7 Lames la Mer - À la une

Oté Hitler ! Sote pa la barièr

«Saute pas la barrière Hitler !». C’est le titre d’une chanson créole fredonnée à La Réunion pendant la Seconde Guerre mondiale. Les souvenirs liés à cette chanson conduisent Daniel Vabois sur les traces de notre mémoire populaire et sur les destinées des œuvres laissées par les créateurs de notre « péï-zonbri » [terre natale]. Sollicitant lui aussi ses souvenirs, Jean-Claude Legros raconte que, dans la période suivant les deux guerres mondiales, les Créoles des hauts avaient pris l’habitude [vengeance, revanche ?] de donner à leurs chiens des noms de chefs allemands, les plus répandus étant ceux de Hitler et de Bismarck.

Bal Ma Nini : le premier «love-dating» réunionnais

À mi-chemin entre le bal des débutantes, le love-dating et la maison close, le bal Ma Nini — l’affranchie qui le mit au goût du jour en 1860 — présentait de «jeunes et jolies demoiselles de couleur» aux «messieurs de la ville». Mais au bout, pas de mariage, juste des «collages»… Dans son livre «Chroniques réunionnaises recueillies au seuil des cases», publié en 1988 [L’Harmattan] sous le titre «Récits et traditions de La Réunion», Jean-Valentin Payet nous livre quelques détails sur ce fameux bal…

Kosa in shoz… i mèt dan la boush

Lèr i ariv pou manzé. Dosi la tab drésé, nana pou régalé. Lo vant i réklam. La boush i déklam : in kou’d fourshèt, in sirandane ! Paré pa paré ?
L’heure du repas approche. Sur la table dressée, il y a de quoi se régaler. Le ventre réclame. La bouche déclame. Une cuillerée, une sirandane ! Prêts ?

Manger du piment… et vivre mieux !

Le piment et ses multiples vertus… Une étude confirme les «effets protecteurs potentiels des aliments épicés sur la santé» et met en lumière l’action bénéfique de la capsaïcine, principal composant actif du piment : anti-obésité, anti-oxydant, anti-inflammatoire, anti-hypertenseur, anti-microbien… À consommer au moins une à deux fois par semaine. A La Réunion, c’est tous les jours. Et pour certains, matin, midi et soir ! Mais attention : piment frais…

Pâté créole, sa Bourbon mèm !

Au fond de sa vieille malle en bois, 7 Lames la Mer a retrouvé un livre de Claire Bosse, édition 1950. Et dans ce livre… la recette lontan du pâté créole. Bonapéti zot tout mé obli pa gourmandiz na lo zié pli gran k’lo vente ! An atandan, liss zot doi…

Harlem : Andy Razaf était l’âme malgache du jazz (7)

Une grand-mère paternelle au destin royal contrarié, morte exilée en Algérie. Un grand-père maternel esclave dans le Missouri puis consul à Madagascar. Une jeune mère de 15 ans, veuve, qui se réfugie aux États-Unis. Un père tué par les troupes coloniales françaises lors de l’invasion de Madagascar. La vie d’Andy Razaf commence le 16 décembre 1895 dans le fracas de l’esclavage et du colonialisme. Et pourtant… «In the mood», vous connaissez ? Paroles d’Andy Razaf ! À suivre…

Mouroungue, l’arbre aux miracles

La première chose que Pépé José a faite lorsqu’il s’est installé avec Mémé Rose sur la petite parcelle héritée de la famille, c’est : planter un «pié baton mouroung» ! En langage savant, cela s’appelle : Moringa Oleifa. «Avec ça, nous lé parés : de quoi manger et de quoi se soigner», prétendait Pépé José qui, pour une fois, nous dévoile son côté tisaneur.

Chronique clandestine d’un mythique «Rideau de Cannes»

«Nous sommes entrés en résistance passive / Nous nous sommes clandestinisés / Cela nous a collé à la peau»… Paris 1959 : un groupe d’étudiants réunionnais s’engage dans la lutte identitaire et anticolonialiste avec pour objectif : faire émerger une conscience réunionnaise. Les débats qu’ils mènent alors hantent toujours — pour la plupart — la société réunionnaise d’aujourd’hui. Voici l’histoire de ces précurseurs du «Rideau de Cannes», «qui ont fouillé défriché cherché rodé», ces «clandestins qui se sont taché les mains à l’encre des ronéos».
Où donc est le soleil ? Derrière «Le Rideau de Cannes»…