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La Réunion Insolite

Le secret perdu du chasseur de puces

5 octobre 2017
7 Lames la Mer
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En mai 1914, la presse rapporte l’existence d’un vieux cafre dont le métier était : « chasseur de puces ». Une nouvelle facette du génie réunionnais. Histoire vraie.

Le chasseur de puces.
(À gauche, extrait d’une œuvre de Nils Blommér.)

Le « chasseur de puces » a réellement existé


La Réunion du début du 20ème siècle voit des cabanons et des paillotes pousser à la périphérie des principales villes, formant ainsi des quartiers hantés par la misère. Pour survivre, les plus démunis recourent à la débrouille et à l’inventivité : petits boulots, activités semi-clandestines, talents improvisés...

Les rues se peuplent de marchands ambulants de toutes sortes et de personnages insolites : vendeurs à la criée, camelots avec un panier de légumes sur la tête, raccommodeurs poussant une caisse à roulettes, artisans miséreux, marchands à la sauvette, ferblantiers, barbiers, tisaneurs, blanchisseuses, montreurs de marionnettes, rouleurs de tambours, veilleurs de nuit, etc.

L’un des plus surprenants était certainement le « chasseur de puces »... Il a réellement existé, comme en atteste la presse de l’époque (mai 1914).

La rue fourmille de petits métiers. Extraits de lithographies d’Antoine Roussin.

Le vieux cafre a emporté son secret dans la tombe


« J’ai connu un vieux noir qui gagnait très consciencieusement l’argent qu’on lui donnait pour exercer cette originale profession, raconte un journaliste. Des puces, il y en avait dans toutes les cases (...). Quand le nombre de ces bestioles dépassait les limites décemment permises, et que les habitants ne pouvaient plus suffire à se gratter, ils se résignaient à faire appel au chasseur de puces ».

Le vieux cafre chasseur de puce avait son secret et l’a emporté dans la tombe : une mixture pâteuse comme de la glu, « répandant une odeur âcre, plutôt désagréable ». Personne ne savait de quoi était composée cette étrange mixture.

Comment s’y prenait-il donc pour chasser les puces ? D’abord, il se faisait payer 40 sous d’avance, puis, muni d’un récipient contenant sa fameuse mixture, il entrait dans la case infestée après avoir fait sortir tout le monde. Et il s’y enfermait. Deux heures plus tard, il ressortait et il n’y avait plus de puces dans l’habitation.

Le chasseur de puces faisait d’abord évacuer la case...

Que se passait-il pendant ces deux heures ?


La réponse nous vient d’un propriétaire curieux qui avait percé un petit trou dans le mur, avant de laisser sa case aux bons soins du chasseur de puces. Ainsi, il assista, l’œil rivé au trou, au stupéfiant spectacle de la chasse aux puces...

« Il vit le chasseur de puces se dévêtir complètement, se frotter tout le corps avec son liquide, puis s’allonger à terre et rester là pendant deux heures, poursuit le journaliste. Alors, il se releva, se racla tout entier avec une latte de bois et plaça dans le récipient le produit du raclage ! La glu avait doublé de volume, toutes les puces de la case étant venues s’y prendre, attirées par l’appât dont le vieux noir gardait jalousement le secret ».

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