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Colombie, vidéo

Oté, sa la pa maloya sa ? Maloya Colombie !

12 juillet 2018
7 Lames la Mer
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La danse de résistance des esclaves marrons est au cœur du « Festival national son de negro » à Santa Lucía, en Colombie. Et elle ressemble au maloya ! Vidéo et explications.

Danseurs "Son des Negritos de Santa Lucía", accompagnés par Orlando Olivo, Catalino Vásquez et Etelvina Escorcia. Source : Corporacion para la investigation etnomusical “Son de negro".

Rituels, fêtes et célébrations liés à l’héritage des ancêtres


La musique et la danse ont une dimension universelle qui se vérifie lorsque l’on regarde la vidéo [voir la 1ère vidéo à la fin de l’article] des Colombiens « Son de Negros Cimarrones de Mahates » [« Fils des Noirs marrons de Mahates », ville de Colombie].

Les Réunionnais retrouveront leur propre danse à travers cette vidéo : le maloya ! Et aussi des caractéristiques de leur musique : percussions et chants structurés comme un dialogue entre un soliste et un chœur. Ce groupe colombien est composé d’une vingtaine de personnes dont plusieurs membres d’une même famille et perpétue, depuis quatre générations, les rituels, fêtes et célébrations liés à l’héritage des ancêtres, héritage qui intègre trois sources culturelles : amérindienne, africaine et espagnole.

La courte séquence que vous propose « 7 Lames la Mer » [1] montre des enfants qui dansent. La gestuelle — surtout celle des filles — nous est particulièrement familière et nous ramène vers nos propres liens intimes avec l’Afrique, origines que nous partageons avec de nombreuses autres régions du monde, victimes de la colonisation et de l’esclavage.

Danseurs du groupe "Son de Negros Cimarrones de Mahates-Bolívar". Source : Mónica Palomino.

Recueil de langages artistiques et sens religieux magique


Cette vidéo a été filmée en Colombie [région des rives de la rivière Magdalena, dans les Caraïbes colombiennes], à 15.000 kilomètres de notre île, à l’occasion de la dernière édition du « Festival national son de negro » [« Festival national des fils de Noirs »].

« Ce festival s’articule autour d’un rituel qui honore le chant des oiseaux, la pureté de la terre-mère, le travail agricole et de la pêche, l’amour, etc., explique Manuel Antonio Perez Herrera, directeur du festival et professeur à l’université d’Atlántico. Il a été conçu comme comme un espace socio-historique, culturel et anthropologique. La danse est un recueil de langages artistiques, avec un sens religieux magique. C’est un point de convergence entre la culture issue du contexte et la culture universelle, jusqu’à trouver un équilibre pour l’évaluation conjointe des connaissances populaires et scientifiques. C’est comme un chemin vers la reconnaissance de l’humanité entière ».

Défilé dans les rues : les participants s’enduisent le corps d’huile et de charbon en hommage aux ancêtres africains. Source : Corporacion para la investigation etnomusical “Son de negro".

Nous sommes tous des marrons !


A l’occasion du festival [concerts, défilés, démonstrations, carnaval, rituels, etc.], la danse envahit les rues de Santa Lucía, reproduisant d’anciennes pratiques : danse guerrière, danse de la jungle, danse de résistance exaltant les premières rébellions d’esclaves ; les danseurs arborent des armes ou des outils [sabres] pour perpétuer la tradition des pêcheurs, des planteurs, des chasseurs, pour marquer l’appartenance à un « groupe social ».

Les danseurs évoluent souvent autour d’un feu, le corps enduit d’un mélange d’huile et de poudre de charbon. « Ce festival nous fait revivre l’histoire des Noirs. Il y a encore des gens parmi nous qui ne savent pas pourquoi les garçons s’enduisent d’huile et de charbon : c’est pour rendre hommage aux Noirs, car nous n’avons pas tous cette peau comme la leur », explique Gaspar Elías Cerpino Villa, directeur d’une école de danse.

Une manière de dire : nous sommes tous des marrons !

7 Lames la Mer


Sources : Corporacion para la investigation etnomusical “Son de negro" • Université d’Atlántico, Colombie • elespectador • redalyc • elheraldo • banrepcultural • etc.

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Notes

[1Source : Mónica Palomino. Merci à Elodie Maurel pour la découverte et le partage.

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