7 Lames la Mer - À la une

Le bal des Noirs annonçait-il la créolité ?

Interdit en 1819 par le gouverneur Milius, le bal des Noirs sera en fait considéré avec une «indulgence paternaliste»… pourtant les musiques qui forment cet environnement musical révèlent une dissonance fondamentale dans l’univers bourbonnais : celle de l’esclavage ! Sans doute les planteurs ont-ils pensé et prescrit un monde apaisé. Mais la perpétuation de l’image d’un Eden ancien où, selon la tradition mythique, ils étaient leurs seuls et propres maîtres, où l’appartenance n’était pas allégeance, dénonce la vision quasi-ethnographique du présent comme un passé toujours là.

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Esclavage et amour : lété pas doux !

Le métissage biologique issu de la période esclavagiste qui a façonné la société réunionnaise dans la violence [et le viol] constituait-il «l’horizon pacifique de la colonie» ? Pour en finir avec cette fable qui voulait que l’esclavage à La Réunion fût «plus doux qu’ailleurs», il faut sans doute explorer les méandres de l’histoire qui mènent à une vérité à mi chemin entre la fable et l’enfer du décor.

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Les derniers jours d’une «boutique chinois»

«Cette boutique a 80 ans !» s’exclame le vieux Chinois fier derrière son comptoir. Fier mais peu bavard. Il faudra se contenter de quelques indices glanés au fil d’une conversation à laquelle il participe du bout des lèvres tandis que madame s’est éclipsée dans l’arrière-boutique histoire de se mettre hors de portée de notre appareil photo. En franchissant la porte de ce commerce rescapé et planté dans la rue commerçante qui clignote comme un sapin de Noël, nous avons remonté le temps. Bientôt, il sera trop tard… Il est déjà trop tard. Visite d’une vieille «boutique chinois» qui résiste avant de se résigner. Et qui désormais n’existe plus.

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Sakay : sur les traces d’une ville fantôme

Séjournant dans la Grande île pour travailler avec des artistes malgaches sur l’opéra «Fridom», Jean-Luc Trulès et Emmanuel Genvrin en ont profité pour sillonner la Sakay, du nom de la rivière qui coule dans la plaine. «Sakay», qui signifie «piment» en Malgache, a inscrit dans l’imaginaire collectif réunionnais des sentiments très contrastés. C’est en tout cas le thème qui inspirera la prochaine création de Jean-Luc Trulès et d’Emmanuel Genvrin qui nous ont ramené un reportage photos et des commentaires.

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Ti Frère forever, aussi pour les jeunes générations ?

Pour Victoria, adolescente, pour tous les ados, et tous ceux qui ne le sont plus…
— «Dis-moi, Victoria, tu connais Ti Frère ? Au moins le nom ?»
Victoria me répond : — «Ti Frère ? Non, jamais entendu parler.»
Réponse d’adolescents en 2014. Encore Ti Frère ? Ti Frère, le passé ?

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Calle 13 : Tu ne peux pas acheter ma vie !

La musique comme arme… Un slogan qui a inspiré bien des artistes de l’océan Indien. D’un océan à l’autre, des îles aux îles, nous abordons Puerto Rico où la musique de «Calle 13» — reggaeton, rap urbain, hip-hop — nous réveille d’une sorte de torpeur qui confinait à l’ennui. Avec des textes d’une rare poésie «écrits sous les nuits étoilées» et qui vibrent comme un poing levé : «Tu ne peux pas acheter mes douleurs» ! Musique !

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Poulet vindaloo à la sauce Pépé José : gout a li !

Le poulet vindaloo de Pépé José faisait partie des plats cuisinés pour les grandes occasions. Histoire de démontrer aux heureux convives qu’il s’y connaissait en cuisine internationale ! Et attention à ceux qui ouvraient la bouche pour donner leur version de la recette… Ils étaient priés de ne l’ouvrir que pour s’aérer la langue poiquée par le piment

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Génie réunionnais : aussi vif qu’un courant d’air ! (2)

«Vol de nuit», «La belle créole», «Le chevron d’amour», «Madina», «Surcouf», «Koufra», «Dunkerque»… Ne cherchez pas : à l’époque, on baptisait les cars courant d’air, comme pour donner une âme à cette pure expression du génie réunionnais. Un génie réunionnais qui concocte aussi le carburant permettant aux mythiques cars courant d’air de rouler pendant la guerre. Gout a nou…

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Menace sur les sirènes de l’océan Indien

«Espèce menacée d’extinction»… Inscrite sur la liste rouge de l’UICN. Répertoriée par le Japon dans les «monuments naturels protégés». La Convention internationale pour le commerce des espèces en danger (CITES ou Convention de Washington) ainsi que la Convention de Nairobi se penchent sur son cas. La Nouvelle Calédonie et le gouvernement français lui consacrent des plans d’actions tandis que la COI l’intègre dans un réseau. Il faut sauver les dugongs/sirènes !

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