Catégorie : Arts & Culture

Les sources réunionnaises du «Bateau ivre» (2)

En 1871, Arthur Rimbaud écrit le poème culte : «Le bateau ivre». Il a 16 ans et n’a jamais vu la mer. Quelques années auparavant, en 1864, le poète réunionnais, Léon Dierx, publiait «Le vieux solitaire» à 26 ans. Entre ces deux poèm[t]es, les contrastes sont nombreux. Et pourtant…

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James Baldwin : «Je ne suis pas votre nègre»

«Hannibal, 24 ans, bon caractère — Lavenda, 20 ans — Prince, chauffeur, 27 ans — Betsy, nourrice, 40 ans — nourrisson, 9 mois»… Liste extraite d’une annonce de vente d’esclaves [19ème siècle] aux Etats-Unis d’Amérique. «Marie Nathalie, 4 ans, noire — Marie Barbe, 41 ans, mulâtresse — Ursulette, 51 ans, noire, sourde — Parfait, 45 ans, malgache rouge»… Extrait du recensement [1843] des esclaves de Mme Desbassayns à La Réunion. «Je ne suis pas votre nègre», film de Raoul Peck, réalisé à partir des écrits de James Arthur Baldwin, explore la condition des Noirs aux USA. Hier et aujourd’hui.

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Jeumon : une «movida» réunionnaise (2)

À l’occasion de l’inauguration de la «Cité des Arts» le 5 mars 2016, Emmanuel Genvrin, directeur du théâtre Vollard, a pris la parole. «Je suis venu dans ces lieux, pour la première fois, en 1987», a-t-il confié en introduction de son discours. «Cependant, mesdames et messieurs : Pangar ! Le théâtre Vollard n’est pas mort, pas plus que le «Cri du Margouillat», Jack Beng Thi, Éric Pongérard ou Lerka». Au dehors, la pluie s’invitait à la fête…

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Les âmes perdues de la Cité des arts (1)

Une vieille légende créole prétend qu’entre la ravine du Butor et celle des Patates-à-Durand, les fantômes des travailleurs de la marine Richard hantent le grand banian du bord de mer. Quant aux ouvriers oubliés des forges coloniales, leurs âmes errent dans la bâtisse de pierre, seule survivante du site historique. Et cette clameur dans la nuit, est-ce la pluie sur les tôles froissées ou la voix des artistes qui ont fait vibrer cette friche industrielle pendant deux décennies ? Fragments de mémoire d’un lieu empli d’histoires, depuis la marine Richard au 19ème siècle, en passant par les usines et l’énergie créatrice des artistes du 20ème siècle, jusqu’à la Cité des Arts du 21ème siècle.

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Expédite Laope-Cerneaux : «ce que je dois à Clotilde et à Maxime»

Elle a vu Sarda Garriga en chair et en os. Cela s’est passé le 20 décembre 1848, «le plus beau jour de sa vie», lorsqu’elle est devenue libre comme 62.000 Réunionnais. Longtemps après, elle racontait encore cette histoire à son petit-fils, Maxime Laope. Elle s’appelait Clotilde et son arrière-petite-fille, Expédite Laope-Cerneaux, nous restitue aujourd’hui ce récit émouvant dans un roman intitulé «Clotilde, de la servitude à la liberté». Rencontre avec l’arrière-petite-fille de la-femme-qui-a-vu-Sarda. «Grâce à elle, je sais d’où je viens», confie Expédite.

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Le «mystère Baudelaire» et la belle Dorothée réunionnaise

Marie Dormeuil, 10 ans, esclave d’Édouard Lacaussade… Baudelaire a-t-il payé son affranchissement par amour pour la belle Dorothée ? Alexander Ockenden, étudiant à Oxford, explore l’énigmatique séjour de Baudelaire à La Réunion.

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Lucien Putz : «Le blues soigne les blessures, le séga aussi»

La destinée planétaire du blues suscite la grande interrogation : comment l’enfer au sens fort, mais non religieux du terme, géographiquement limité (le Mississippi et la Louisiane), peut-il engendrer une beauté si puissante qu’elle a fini par exploser et se répandre dans le monde entier, telle qu’en elle-même, ou sous les formes les plus variées, du rock’n’roll à la pop et au hip-hop, et du meilleur au pire ?

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Clotilde, la femme qui a vu Sarda

20 décembre 1848, l’esclavage est aboli. 150 ans plus tard, un cortège bariolé envahit la rue de Paris. Chars, musiciens, danseurs, couleurs, chœurs, fleurs, roulèr… La peau cabri gazouille. Les mains frappent la cadence. Les pieds pilent le macadam. Au milieu de la foule bigarrée, je reconnais quelques visages familiers : Expédite, France, Jean, et d’autres qui leur ressemblent comme des goûtes d’eau. C’est la famille Laope en grande tenue qui donne de la voix. Visages radieux. Un défilé pour célébrer les ancêtres, ceux que l’esclavage a marqués au fer rouge. 17 ans plus tard, je revis la même scène mais dans un livre…

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