Manger du piment… et vivre mieux !

Le piment et ses multiples vertus… Une étude confirme les «effets protecteurs potentiels des aliments épicés sur la santé» et met en lumière l’action bénéfique de la capsaïcine, principal composant actif du piment : anti-obésité, anti-oxydant, anti-inflammatoire, anti-hypertenseur, anti-microbien… À consommer au moins une à deux fois par semaine. A La Réunion, c’est tous les jours. Et pour certains, matin, midi et soir ! Mais attention : piment frais…

Photos : Claude Thérésien.

Dès le 17ème siècle : riz et piment à La Réunion


À La Réunion, la consommation de piment1 — au même titre que celle du riz — est à la base de la culture culinaire.

«Dès le 17ème siècle, il semble que l’on ait opté pour le riz, déjà préparé à la manière créole, à l’eau, avec les grains bien séparés, et qu’on ait songé déjà à relever la fadeur de ce mets par des épices : piments et gingembre locaux ou safran alors importé, raconte Yves Pérotin, dans les «Chroniques de Bourbon» [1956]. Les esclaves étaient généralement nourris de maïs, fourni par leurs maîtres, agrémenté de pois du Cap ou autres «grains», de brèdes, de légumes qu’ils cultivaient eux-mêmes, et assaisonnés de piment».

Bocaux de « piment la pâte » au marché. Photo Claude Thérésien.

« Riz chauffé sans piment » : comme une nuit sans lune


Cette tradition ne s’est pas éteinte avec le temps, de même que l’eau n’éteint pas le feu du piment. Aujourd’hui, le piment est toujours un composant essentiel du repas réunionnais.

Et il n’est pas rare que l’on en consomme même le matin avec le fameux «riz chauffé». Tout le monde ici admettra qu’un «riz chauffé sans piment», c’est comme une nuit sans lune.

Cependant, le piment a peu à peu abandonné la marmite des caris pour se concentrer dans des préparations présentées séparément [sauces, rougails, salades, etc.].


Des influences bénéfiques sur la santé


La consommation régulière de piment et de plats épicés, loin d’être dommageable à l’organisme, aurait en fait des influences bénéfiques sur la santé. En effet, la capsaïcine, principal composant actif du piment, est réputée pour ses vertus :

  • combat la grippe, les rhumes
  • diminue les risques cardio-vasculaires : agit contre la formation de caillots sanguins responsables de crises cardiaques et d’attaques cérébrales
  • antibactérien : contribue à lutter contre les infections intestinales
  • antiseptique
  • diurétique
  • sudorifique
  • digestif : stimule la salivation, active les sucs gastriques et ainsi aide à une meilleure digestion
  • aide le corps à supporter la chaleur
  • anti-inflammatoire
  • favorise l’élimination des graisses
  • haute teneur en vitamine C ; contient aussi les vitamines A, E et K
  • etc.
capture_d_ecran_2014-01-04_a_20.59.06_resultat.jpg
Photo 7LLM.

Un échantillon de plus de 500.000 adultes


Selon un article2 publié dans la revue scientifique britannique BMJ [British Medical Journal] par une équipe internationale de chercheurs, la consommation régulière d’aliments épicés et notamment de piment frais aurait des «effets protecteurs potentiels sur la santé humaine. La capsaïcine est le principal composant actif du piment. Les bénéfices de la capsaïcine ont été largement constatés : anti-obésité, anti-oxydant, anti-inflammatoires, anti-cancéreux, etc. (…) La consommation régulière (presque tous les jours) d’une nourriture épicée se traduirait par une baisse de mortalité de 14% par rapport à ceux qui mangent épicé moins d’une fois par semaine.»

Les conclusions du rapport scientifique sont accompagnées des précautions d’usage, précisant notamment que la causalité reste à confirmer.

Cette étude à grande échelle s’est déroulée sur plusieurs années et a été menée sur un échantillon de plus de 500.000 adultes3 issus de 10 zones géographiques à travers la Chine. Ont été exclues de l’étude, les personnes atteintes de cancer ou de maladies cardiaques. De nombreux critères ont été pris en compte afin d’affiner au mieux les résultats et l’interprétation qui peut en être faite.

7 Lames la Mer


Lire aussi :


Réalités émergentes Réunion, Océan Indien, Monde.
Presse, Edition, Création, Revue-Mouvement.

  1. Nom scientifique : Capsicum annuum. Il existe une échelle dite «échelle de Scoville» qui consiste à évaluer la force, liée à la teneur en capsaïcine, des diverses variétés de piment.
  2. Consumption of spicy foods and total and cause specific mortality: population based cohort study
  3. 512.891 adultes âgés de 30 à 79 ans.
  •