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Mexique

Frida Kahlo : « Même dans un cercueil, je ne veux plus jamais rester couchée » !

6 juillet 2018
7 Lames la Mer
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Il y a 64 ans... le 13 juillet 1954, Frida Kahlo meurt à 47 ans et entre dans la légende. « Même dans un cercueil, je ne veux plus jamais rester couchée », disait celle qui fut incinérée le 14 juillet 1954.

Frida Kahlo, Mexique, 1932

« J’ai peint ma réalité »


Peintre et féministe, Frida Kahlo laisse une oeuvre remarquable — notamment une série d’autoportraits — qui témoigne à la fois des souffrances de l’existence (souffrances physiques et blessures à l’âme...) et de sa résistance étonnante.

Elle formait avec le peintre Diego Rivera un couple mythique et engagé.

Voici l’histoire de celle qui affirmait : « je n’ai jamais peint mes rêves. J’ai peint ma réalité ».

La casa azul où vécurent Frida Kahlo et Diego Rivera.

Casa Azul... la maison bleue


Frida Kahlo voit le jour dans la « Maison Bleue » (Casa Azul — actuel Musée Frida Kahlo), le 6 juillet 1907, au milieu d’un quartier populaire de Coyoacán, au sud de Mexico. C’est une « maison mexicaine traditionnelle peinte dans une bleu profond et ornée de bordures rouges ». À l’âge de 10 ans, Frida est atteinte par la poliomyélite qui atrophie sa jambe droite.

En 1922, elle intègre à 16 ans l’Escuela Nacional Preparatoria et s’engage ensuite dans des études de médecine... malgré l’intérêt qu’elle porte aux beaux-arts.

"Le cerf blessé", par Frida Kahlo, 1946.

Définir une âme mexicaine


« Je sentais suffisamment d’énergie en moi pour faire n’importe quoi à la place des études de médecine. Et sans y faire trop attention, je me mis à peindre ».

Comme nombre de ses contemporains, Frida Kahlo cherche à définir une âme mexicaine ; elle en deviendra l’un des symboles les plus populaires.


Icône happée par la sphère commerciale


Aujourd’hui, plus de 60 ans après la disparition de Frida Kahlo, son image — à l’instar de celles du Che, de Marilyn ou de Jim Morrison — a été happée par la sphère commerciale.

Véritable icône, elle se décline sur tee-shirts, bijoux, sacs, valises, tissus, lignes de vêtements, chaussettes, poupées, coussins, coques de smartphones, etc.

"Le Bus", par Frida Kahlo, 1929.

Les souffrances endurées...


Le destin de Frida Kahlo va basculer le 17 septembre 1925. Ce jour-là, elle prend le bus pour rentrer chez elle après ses cours.

Soudain, l’autobus percute un tramway. Plusieurs personnes trouvent la mort dans ce terrible accident. « Le choc nous a projetés en avant et une barre d’appui m’a transpercée comme une épée transperce un taureau », écrit-elle plus tard.

Grièvement blessée, Frida sera alors contrainte de porter durant neuf mois des corsets en plâtre. Dans un rapport médical, le Dr. Henriette Begun fait une description des traumatismes et lésions de Frida qui donne une idée de l’étendue des souffrances endurées...

"La colonne brisée", par Fridao Kahlo, 1944.

Fractures, blessures, déchirures...


« L’accident a causé des fractures des troisième et quatrième vertèbres lombaires, trois fractures du pelvis, onze fractures du pied droit, la dislocation du coude gauche, une profonde blessure abdominale causée par une rambarde d’acier, entrée par la hanche gauche, sortie par le vagin, déchirant la lèvre gauche ». (...)
 
« Fracture de la colonne vertébrale ignorée par les médecins jusqu’à ce que le Dr. Ortiz Tirado ordonne une immobilisation au moyen d’un corset de plâtre pour une durée de neuf mois... À partir de ce moment, a éprouvé une sensation de fatigue constante et parfois des douleurs dans la région lombaire et dans la jambe droite, qui ne la quittent plus désormais ».
"Autoportrait à la robe de velours", par Frida Kahlo, 1926.

« Je suis la personne que je connais le mieux »


C’est alors qu’elle commence à peindre : pour l’aider, ses proches placent un baldaquin au-dessus de son lit avec un miroir pour ciel.

Elle peut alors se servir de son reflet comme modèle, ce qui est probablement l’élément déclencheur de cette longue série d’autoportraits (parmi les 150 peintures qu’elle réalise). « Je peins des autoportraits parce-que je me sens si souvent seule et parce-que je suis la personne que je connais le mieux ».

