Catégorie : Arts & Culture

Évariste, l’anti-esclavagiste et ses chansons madécasses…

Le grand poète russe, Pouchkine, adepte de poésie érotique, disait de lui : «Parny, c’est mon maître» ! Le compositeur français, Maurice Ravel, a mis en musique trois de ses «Chansons madécasses» — qualifiées de «véritables ancêtres du poème en prose» — lesquelles soulevèrent une controverse dans un parfum de scandale. Célimène Gaudieux, la «Muse de Trois Bassins», aimait à rappeler qu’elle était descendante d’Évariste de Parny.

La Réunion, le dernier grand voyage de Willy Ronis

Deux photographes dans une voiture, le Réunionnais, Claude Thérésien, et le Maître, Willy Ronis. Saint-Paul, Tour des Roches, île de La Réunion, 1990. Armé de son Leica et de son Pentax, Willy Ronis fait stopper la voiture devant une petite ravine où jouent des enfants. Il réalise deux clichés de la scène. «J’ai fait clic. Dans un état second, dans une émotion intense. J’ai fait un deuxième clic, pour décompresser». Depuis, cette photo a fait le tour du monde.

Frida Kahlo : «Même dans un cercueil, je ne veux plus jamais rester couchée» !

Elle est née le 6 juillet 1907 à Coyoacán, au sud de Mexico, dans la «Casa Azul» [Maison Bleue]. Et c’est dans la Casa Azul qu’elle meurt le 13 juillet 1954 à 47 ans. Depuis, Frida Kahlo est entrée dans la légende. «Même dans un cercueil, je ne veux plus jamais rester couchée», disait celle qui fut incinérée le 14 juillet 1954. Hommage.

Wilhiam Zitte : pas d’amnésie pour le kaf

«Je me suis toujours construit sur la dissidence et la polémique», disait Wilhiam Zitte. Kaf Rebel [cafre rebelle], inventeur de l’arkréolozi [art/créologie], parti pour le dernier marronnage le 22 juin 2018, le marronage dont on ne revient pas, lot koté la vi [Kaf la baré…], Wilhiam Zitte a ouvert un chemin où le «kaf lé zoli». Ti somin, gran somin… alalila !

Moi Fanny, esclave, affranchie, émancipée, mère d’un poète révolté

Fanny, petite esclave, deviendra une des rares femmes d’affaires bourbonnaises. Affranchie le 27 février 1789, émancipée à 17 ans en 1795 pour fuir la prostitution, femme d’affaires à partir des années 1810. Elle est aussi la mère de sept enfants dont un poète révolté et anti-esclavagiste, Auguste Lacaussade. Destin d’une femme hors du commun qui découvrira que «la liberté ne fait pas d’un Noir un Blanc». Et encore moins une Blanche…

Lacaussade, né et mort parmi les révoltés

«Je suis né et je mourrai parmi les révoltés», confiait Auguste Lacaussade. Naître «bâtard» à l’île Bourbon, c’est n’être ni noir, ni blanc. «Zanzibar» et «Bamboula»… c’est ainsi que son compatriote Charles Leconte de Lisle le surnomme. Lui, Lacaussade, met en poésie sa révolte contre le système esclavagiste : «Mais pour l’esclave est-il des fleurs et du soleil ?»

Le mystère Adèle Ferrand, identification d’une artiste réunionnaise

Qui était la vraie Adèle Ferrand ? Et qui était la fausse ? La vraie était une artiste peintre dont l’oeuvre est l’un des trésors du Musée Léon-Dierx. Au cours d’une carrière fulgurante, elle a conquis les critiques jusqu’au Salon Royal du Louvre. Terrassée à 30 ans par la fièvre typhoïde, elle meurt le 1er avril 1848 à Saint-Pierre (île de La Réunion). A ses côtés, son fils adoré de 16 mois encore au berceau et un portrait inachevé de son père sur le chevalet. Identification d’une femme, farouchement hostile à l’esclavage, «Créole par le cœur et par la descendance», écrivait Raphaël Barquissau… qui nous a légué une œuvre immense.