Auteur : Jean-Claude Legros

Chronique clandestine d’un mythique «Rideau de Cannes»

«Nous sommes entrés en résistance passive / Nous nous sommes clandestinisés / Cela nous a collé à la peau»… Paris 1959 : un groupe d’étudiants réunionnais s’engage dans la lutte identitaire et anticolonialiste avec pour objectif : faire émerger une conscience réunionnaise. Les débats qu’ils mènent alors hantent toujours — pour la plupart — la société réunionnaise d’aujourd’hui. Voici l’histoire de ces précurseurs du «Rideau de Cannes», «qui ont fouillé défriché cherché rodé», ces «clandestins qui se sont taché les mains à l’encre des ronéos».
Où donc est le soleil ? Derrière «Le Rideau de Cannes»…

  •  

Martin Luther King : Mi rêve in jour chemin malizé sera lisse sous note pied

«I have a dream / Moin na in rêve». Voici le discours de Martin Luther king traduit — pour la première fois — en créole réunionnais par Jean-Claude Legros. Le 28 août 1963, devant le Lincoln Memorial à Washington, plus de 250.000 manifestants sont assemblés pour écouter ce plaidoyer pour l’égalité des droits civiques entre Blancs et Afro-Américains. Ce discours contribue à changer le monde. Prix Nobel de la Paix en 1964, Martin Luther King est assassiné le 4 avril 1968 à Memphis. «Nous sé de soldat-la-lutte-militant / Nous la pas là pou resse misère dann ravine la souffrance / Mi dit azot, zordi, terlà, moin na in rêve».

  •  

L’étrange histoire d’une chanson qui a changé le monde

«De sang su feuille pied-de-bois / Ec le sang dann racine / Et quand la brise i souffe / In corps noir i balance»… Ces paroles, traduites par Jean-Claude Legros en créole réunionnais, sont extraites d’une des dix chansons qui ont changé le monde… Paroles et musique d’Abel Meeropol, sanctuarisées par Billie Holiday. «Strange fruit», une étrange histoire qui commence par une carte postale montrant deux corps pendus dans un arbre. Cela s’est passé le 7 août 1930.

  •  

Ici vécut un phénomène : Célimène !

«Sa peau fut jadis sa douleur, sa peau qui n’a pas connu que fleurs», chante Jim Fortuné au sujet de celle qui se disait «infortunée créole» et rimait à «tort et à travers». Célimène Gaudieux demeure aussi mystérieuse qu’indémodable. L’impertinence de certains de ses textes, volontiers moucateurs, est finalement l’ancêtre de l’esprit rap. Hommage à celle qui disparut le 13 juillet 1864.

  •  

Ratsitatane, un prince malgache exécuté à l’île Maurice

Ratsitatane té décapité le 15 avril 1822, Port-Louis, l’Ile Maurice. Mais kisa i connaît Ratsitatane ? Kisa té Ratsitatane ? Na point bon peu de monn i connaît ali, ici la Réunion. Et pourtant, Maurice, côté là-même, à peine 200 km, Ratsitatane st’in héros.

  •  

La «Petite fille du Bon Dieu» au cimetière de Saint-Denis (2)

La reine Ranavalona III arrive à La Réunion le 14 mars 1897 : il y a foule sur les quais au port de la Pointe-des-Galets et à l’arrivée du train à Saint-Denis pour apercevoir la dernière reine de Madagascar… Mais bientôt, un drame frappe la famille de Ranavalona III : la «Petite fille du bon Dieu» trouve la mort après avoir donné la vie. À suivre…

  •  

Vincendo : l’âme errante qui annonçait la mort

«Une forme humaine à deux pas de moi s’enfuyait… Je crus voir l’homme se fondre dans la nuit, disparaître. Une sueur froide perlait à mes tempes car je venais de reconnaître les lieux. J’étais sur une falaise escarpée qui tombait en une muraille verticale sur une plage étroite et ma tête surplombait le vide». Cette silhouette dans le fénoir, c’était celle de Pa Zidore…

  •  

Joseph Tafiki, l’œuvre de sa vie pour Saint-Expédit (4)

«Serviteur des pauvres», pêcheur, vendeur de pistaches, planteur, père de 14 enfants… La vie de Joseph Tafiki a été bien remplie mais c’est dans un autre registre qu’il trouvera la postérité. Dans le Sud sauvage, au lieu-dit Mare Longue, Joseph Tafiki a édifié une chapelle. Rouge et bleue. Dédiée à Saint-Expédit, il ne s’agit pas d’une petite guérite au bord du chemin, mais bien d’une véritable chapelle constituée de trois constructions. L’œuvre de sa vie !

  •  

La reine Betty, l’une des plus belles femmes qu’on pût voir

Voici l’histoire de «l’une des plus belles femmes qu’on pût voir», Betty, reine de l’île Sainte-Marie, fille du roi Ratsimilaho et petite-fille du pirate américain Thomas Tew. Elle épousa un aventurier gascon, Jean Onésime Filet, dit «la Bigorne», qui devint ainsi «Prince consort» de l’île Sainte-Marie. Elle mourut à l’île Maurice, le 14 octobre 1805.

  •