Categories

7 au hasard 5 octobre 2013 : Dédé Lansor, Réyoné si la tèr La Rényon - 30 juillet 2015 : Octroi de Mer : un levier pour l’urgence sociale - 2 mai 2014 : Grand Raid et Parc National sont-ils compatibles ? - 17 novembre 2015 : Séga mauricien 70 : sacré par le label londonien « Strut » - 9 avril 2013 : Les 7 mensonges de la nouvelle route du Littoral - 26 novembre 2015 : « Cette mandature a oublié les Réunionnais d’en bas » - 30 août 2016 : Le mirage de la soie réunionnaise - 26 mai 2015 : Vidéo : Parc national et Réserve marine, protéger sans interdire - 15 mars 2014 : Quand le « zèle » des médias fait le beurre du FN… - 10 janvier 2013 : La Syrie, un domino qui ne tombe pas ? -

Accueil > Lames de fond > Zistoir dedan / Zistoir déor > L’heure pou compte le mort... dann l’ilette perdu

Zistoire marronnage

L’heure pou compte le mort... dann l’ilette perdu

3 avril 2015
7 Lames la Mer, Jean-Claude Legros
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

Marronnage la commence La Réunion en 1663, quand bann premier zesclave malgache la débarqué. Jean-Valentin Payet la écrit in live, i appelle : « Récits et traditions de La Réunion ». Dans son live li raconte inn bataille rente zesclave marron ec l’équipe in gros propriétaire dann sud La Réunion. Ou sa que la ravine i coule...

PNG - 1.5 Mo
Marronnage la commence La Réunion en 1663, quand bann premier zesclave malgache la débarqué... Illustration 7 Lames la Mer.

Sa té en mai 1824, vingt-quatre-an avant l’abolition de l’esclavage. Monsieur Brodier navé inn propriété dann sud, té i appelle « l’Habitation de Bois Fleury ». La propriété té i fait plus de trois-cent zectare, cinquante zectare en canne.

Li navé inn grann case, té i appelle « Grann Maison », té i fait vingt huit mète en longueur su treize mète en largeur. Navé in rez-de-chaussée, in l’étage, ec in grenier sous le toit.

Brodier navé six jardinier

Dann poulailler, navé de volaille, pintade, dindon, canard en quantité, plus de mille. Dann parc cochon, navé inn centaine cochon noir de Chine.

Dans la savane, navé de bœuf, mouton, cabri. Dann l’écurie, vingt cheval ec douze charrette. Le verger té i fait deux zectare : zavocat, mangue, letchi.

Jardin aussi té i fait deux zectare : pomme-de-terre, chou, carotte, bringelle, zognon, l’ail, piment, tomate, brède morelle, laitue, citrouille, potiron. Navé six jardinier pou occupé.

PNG - 1.3 Mo
La camp des Noirs. By Théodore Bray.

Par derrière la case, navé sak té i appelle « le camp des noirs », sa té i veut dire le village bann zesclave, zot té environ cent-vingt. Dix-heure-de-soir, toute de moune té fine arrive dann lit.

Mais in soir, jusse après minuit, le chien la commence aboyé...

Brodier ec sa femme la levé sans fait désorde, zot la monte dann grenier, zot la rouve doucement la fenête.

Marron té attaque !

Navé quate fusil deux-coup té i attann azot, chargé, accroché su le mur.

Côté parc cochon, bann chien té i aboye même, mais inn instant après-là, bann chien la crié, zot la gémi.

La nuite té clair, Brodier la vu de moune t’après casse la porte la cuisine : marron té ni attaqué !

PNG - 962.2 ko

Brodier la appuye son fusil su le rebord la fenête, et li la tire deux coup de feu. Malgré li la vise dans les à-peu-près, li la touche in bougue, li la entann le bougue juré et crié.

Madame Brodier la donne son mari le deuxième fusil chargé, li la tire encore deux coup de feu. Encore inn fois li entann crié.

