7 Lames la Mer - À la une

Alain Peters, Marco Polot… à la vie à la mort

« Marco, je n’en connais pas beaucoup qui auraient pu faire ce que tu as fait pour moi quand tu m’as sauvé de la rue / Marco bonpé noré pa pi fèr sèt twé la fé pou mwin / Kan twé la ramas amwin dann somin ». Traduites du créole, ces paroles sont extraites de « Rest là maloya », une chanson dans laquelle Alain Peters ne cite que quatre personnes : sa maman, Patou la mère de sa fille, Ananda Devi sa fille, et Marco le petit orphelin de la route Déserte au Port, élevé par une vieille Malgache. Marco Polot de son vrai prénom et de son vrai nom. Parti trop tôt. Lui aussi. Retrouver Peters au paradis des vavangèr, parabolèr, kabarèr.

Carnaval, mardi gras : chacun’ son bande !

«Tous les ans, c’est pendant trois jours une levée soudaine de sauvagerie indécente chauffée à blanc par les rayons d’un soleil d’Afrique», peut-on lire, au sujet du carnaval à La Réunion, en 1893, dans «L’Indépendant Créole». Le ton, raciste en diable, est donné. Carnaval, mascarade, mardi gras : chacun’ son bande ! Et chacun sa classe sociale, son quartier… son ethnie.

Kaya : ses mots sont toujours des armes

Le 21 février 1999 est un jour sombre dans l’histoire de l’île Maurice. Au petit matin de ce «bloody sunday», Kaya est retrouvé mort au fond de sa cellule, le crâne ouvert. Depuis, l’inventeur du seggae est devenu la figure emblématique d’un combat qui se poursuit pour plus de justice et de paix au sein de la société mauricienne. Hommage à Joseph Réginald Topize, alias Kaya.

L’étrange histoire d’une chanson qui a changé le monde

«De sang su feuille pied-de-bois / Ec le sang dann racine / Et quand la brise i souffe / In corps noir i balance»… Ces paroles, traduites par Jean-Claude Legros en créole réunionnais, sont extraites d’une des dix chansons qui ont changé le monde… Paroles et musique d’Abel Meeropol, sanctuarisées par Billie Holiday. «Strange fruit», une étrange histoire qui commence par une carte postale montrant deux corps pendus dans un arbre. Cela s’est passé le 7 août 1930.

Benoite Boulard, la voix terrible d’une blueswoman créole

Benoite Boulard et sa «voix terrible, terrible, terrible» fut la première femme à enregistrer un séga réunionnais sur microsillons. C’est pourtant démunie qu’elle finit ses jours, elle qui était qualifiée de «reine du vrai séga». Hommage à cette première blues-woman créole.

Le Boogaloo ? C’est New York, Spanish Harlem, la nuit…

1966, Spanish Harlem, New York. Une révolution se prépare… «Bang ! Bang !». Le Boogaloo est né ! Tambourin et claps de mains sur le 3ème temps. Cuivres, percussions, riffs de piano, basse hypnotique. La fièvre Boogaloo déferle sur la planète. Après cette vague euphorique et fulgurante, la salsa reprendra son envol. Mais pendant 3 ans [1966-1969], les «King of the Boogaloo» sont… les rois ! Hommage à ces musiciens de génie avec un mix spécial boogaloo concocté par DJ KonsöLe : «Ritmo Moderno !»

Que viva Tina Modotti [et la révolution] !

Elle est la première femme à porter des jeans à Mexico et elle fume la pipe. Libre, avant-gardiste, amoureuse indépendante, Tina Modotti attirait tous les regards. Féministe, révolutionnaire ardente, internationaliste, artiste, militante, pasionaria, muse, espionne, égérie. Pourtant, l’œuvre de cette pionnière du «photo-journalisme social» ne sera reconnue que tardivement et surtout à titre posthume. Voici l’histoire de Tina Modotti, héroïne éternelle qui repose à Mexico dans un cercueil d’exilée.