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Makossa

Manu Dibango, sax en deuil

24 mars 2020
Nathalie Valentine Legros
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Dans le hall de l’hôtel, sa voix et son rire surplombent le brouhaha. Je me dirige vers la voix en jouant des coudes. Et je rencontre une légende : Manu Dibango ! « J’ai adoré le titre "Sax en feu" » me lance-t-il par dessus les têtes. Puis à nouveau ce rire qui tinte jusqu’à faire vibrer les verres... et nous plonge soudain dans le noir : panne de courant ! Avec Manu Dibango, il est question de survoltage. Hommage à ce grand artiste africain qui vient de nous quitter. Et souvenir de son passage par La Réunion.

A la Une du Quotidien de La Réunion, 13 août 1988.

L’intimité avec 3000 personnes, c’est Manu Dibango !


C’était en août 1988. La Réunion recevait Manu Dibango pour deux concerts [Saint-Denis/Saint-Pierre]. 3000 spectateurs s’étaient déplacés au petit stade de l’Est pour voir le grand Emmanuel N’Djoké Dibango, alias Manu Dibango.

Jazz, jazz-rock, reggae, soul, blues... L’Afrique livre son génie. Lunettes de soleil, Manu Dibango apparaît sous les projecteurs et le public s’électrise. L’intimité avec 3000 personnes, c’est possible quand Manu Dibango est aux manettes, avec sept musiciens. Au bout du compte, le public fait le concert avec Manu Dibango et son saxophone qui parle toutes les langues.

Manu Dibango à La Réunion, 9 novembre 2007. Photo © Claude Thérésien.

« Soul Makossa », une révolution


Né le 12 décembre 1933 à Douala [Cameroun], le légendaire saxophoniste fait irruption sur la scène internationale en 1972 avec un morceau précurseur, « Soul Makossa », qui le propulse en tête des charts. C’est une véritable révolution musicale. La puissance de « Soul Makossa » défie les lois du temps : aujourd’hui ce morceau devenu mythique s’impose toujours et plus que jamais comme la création visionnaire d’une rythmique africaine universelle.

Pour la petite histoire, « Soul Makossa » fut édité en 1972 sur la face B d’un 45 tours dont la face A était consacrée à un hymne pour l’équipe de foot du Cameroun à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations.

Mais Manu Dibango n’est pas l’homme d’un seul tube. Son œuvre immense n’a pas de frontières. Il a en tout cas contribué à faire résonner à l’échelle de la planète, rythmes et influences africaines.

Manu Dibango est mort à 86 ans, ce 24 mars 2020, victime de l’épidémie de Coronavirus. Sa légende est vivante.

Fé rézone la po tanbour pou Manu !

Nathalie Valentine Legros

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
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