Chevrotine la ricoché su la dalle

Là-même li la vu deux marron t’après arrache la porte la cuisine, inn té i tient-beau la porte devant li comme in bouclier, l’ote navé inn torche dans son main, pou mette le feu. Zot té i avance vers la case.

La femme Brodier l’ardonne son mari deux fusil chargé. Brodier la tiré jusse devant la porte : chevrotine la ricoché su la dalle, la passe par en-dessous la porte et la coupe le pied bann marron. Brodier la trape in ote fusil, li la tire su le deux bougue à terre : bonna lé mort en place.

PNG - 781.9 ko
Dans le ralé-poussé, na inn fille lavé disparu. Elle té i appelle Rose, elle té fait l’infirmière. By WemoKid.

Malgré la cloche té i sonne l’alarme, le resse la bann la prend le temps vide la cuisine, zot la vole cinq cochon ec inn vingtaine volaille. La lune té i lève, bann marron la filé sanm zot butin ec zot blessé. De feu lavé pris dann parc cochon, la cuisine ec poulailler. Toute de moune té i court rode de l’eau, pou éteinn l’incendie.

Mais dans le ralé-poussé, na inn fille lavé disparu. Elle té i appelle Rose, elle té fait l’infirmière. Bann marron lavé emmène aelle sanm zot. Toute la nuite, Brodier ec son monn la monte la garde, pangar marron i arvient.

Ma tué ali !

Quatre-heure de matin, Brodier la envoye in l’équipe rode de l’eau et dix charrette la tsann Saint-Pierre pou ramène de riz ec maïs, à cause navé pu. Fanfan, in jeune cafe Guinée, grand et costaud, té en colère, à cause Rose té sa fiancée. Li té veut court derrière bann marron, li la dit Brodier donne ali in fusil.

Brodier la essaye calme ali :
— Acoute, Fanfan, mi peut pas laisse aou court derrière bonna ou tout seul, zot va tué aou. Prend patience mounoir. Mi jure ou sera dans l’équipe v’allé fait la chasse marron. En attendant, entraine aou pou lance galet. Mi connaît ou lé gabier, moin la vu aou fait tsann coco coup de galet. C’est ou que va tué le bougue la emmène oute fiancée. Quand va donne le départ, ramasse trois-quate bel galet pou tué ali.
— Oui, Monsieur, ma tué ali, la dit Fanfan.

PNG - 1.7 Mo
Fanfan, in jeune cafe Guinée, grand et costaud, té en colère, à cause bann marron lavé emmène sanm zot Rose, sa fiancée. Li té gabier pou lance galet. Illustration Libico Maraja.

Commandant de quartier la monte l’Habitation sanm deux gendarme, pou prann toute le déposition. Brigadier Loris, in spécialisse la chasse marron, la suive la trace marron su plus de deux kilomète :
— I serve à rien de poursuive azot tout-de-suite, zot lé su zot garde. Mais dans quinze jour, zot i fera pu attention et ma monte sanm deux l’équipe bien entraîné.

Navé trois marron té mort, la coupe zot main droite avann enterré, pou gaingne la prime. Et na in bougue, té i appelle Toutoute, lavé fait in marron prisonnier : gendarme la emmène ali et zot la promette Toutoute que li noré son récompense.

Cado té i connaît où sa marron i cachette

Quinze jour après-là, brigadier Loris l’arrivé sanm deux l’équipe douze bougue ec zot fusil. Bann ti-blanc-des-haut, pied nu, pantalon la toile, vesse en drap, inn bertelle dann dos. Zot la remonte la ravine Bois Fleury. Après sa, navé la forêt de tamarin : là-même zot la trouve la trace bann marron.

Brodier l’arrivé sanm deux zesclave : li la présente brigadier Loris in l’ancien marron, té i appelle Cado. Cado té i connaît bien où sa bann marron té i cachette, et Fanfan, li té i veut artrouve Rose, sa fiancée.

PNG - 1.9 Mo
Loris la ferme son zieux. Quand li la rouvert, inn bel papangue la passe devant zot. La papangue la plonge dann fond... Illustration 7 Lames la Mer.

