considéré comme subversif, le maloya est une musique fortement enracinée dans la tradition culturelle réunionnaise, mais on le retrouve aussi à Madagascar et dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Est.

Réalisation : Jacqueline Meppiel. Production : Unicité. Image : Michel Bonne. Son : Jean-Louis Ughetto. Montage : Catherine Renault et Agnès Vaurigeaud

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Julien Ramin, entre religion et militantisme.

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Paul Vergès plaidait pour un statut d’autonomie démocratique et populaire dans le cadre de la république française.

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Ary Yee Chong Tchi Kan lors d’une manifestation dont le mot d’ordre était "Autonomie".

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Paul Vergès et Georges Marchais rencontrent les planteurs, en présence d’Angelo Lauret.

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Georges Marchais : "Paul Vergès est interdit à la radio... C’est un scandale !"

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