Catégorie : Société

James Mange, le combattant du couloir de la mort / The death row fighter

Condamné à la peine capitale en 1979 par les autorités sud-africaines, le combattant anti-apartheid James Mange est un rescapé du couloir de la mort. Interview intemporelle avec celui qui voit La Réunion comme «une minuscule pierre posée sur la couronne africaine». / Sentenced to death by the South...

Butor 1930 : chez Mam’zelle Zizi, pension tout confort

Mam’zelle Zizi, «belle Malabare», tenancière d’une pension de famille au Butor, faubourg de Saint-Denis. De passage à La Réunion en 1930, le voyageur Marcel Mouillot pose ses valises dans cet établissement populaire aux murs branlants et inachevé depuis vingt ans. Ambiance créole racontée par le «vieux gâçon z’oreil», celui qui donne beaucoup de «gros quat’ sous», où l’on perçoit les travers de cette société réunionnaise caractérisée par la débrouille et la solidarité et «fascinée» par la «gouyave de France»… Extraits.

1899 : Mina, la belle Indienne, victime d’une rumeur

1899 : un navire en provenance de Chine introduit la peste bubonique dans l’île. Les autorités tentent de contenir le fléau par diverses mesures, dont un «camp de ségrégation» à la Providence. Mais à l’intérieur du camp, ceux qui arrivent au terme des 12 jours d’isolement se retrouvent parfois en contact avec ceux qui entrent. L’atmosphère chaotique qui s’empare alors de l’île, entre peur et quarantaine, alimente tous les fantasmes. Petite histoire de confinement à la fin du 19ème siècle.

Marie-Elphegia Véronique, née au paradis en 1916

Marie-Elphegia Véronique est née au paradis en 1916. Un paradis — l’île de Diego Garcia, Chagos, océan Indien — confisqué par la Grande Bretagne et transformé en base militaire par les USA. Nous avons rencontré Marie-Elphegia Véronique en 1989, dans sa petite case encaustiquée de Port Louis [île Maurice]. Elle avait 73 ans et ses yeux bleutés par le temps ne distinguaient que des ombres nimbées d’une pâle lumière. Aujourd’hui, Marie-Elphegia Véronique repose en terre mauricienne d’exil. Loin de son paradis. Hommage et retour sur les paroles de cette enfant du paradis.

Chronique clandestine d’un mythique «Rideau de Cannes»

«Nous sommes entrés en résistance passive / Nous nous sommes clandestinisés / Cela nous a collé à la peau»… Paris 1959 : un groupe d’étudiants réunionnais s’engage dans la lutte identitaire et anticolonialiste avec pour objectif : faire émerger une conscience réunionnaise. Les débats qu’ils mènent alors hantent toujours — pour la plupart — la société réunionnaise d’aujourd’hui. Voici l’histoire de ces précurseurs du «Rideau de Cannes», «qui ont fouillé défriché cherché rodé», ces «clandestins qui se sont taché les mains à l’encre des ronéos».
Où donc est le soleil ? Derrière «Le Rideau de Cannes»…

Cet homme a survécu à deux bombes nucléaires

«Jamais je n’oublierai / les morts carbonisés / restés assis / sur les banquettes d’un tramway / atomisé d’Hiroshima». 6 août 1945, 8h15 : Tsutomu Yamaguchi est à Hiroshima lorsque la bombe atomique «Little boy» explose. 9 août 1945, 11h : il est à Nagasaki lorsque la bombe atomique «Fat man» explose. Voici l’histoire de cet homme qui a survécu à deux explosions nucléaires.

Ras Ti-Lang, histoire d’un chanteur à la langue coupée

Les circonstances de la mort de l’artiste mauricien Ras Ti-Lang, le 18 juillet 2004, restent troubles. Perçu comme l’héritier de Kaya, il est passé par la case prison avant de rendre l’âme. Hommage à ce chanteur/musicien de seggae à qui le destin avait réservé une bien étrange épreuve.

Qui a tué Rico Carpaye ?

«Tu es pauvre. Ils sont puissants», déclare Paul Vergès dans un cimetière, au milieu d’une foule prise entre colère et chagrin alors que tombe la nuit, ce 16 mars 1978. Deux jours auparavant, le 14 mars 1978, Rico Carpaye, Portois de 17 ans, trouvait la mort au carrefour du Sacré-Cœur sous les roues d’une camionnette conduite par un nervi. Ses assassins n’ont pas été poursuivis par la Justice.