Cado la esplique le tictac :
— Bonna la fait semblant allé in côté, allé oir zot la parti l’ote côté. Quand nous v’arrive en l’air la fenête, m’a monte azot.
Loris la dit : « lé bon » ! Zot la suive Cado dans inn ti raidillon, zot l’arrive direc su le rempart. Cado la dit toute la bann allonge à-terre et li la dit Loris suive ali. Bonna la avance ti doucement jusqu’à le bord. Loris té pas loin gaingne in l’attaque : rempart té i fait au moins mille mète à pic. Dann fond navé in l’espèce l’entonnoir gigantesse té i fait par-là dix kilomète. Li té appelle « grand fond ».

Sentier pou « l’ilette perdu »...

Loris la gaingne frisson, vertige la cape ali. Li la ferme son zieux. Quand li la rouvert, inn bel papangue la passe devant zot. La papangue la plonge dann fond pou souque inn ti tangue elle lavé vu. Loris la magine in coup :
— Comme sa même i faut ni fait pou trape azot !

Zot lé reparti, Cado ec Fanfan devant, toute la bann derrière en file indienne. Sentier té i tsann en lacet jusqu’à temps zot l’arrive dann fond l’entonnoir, dans la forêt. Vitement Cado l’artrouve la trace bann marron :
— Zot lé parti pou « l’ilette perdu ». Sa bann Betsileo.

PNG - 1.6 Mo
Le chef la mette sentinelle pou guetté côté la ravine...

Zot la marche encore deux-heure de temps. La nuite té i tarde pas pou tombé. Zot la cale dans inn ti caverne, zot la allume de feu, zot la fait cuire de riz ec boucané. La nuite, zot la mette deux bougue pou veillé, toute les trois-heure té i change.

Grand-matin, quand zot la levé, navé de brouillard : in brouillard épais, té i oit pu rien. Zot la chauffe café et zot la mange in gazon de riz froid. Zot lé reparti. Cado té i dit azot comme-sa : « i faut pas fait désorde, i faut pu causé ». Zot la commence prépare l’attaque su le côté « l’ilette perdu ».

Ou sa que la ravine i coule...

Brigadier Loris la demann Cado pou kosa li té volontaire. Cado la tire son kabaye pou monte son dos. Té rempli de cicatrice :
— La pas le blanc la fait amoin sa, zot chabouk la pas assez dur. Sa le chef marron la fait sa, sanm inn queue de raie. Et zot la pris ma femme. Si zot i attann anou, zot va guetté par en bas l’îlette, ou sa que la ravine i coule.

Quand l’arrive onze-heure, zot la cale in coup pou mangé. Zot la fait la siesse, bann sentinelle té i veille. Brigadier Loris la envoye in l’équipe pou rode le meilleur l’endroit par en-haut de l’îlette. L’ote l’équipe té i tsann par en-bas, dann fond la ravine, pou bloque chemin.

PNG - 548.1 ko
Le camp marron navé au moins trente case en terre, couvert ec la paille. By Olusola Akinseye.

Premier l’équipe, en l’air inn ti corniche, la vu le camp marron : navé au moins trente case en terre, couvert ec la paille. Navé par-là quarante marron, ec inn vingtaine femme ec zenfant. Bann femme, inn calebasse dans zot main, té i sar rode de l’eau la ravine. In peu té i vanne de riz.

Bann bougue té i coupe de bois. In peu té i sorte la chasse, zot lavé gaingne in cabri. In peu la parti ramasse brède. Bann fanm la allume de feu, zot la verse de l’eau ec de riz dann marmite, zot la pose su trois galet.

Daoir té le chef marron...

Quand la nuite la tombé, na in marron l’arrivé, li té cause sanm in grand bougue noir navé in chapeau l’armée su son tête : daoir té le chef marron. Zot la cause longtemps. Semanqué le marron lavé trouve la trace le deuxième l’équipe, sak té par en-bas l’îlette, dann fond la ravine.

Le chef la mette sentinelle pou guetté côté la ravine. Mais li la pas maginé mette sentinelle par en-haut. La nuite té dure aussi bien pou bann marron que pou bann chasseur. Personne té i gaingne pas sommeil. Bann chasseur navé rien que manioc pou mangé.

