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Pyramides...

Pitons réunionnais : « comme les ruines d’un ancien temple » ?

25 janvier 2016
Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros
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Façonnées par les forces géologiques, les pyramides de La Réunion se fondent dans le paysage vertigineux de nos montagnes et se révèlent à ceux qui recherchent l’île profonde au détour d’un sentier. « Il y a là comme des ruines d’un ancien temple »... Résurgences hermanniennes, ces édifices dissimulés sous leur manteau végétal invitent l’esprit à rêver d’une civilisation et d’un continent disparus dont nous serions les aveugles héritiers...

Les pyramides naturelles des Makes. Photo : baroudeur.info

« Elles ont été volontairement taillées... »


« Des montagnes travaillées et martelées »... Jules Hermann [1], Saint-Pierrois arpenteur du cœur de l’île, a bâti une véritable mythologie réunionnaise, mauricienne, malgache ; un récit de la mer indienne.

Il voit dans nos montagnes, dans leurs formes, les « stigmates du passage des antiques lémuriens ». Il théorise, inspiré par les travaux du géographe Elisée Reclus : « toutes les grandes tranchées qui marquent obliquement, du sommet de la montagne jusqu’à sa base, ne sont pas des brisures naturelles provenant des convulsions volcaniques de l’ancien continent. Elles ont été volontairement taillées par des moyens qui nous sont encore inconnus »...

Mafate. Le piton Cabri et sa "silhouette sculptée" de pyramide. Photo : Gilles Dégras, http://www.bondamanjak.com/

« Rêveries poético-scientifiques »


Imprégnés des légendes hermaniennes et des « Révélations du Grand Océan », c’est un autre regard que nous posons sur nos montagnes, comme les Mauriciens qui voient par les yeux de Malcom de Chazal « des gisants, (…) des sphinx esquissés, des initiales clairement entaillées et des hiéroglyphes profondément incrustés dans la terre mauricienne. »

Si les écrits de Jules Hermann sont souvent qualifiés de « rêveries poético-scientifiques », il n’en demeure pas moins que les terres de la mer indienne, dont La Réunion, portent peut-être les traces d’un ancien continent disparu : les récentes découvertes et les polémiques relatives au micro-continent préhistorique « Mauritia » confortent les adeptes de l’Hermannie dans leurs quêtes. « Gardons-nous désormais d’écarter de nos visions tout ce qui nous paraîtra illusoire et incroyable »...

Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros

La pyramide égarée... et retrouvée par loucamino.com
Source : Piton Tortue. http://www.pitontortue.re/2010/12/lemurie-la/
Kumai Nadu, Kumari Kandam ou encore Lémurie... désigneraient un continent qui autrefois reliait l’Inde, le Sri Lanka, Madagascar et l’Australie. D’après la légende tamoule, les Dravidiens seraient à l’origine venus de Kumari khandam, qui aurait sombré dans les flots suite à un tsunami gigantesque.

Etang-Salé. Photo : defense patrimoine reunion974’s Blog

Etang-Salé. Photo : defense patrimoine reunion974’s Blog

Ile Maurice : pyramides issues de l’épierrage des champs... ou d’une "ancienne civilisation" selon quelques adeptes d’histoires mystérieuses... Photo : mauricemonamour.blogspot.com

Je ne suis pas une île


Falaises paille-en-queue balafrées de torrents
Harnachées de métal vous survivrez longtemps
Dans le lac intérieur de l’ultime Pangée
Laissant comme témoin fleur de lis calcinée
La marque indélébile
Sur l’épaule du temps
Je ne suis pas une île
Je suis un continent

De Koumari Kandam aux frontières de Mu
Nous aurons tout cherché nous aurons tout connu
Tangue dronte papangue hourite holothurie
Nous sommes tes enfants terre de Lémurie
Géographes futiles
Improbables savants
Je ne suis pas une île
Je suis un continent

Kinola le devin nyctalope des morts
Celui qui dit le jour et nomme les rivages
Celui qui parle au vent et ouvre les passages
Nautonier d’outre-tombe il nous dira le nord
Le guetteur Dimitile
Déjà lève le camp
Je ne suis pas une île
Je suis un continent

Jean-Claude Legros – janvier 2010


Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros

Chroniques réunionnaises à quatre mains, avec Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros.

Notes

[1Enfant d’une famille installée dans l’île depuis quatre générations, Jules Hermann était un « touche à tout » génial. Un amoureux de La Réunion et particulièrement du Sud. Sa carrière pourrait se « résumer » ainsi : avocat au barreau de Saint-Pierre, notaire de 1872 à 1911, journaliste, maire de Saint-Pierre (1901-1902), président du Conseil Général, candidat malheureux à la députation contre François de Mahy (1902), président de l’Académie de La Réunion à partir de 1913, historien, savant, « coureur de montagne » comme le décrivent Marius et Ary Leblond dans leur roman « Le miracle de la race », fondateur du premier syndicat des planteurs de café et des planteurs de géranium, correspondant de la Société astronomique de France, membre de l’Académie des Sciences de Paris, écrivain, scientifique, linguiste, chercheur, visionnaire, précurseur. Archiviste ! Poète. Artiste passionné. Et caetera ! « Son œuvre, abondante et diversifiée, n’est pas totalement tombée dans l’oubli — encore que les éditions originales de ces écrits soient devenues rarissimes actuellement ! —, confie Alain Marcel Vauthier à 7 Lames la Mer. Elle a fait l’objet d’une réédition partielle aux éditions du Tramail, en 1990, par Jean-François Reverzy, aidé d’un comité éditorial composé d’universitaires notamment Jean-Claude Carpanin Marimoutou, Hajaso Volono-Picard, Norbert Dodille, de praticiens des archives et des bibliothèques (…). J’ai appris par ailleurs que des groupes de passionnés organisaient des excursions dans la montagne pour retrouver les signes et les rochers dont parle Jules Hermann dans son œuvre maîtresse « Les Révélations du Grand Océan ». Et n’oublions pas le travail de Nicolas Gérodou : une thèse magistrale sur cet ouvrage »

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