Lisboa : sur les traces de l’île-qui-n’existe-pas (3)

Au détour d’une recherche, nous tombons par hasard sur notre île-fétiche, Joao de Lisboa, dans un ouvrage intitulé «Simples renseignements sur l’île Bourbon», publié par Elie Pajot en 1887. Il y est même question de coloniser «Saint-Jean de Lisboa» ! 7 Lames la Mer vous livre les extraits de cet ouvrage dans lequel l’île-qui-n’existe-pas refait surface…

Détail d’une carte de la mer des Indes établie par Van Keulen en 1687. Juan de Lisboa y est indiquée, flanquée d’une autre île mystérieuse : Dos Romeyros dos Castelhanos.

A la recherche de l’île Saint-Jean de Lisboa


La mystérieuse île Joao de Lisboa est mentionnée dès la page 3 sous le nom de «Saint-Jean de Lisboa». «Quelques uns ont voulu identifier Bourbon avec une certaine Appollonie qui s’était introduite sur de vieilles cartes ; celle-ci n’a jamais été qu’une île imaginaire comme le fut plus tard Saint-Jean de Lisboa.»

A la page 244, on découvre qu’un dénommé M. de Saint-Félix, marin né en 1737 dans l’Albigeois d’un père noble [mais sans fortune] dont il était le quinzième fils était allé à la recherche de l’île Saint-Jean de Lisboa.

«Entré dans la marine en 1755, il servit tour à tour au Canada, à Cayenne, à l’île de France où il prit le commandement du navire l’«Heure du berger» avec mission d’aller à la recherche d’une prétendue île de Saint-Jean de Lisboa dont il prouva la non-existence en dépit de toutes les cartes.»

A la page 273, nous sommes en 1799 et «l’île-qui-n’existe-pas» refait surface. On apprend qu’un titre de concession «ou quelque chose de semblable» concernant Saint-Jean de Lisboa aurait été attribué à «je ne sais qui». Décidément, c’est le brouillard le plus total : quelque chose de semblable, je ne sais qui… Et pourtant, une nouvelle expédition est organisée pour tenter de coloniser Saint-Jean de Lisboa…


On organisa la colonisation de Saint-Jean de Lisboa…


«M. de Souillac, ancien gouverneur, avait accordé à je ne sais qui un titre de concession, ou quelque chose de semblable, concernant l’île de Saint-Jean de Lisboa, île imaginaire dont l’amiral de Saint-Félix avait déjà surabondamment démontré la non-existence. N’importe, ce titre retrouvé à Saint-Paul, échauffa les imaginations : on organisa une société pour la colonisation de Saint-Jean de Lisboa ; on souscrivit, on donna du café faute d’argent, et malgré les observations très judicieuses du gouverneur Jacob, on expédia un navire en quête du nouvel Eldorado.

On ne trouva rien ; et au mois de juin, après soixante et onze jours de mer, la navire revint avec son équipage et tous ses émigrants sains et saufs et désappointés. La colonie, on le croira sans peine, ne figura point dans cette entreprise à l’étourdie : sa situation financière, rien moins que brillante, ne le lui aurait même pas permis (…).»

A suivre…

Lire la suite : Une île connue, puis perdue, puis retrouvée… (4)


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