Catégorie : Société

Le «Tonton noir» de M. Chane

« Qu’est devenu “Tonton noir” ? » M. Chane posa la question comme on jette une bouteille à la mer. Ce « Tonton noir » dans une famille de Chinois pourrait symboliser à lui seul la société réunionnaise. Une société où la solidarité emprunte des chemins de traverse et trace des lignes de vie parmi les plus étonnantes. Voici l’histoire du Tonton noir de M. Chane.

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«Chez Marcel», derrière la porte en fer…

Avril 1991, minuit. Ma petite Fiat jaune s’engouffre dans la ruelle Chinois déserte, se faufile entre les nids-de-poule et trouve sa place devant le plus célèbre « cabaret » de Saint-Denis et de La Réunion : « Chez Marcel ». L’entrée est cadenassée par une chaîne bien serrée. Il suffira de frapper fort à la porte en fer pour que les yeux bleus de Marcel surgissent dans le noir. Ce soir-là, la porte s’entrebâille une dernière fois.

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Sarah Grimké : «Retirez vos pieds de notre nuque»

«Je ne réclame aucune faveur pour les personnes de mon sexe. Tout ce que je demande à nos frères, c’est qu’ils veuillent bien retirer leurs pieds de notre nuque». Ainsi parlait Sarah Grimké, Américaine et militante anti-esclavagiste dans les Etats-Unis du début du 19ème siècle. Pour briser le silence qui entourait la condition féminine, elle utilisait le langage de la servitude : «Elle est votre esclave, la victime de vos passions, et partant de là, volontairement et involontairement, de votre licence». Portrait d’une pionnière.

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James Mange, le combattant du couloir de la mort / The death row fighter

Condamné à la peine capitale en 1979 par les autorités sud-africaines, le combattant anti-apartheid James Mange est un rescapé du couloir de la mort. Interview intemporelle avec celui qui voit La Réunion comme «une minuscule pierre posée sur la couronne africaine». / Sentenced to death by the South...

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Butor 1930 : chez Mam’zelle Zizi, pension tout confort

Mam’zelle Zizi, «belle Malabare», tenancière d’une pension de famille au Butor, faubourg de Saint-Denis. De passage à La Réunion en 1930, le voyageur Marcel Mouillot pose ses valises dans cet établissement populaire aux murs branlants et inachevé depuis vingt ans. Ambiance créole racontée par le «vieux gâçon z’oreil», celui qui donne beaucoup de «gros quat’ sous», où l’on perçoit les travers de cette société réunionnaise caractérisée par la débrouille et la solidarité et «fascinée» par la «gouyave de France»… Extraits.

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Eliard Laude, 17 ans, tué d’une balle en plein cœur

« Toi tu as donné / Une giclée de ton sang », écrit le poète Axel Gauvin en 1969 en hommage à Eliard Laude assassiné à 17 ans par un nervi le 15 mars 1959. Le tueur d’Eliard Laude a aussi ce même soir blessé grièvement un jeune de 14 ans, Antoine Baïkiom. Il sera condamné à 5 ans de prison mais ne purgera pas sa peine dans une geôle. « Grand matin / soleil lé rouge »…

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Kaya : ses mots sont toujours des armes

Le 21 février 1999 est un jour sombre dans l’histoire de l’île Maurice. Au petit matin de ce «bloody sunday», Kaya est retrouvé mort au fond de sa cellule, le crâne ouvert. Depuis, l’inventeur du seggae est devenu la figure emblématique d’un combat qui se poursuit pour plus de justice et de paix au sein de la société mauricienne. Hommage à Joseph Réginald Topize, alias Kaya.

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1899 : Mina, la belle Indienne, victime d’une rumeur

1899 : un navire en provenance de Chine introduit la peste bubonique dans l’île. Les autorités tentent de contenir le fléau par diverses mesures, dont un «camp de ségrégation» à la Providence. Mais à l’intérieur du camp, ceux qui arrivent au terme des 12 jours d’isolement se retrouvent parfois en contact avec ceux qui entrent. L’atmosphère chaotique qui s’empare alors de l’île, entre peur et quarantaine, alimente tous les fantasmes. Petite histoire de confinement à la fin du 19ème siècle.

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Marie-Elphegia Véronique, née au paradis en 1916

Marie-Elphegia Véronique est née au paradis en 1916. Un paradis — l’île de Diego Garcia, Chagos, océan Indien — confisqué par la Grande Bretagne et transformé en base militaire par les USA. Nous avons rencontré Marie-Elphegia Véronique en 1989, dans sa petite case encaustiquée de Port Louis [île Maurice]. Elle avait 73 ans et ses yeux bleutés par le temps ne distinguaient que des ombres nimbées d’une pâle lumière. Aujourd’hui, Marie-Elphegia Véronique repose en terre mauricienne d’exil. Loin de son paradis. Hommage et retour sur les paroles de cette enfant du paradis.

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Carnaval, mardi gras : chacun’ son bande !

«Tous les ans, c’est pendant trois jours une levée soudaine de sauvagerie indécente chauffée à blanc par les rayons d’un soleil d’Afrique», peut-on lire, au sujet du carnaval à La Réunion, en 1893, dans «L’Indépendant Créole». Le ton, raciste en diable, est donné. Carnaval, mascarade, mardi gras : chacun’ son bande ! Et chacun sa classe sociale, son quartier… son ethnie.

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