PNG - 2.7 Mo
Six premier chasseur la tiré ec zot fusil : trois marron la tonm à-terre, mort. By Cándido López (1840—1902)

Grand matin, dann fénoir, l’équipe su la corniche par en-haut la tsann doucement, sans fait désorde, pou entoure le camp, six bougue chaque côté. Mais in chien la commence aboyé, et toute le bann chien la réponn.

Marron la sorte dans zot case, zot sagaie dans la main, paré pou lancé. Mais zot té i connaît pas quel côté viré. Toute côté le chien té i aboye, sa té veut dire le camp lé encerclé. Six premier chasseur la tiré ec zot fusil : trois marron la tonm à-terre, mort. Trois té blessé. Té le tour bann chasseur l’ote côté pou tiré : bann marron té i tonm à-terre.

L’heure pou compte le mort...

Sak té i resse la gaingne la panique, zot la rode chappé par la ravine. Là-même deuxième groupe chasseur té i attann azot, zot la tiré. Pendant ce temps-là le premier groupe chasseur té fine recharge zot fusil, zot la tiré encore. Et encore.

La bataille té fini, le camp té pris. Té l’heure pou compte le mort : seize marron. In blanc aussi té mort : li té poursuive in marron dans la pente, le deux bougue la tonm ensanm dann fond rempart. Bann chasseur la coupe la main le seize cadave, pou gaingne la prime.

PNG - 2.3 Mo
La capture. Lithographie extraite du livre "Les marrons" de Louis Timagène Houat.

L’équipe chasseur la soigné sak té blessé. Mais navé trois marron, zot blessure té trop grave, té i gaingne pas transporté. Bann chasseur la achève le trois bougue et zot la coupe la main. Navé dix-huit prisonnier, douze bougue ec six femme. La anmarre bann marron par le cou et la donne azot pou porté sak zot la volé. Navé aussi deux-trois marmaille, brigadier Loris la mette deux blanc pou veille azot, pangar zot i chappe.

Té i manque encore Cado ec Fanfan, mais zot la pas tardé pas pou arrivé, zo té i ramène Rose, la fiancée de Fanfan : son linge lé déchiré, son figure lé blessé. Fanfan la raconté comment li lavé vu le chef marron sauvé, li té tient-beau Rose par la main, mais elle té rode chappé. Alors Fanfan la crié, la dit le chef marron : arrête ! Le chef la calé, li la vire son tête, jusse là-même Fanfan la lance son galet, la touche le bougue en plein dans la poitrine. Le chef té blessé, bonna la achève ali, et la coupe son main. La bataille té fini.

PNG - 1.7 Mo
La fallu attann encore vingt-quatre-an pou l’abolition de l’esclavage la Réunion, en 1848. Illustration Libico Maraja.

La commune la verse Brodier in l’indemnité pou sak li lavé perde. Bann chasseur té remboursé pou zot frais, en plus zot la gaingne inn prime cent franc pou chaque marron mort ou prisonnier.

Brodier la rann Cado son liberté : Cado té « affranchi ». Rose ec Fanfan la marié : la noce la dure toute la nuite, le maîte la fait tué cochon ec volaille et la fait venir inn ti barrique de vin. Madame Brodier té en l’admiration devant Rose ec Fanfan :
— Sa c’est vraiment le grand amour, comme dann live Corneille ec Racine. Mais mi revient pas sa i arrive bann zesclave !

La fallu attann encore vingt-quatre-an pou l’abolition de l’esclavage la Réunion, en 1848. Dernière grann bataille marron té en 1829 dann Bras de Cilaos. Vingt-cinq marron té tué. De moune i dit té i oit encore la tonm en 1849.

Bin où-sa toute la tonm-là la passé ?

