Tendance : le Bouddha rieur et ses cinq marmay !

Le Bouddha rieur [et ses cinq marmay] est furieusement tendance ! La chasse est ouverte… car il se fait rare.

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Un Bouddha comme ceux de mon enfance


Je cherchais un Bouddha. Un «vrai», en céramique blanche et peinturlurée. Un «vrai» avec des petits enfants accrochés par grappes au gros ventre, perchés sur les épaules. Toujours cinq enfants, comme un symbole de fertilité. Un Bouddha comme ceux de mon enfance que j’admirais dans les vitrines des boutiques chinois, encore plus fascinée que devant une image de père Noël.

Généreux. L’œil plissé. Le visage rond et apaisant. Les joues roses. Le crane lisse. Le sourire protecteur. Les bras chargés de petits enfants. Le Bouddha rieur et bien portant !

Je n’ai pas cru au père Noël bien longtemps mais la fascination des Bouddhas rigolos ornés de marmay ne m’a jamais quittée et je m’étais mis en tête de renouer avec les souvenirs. Un peu kitsch… les souvenirs et surtout les fameux Bouddhas multicolores !

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De la pacotille artificiellement patinée et vendue comme des antiquités


Des Bouddhas, j’en ai trouvé. De toutes les tailles : de la miniature à porter en pendentif au monumental quasi «grandeur-nature» que l’on se fait livrer par un camion et deux déménageurs.

Tous tendance zen. Style feng shui et méditation. Le visage sage. Sérieux. De corpulence plutôt «mince» et sans marmay sur les bras !

De la pacotille artificiellement patinée et vendue comme des antiquités pour des sommes exorbitantes. De la spiritualité standardisée, sans âme. Du carton-pâte imitation reliques. De la contre-façon de Bouddha… qui se «distribue» à prix d’or comme des petits pains pour finir dans des intérieurs bobo, baba et nouveaux riches.

Les trois Bouddhas rieurs et autres chinoiseries de Gabriel.
Les trois Bouddhas rieurs et autres chinoiseries de Gabriel.

Il faut croire en eux et de temps en temps leur caresser la tête


Bref, la quête du Bouddha rigolard et chamarré décoré de cinq marmay comme des boules sur un sapin de Noël, résurgence du«vert paradis des amours enfantines», relève quasiment du chemin initiatique.

Heureusement, à la maison, il y en a trois. Des vrais. Des Bouddhas rieurs et décorés de petits chinois. Ils trônent sur une étagère de la bibliothèque de Gabriel, le petit dernier de la famille, qui rêve de la Chine et entasse toutes les chinoiseries qui lui passent sous le nez. Et ceux-là, on se les garde et on les regarde.

La parole créole a colporté à travers les générations quelques croyances bien ancrées au sujet de ces fameux Bouddhas : ils apporteraient prospérité et bonne fortune, agiraient contre le stress et éloigneraient la tristesse, favoriseraient la fertilité. Mais il faut croire en eux et de temps en temps leur caresser la tête. Moi je les trouve beaux tout simplement, rayonnant de bonne humeur, irradiant la joie.

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Le Bouddha baroque, bariolé, avec sa bonhomie, sa bonne humeur et ses bébés


On a pensé un temps lancer une pétition sur internet pour réclamer le retour du Bouddha rieur et de ses cinq marmay, mais bon, il est désormais de notoriété publique que l’enfer est non seulement pavé de bonnes intentions mais aussi de pétitions qui, telles des bouteilles à la mer, flottent au grès des courants, et n’atteignent que rarement leurs destinataires.

En fait, on a trouvé une autre solution… On vous le confie comme un secret : la nouvelle vague — la nouvelle tendance —, ce sera lui… Le Bouddha baroque, bariolé, avec sa bonhomie, sa bonne humeur et ses bébés.

Nathalie Valentine Legros


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Journaliste, Écrivain, Co-fondatrice - 7 Lames la Mer.

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