Elle doit subir de nombreuses interventions chirurgicales qui l’obligent à rester couchée sur un lit d’hôpital et qui provoquent de grandes souffrances.

Frida Kahlo et Diego Rivera.

Frida la militante


Dès 1928, elle s’engage au parti communiste mexicain et s’investit dans l’émancipation de la femme.

La même année, elle rencontre le peintre Diego Rivera. Ils se marient un an plus tard et en 1930 s’installent à San Francisco, où Rivera reçoit plusieurs commandes.

Après quelques allers-retours entre les Etats-Unis et le Mexique, et après que Frida ait subit deux avortements, les artistes rentrent à Mexico pour s’installer dans la banlieue de San Angel.

"Autoportrait", par Frida Kahlo, 1946.

Un autoportrait pour Trotsky


En 1937, Diego accueille Léon Trotsky, réfugié politique, qui sera alors hébergé dans la maison bleue de Coyoacán — Casa Azul. Frida et Trotsky ont eu une liaison que l’on dit passionnée...

Frida lui dédicace un tableau à l’occasion de son anniversaire, où elle se montre sous son meilleur jour. Trotsky sera assassiné deux ans plus tard à coups de pic à glace… (août 1940).

En 1937, Frida Kahlo peint un autoportrait intitulé : « Sous les rideaux » où elle tient une lettre sur laquelle on peut lire : « Pour Léon Trotski, je dédicace cette peinture avec tout mon amour... »

Un « ruban autour d’une bombe »


En automne 1938, Frida Kahlo présente ses œuvres, dans sa première exposition individuelle, à la galerie Julien Levy de New-York, où elle rencontre un franc succès.

En 1939, elle se rend à Paris pour y exposer ses tableaux ; elle y fera la connaissance des surréalistes dont André Breton qui qualifie son art de « ruban autour d’une bombe ».

De retour à Mexico, elle s’installe dans la maison bleue et divorce pour se remarier un an plus tard avec... Diego !


Sept opérations de la colonne vertébrale


Au fur et à mesure, sa santé se dégrade ; les douleurs au dos deviennent de plus en plus intolérables. Elle subit sept opérations successives de la colonne vertébrale ; sa convalescence manquera de la rendre folle.

Malgré son handicap et son nouveau fauteuil roulant, elle continue de peindre et de militer, jusqu’à assister à sa tant désirée exposition individuelle dans son pays.

"Racines", par Frida Kahlo, 1943.

« J’attendrai encore un peu… »


En août 1953, on ampute sa jambe droite jusqu’au genou. Cette opération apaise ses souffrances mais la plonge dans une profonde dépression...

« On m’a amputé la jambe il y a six mois qui me paraissent une torture séculaire et quelques fois, j’ai presque perdu la tête. J’ai toujours envie de me suicider. Seul Diego m’en empêche, car je m’imagine que je pourrais lui manquer. Il me l’a dit, et je le crois. Mais jamais de toute ma vie, je n’ai souffert davantage. J’attendrai encore un peu…  » (Journal de Frida Kahlo, février 1954).

"Le rêve", par Frida Kahlo, 1940.

« J’espère bien ne jamais revenir »


Atteinte d’une grave pneumonie, Frida Kahlo meurt dans la nuit du 13 juillet 1954, sept jours après son quarante-septième anniversaire.

Les derniers mots de son journal furent « J’espère que la sortie sera joyeuse… et j’espère bien ne jamais revenir… Frida ».

Pourtant, en travers de son dernier tableau, peint juste avant de mourir, elle a écrit : « Viva la Vida ».


« Je ne veux plus jamais rester couchée ! »


Le 14 juillet, elle est incinérée selon son désir : « Même dans un cercueil, je ne veux plus jamais rester couchée ! »

Ses cendres reposent dans la Casa Azul à Coyoacán, sur son lit, dans une urne qui a la forme de son visage.

7 Lames la Mer

« Pour une communiste convaincue, se parfumer de Shalimar et se mettre du vernis à ongles rouge était une façon — visionnaire — de réconcilier féminité et féminisme, ce qui semblait impossible jusque-là ».
Susana Martínez Vidal.

Image extraite du documentaire "La casa azul de Frida Kahlo", Dchic TV art. La Casa Azul a été transformée en musée. On y voit le flacon de Shalimar.

Sources : « Kahlo », Gerry Souter, Parkstone, 2005. « Frida Kahlo : Fashion as the Art of Being », Susana Martínez Vidal, Assouline, 2016. Site Frida Kahlo, etc.


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