Traduction Jean-Claude Legros

PNG - 742.6 ko
2007 : le passage du cyclone Gamède bouleverse la physionomie de certains cites et révèle des tombes sur la plage de sable noir de Saint-Paul, devant le cimetière. Les études démontrent qu’il s’agit d’un ancien cimetière d’esclaves. Source : reunion.gouv

Bin où-sa toute la tonm-là la passé ? Cette question n’a pas trouvé de réponses et nous ramène à une « Histoire » plus récente, lorsque le cyclone Gamède (2007) nous a restitué les restes des esclaves ensevelis sur le bord de mer de Saint-Paul, nous confrontant à ce monde souterrain de l’histoire réunionnaise.

A lire sur « 7 Lames la mer », notre prochain article à ce sujet !

PNG - 1.1 Mo
Jeu de miroirs avec le temps... Jean-Valentin Payet, 31 ans en 1925 à gauche. 45 ans plus tard à droite.

En 1928, Jean-Valentin Payet publie « Au seuil des cases », à Madagascar. Il n’en est tiré qu’une centaine d’exemplaires.

Soixante ans plus tard, encouragé par Alain Gili, il reprend la majorité des récits de ce premier recueil, les retravaille, y ajoute de nouveaux récits et présente le manuscrit à L’Harmattan, sous le titre inspiré : « Chroniques réunionnaises recueillies au seuil des cases ».

Le manuscrit sera accepté par l’éditeur mais le titre sera malheureusement changé pour un « Récits et traditions de La Réunion » beaucoup moins poétique et évocateur.

PNG - 1.5 Mo
Jean-Valentin Payet s’est inspiré de l’intimité de quelques familles pour bâtir son récit et retracer ainsi une tranche de l’histoire du pays. La femme en noir tient dans ses mains un missel (et non un smartphone...). Les deux femmes en blanc sont des sœurs de Jean-Valentin Payet. Collection privée 7 Lames la Mer.

Le parti-pris de Jean-Valentin Payet est de retracer, le plus fidèlement possible, l’histoire de l’île de La Réunion, des origines jusqu’à la grande épidémie de grippe espagnole (1919), en s’appuyant sur l’intimité de quelques familles, sur cette succession d’évènements heureux et malheureux qui jalonnent les lignes de vie et construisent, de génération en génération, l’histoire d’un pays.

Soucieux des détails, Jean-Valentin Payet sait cependant éviter l’écueil du récit strictement historique et didactique, de même qu’il ne sombre pas dans la facilité de la compilation d’anecdotes ni dans celle de l’énumération de souvenirs.

Si son écriture est réellement envoutante, c’est parce qu’elle est à la fois directe et mâtinée d’élans poétiques mais c’est aussi parce qu’elle se nourrit de ce terreau qui a enfanté les mythologies réunionnaises constitutives de cette identité toujours mouvante.

« J’ai voulu décrire des tranches de vie, confiait-il à la sortie du livre, à travers les diverses ethnies de La Réunion, pendant l’époque coloniale ».

PNG - 228.9 ko

Né à Saint-Benoit en 1894 dans une famille dont l’ancêtre est arrivé à La Réunion en 1674, Jean Valentin Payet (qui fut grièvement blessé sur le front de Verdun) est mort à Paris le 30 mars 1992, d’une crise cardiaque en pleine rue, à l’âge de 98 ans. Il venait de publier, un an auparavant, aux éditions de L’Harmattan, un ouvrage intitulé « Histoire de l’esclavage à l’île Bourbon ».

Tapant d’un doigt sur une antique machine à écrire, il se consacrait depuis plusieurs années à la rédaction minutieuse de ses Mémoires qui resteront inachevés, des Mémoires qui, selon lui, allaient contribuer à sauvegarder « cette mémoire orale qui n’existe plus ».

Souvent présenté comme le doyen des écrivains réunionnais, il s’en défendait pourtant et répondait avec humour en 1979 à un journaliste réunionnais : « J’ai écrit bien des circulaires, rédigé des arrêtés et des décrets mais je ne suis pas écrivain ».

7 Lames la Mer

7 Lames la Mer

Réalités émergentes Réunion, Océan Indien, Monde.
Presse, Edition, Création, Revue-Mouvement.
Facebook, Twitter.

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter