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Environnement

Une île de plastique entre Madagascar et l’Australie

14 août 2015
7 Lames la Mer
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5.000 milliards de déchets en plastique flottent dans les océans. Même s’il reste moins exploré, l’océan Indien n’est pas épargné par ce phénomène : un gyre (gigantesque tourbillon formé de courants) de plastique se déplace entre l’Australie et Madagascar. Un bateau spécialisé avec une équipe internationale de scientifiques entreprend bientôt une campagne pour étudier ce gyre du Sud de l’océan Indien.

Les gyres, vastes vortex de déchets... Celui qui se trouve au Sud de l’océan Indien, entre Madagascar et l’Australie, va bientôt faire l’objet d’une campagne scientifique de prélèvements et d’analyses. Source : geoado.

Des îles flottantes de détritus de plastique [1] — grandes comme deux fois la taille du Texas [2] — ont été identifiées dans divers océans (Atlantique, Pacifique...) [3]. On parle même désormais d’un 7ème ou 8ème continent... Un continent-poubelle réparti dans les cinq grands bassins océaniques.

L’océan Indien Sud, qui n’échappe pas au phénomène, restait jusqu’à présent relativement inexploré. Une expédition scientifique, menée à bord du bateau « Dr. Fridtjof Nansen », va bientôt sillonner cette zone, entre l’Australie et Madagascar, et fournira ainsi des informations décisives quant à l’ampleur et à l’impact de la présence de déchets en plastique dans l’océan.

Le « Dr. Fridtjof Nansen » [4] est un navire à vocation scientifique administré par l’Institut norvégien de recherches marines (IMR) en collaboration avec la FAO [5], qui parcourt les océans depuis 1975 pour recueillir des informations sur la santé des écosystèmes marins et former des experts et des chercheurs à travers le monde.

Le « Dr. Fridtjof Nansen ». Photo © IMR

Avec à son bord une équipe internationale de scientifiques [6], le navire en est à sa deuxième campagne saisonnière. Sa mission : mesurer les températures de l’océan, les niveaux d’oxygène, la photosynthèse et les processus biologiques comme la production de plancton et la répartition du poisson.

A cette mission principale, viennent s’ajouter cette année deux objectifs : évaluer l’ampleur et la nature des déchets industriels dans les zones reculées du sud de l’océan Indien, et étudier le fonctionnement du gyre local (gigantesque tourbillon formé de courants animés par la force de Coriolis) dans la propagation du plancton et des petits poissons.

L’équipe scientifique ramène quasi systématiquement dans ses filets des particules de plastique, mettant en relief les dramatiques perturbations que produit cette pollution sur les écosystèmes marins.

Selon « Greenpeace », on estime que chaque année, environ 1 million d’oiseaux et plus de 100.000 animaux marins sont victimes du plastique : ils meurent étouffés dans un sac plastique ou après avoir ingéré des déchets flottants.

Débris de plastique prélevés dans le gyre de l’océan Indien. Photo : algalita.org.

Ce phénomène qui n’épargne aucun océan pose la question de son impact potentiel sur une chaîne alimentaire qui s’étend du plancton — filmé en train d’ingurgiter des fragments de matière plastique — jusqu’aux crustacés, au saumon, au thon et, en bout de chaîne, à l’homme, sans parler des baleines.

Les tests scientifiques en laboratoire ont montré que les poissons ayant ingéré du plastique souffrent d’une intoxication au foie et de troubles du métabolisme.

Les microplastiques [7], des billes de moins de 5 millimètre de diamètre, intéressent particulièrement les scientifiques car elles peuvent pénétrer dans la chaîne alimentaire humaine.

« Nous avons trouvé des particules en plastique dans quasiment toutes les stations échantillonnées », a déclaré Reidar Toresen de l’IMR [8], responsable de la première partie de la campagne.

"La vague" de Hokusai... transformée en vague de déchets en plastique. Photo : Bonnie Monteleone.

Si l’impact chimique et toxicologique des billes peut être étudié en laboratoire, en revanche l’emplacement et la quantité des microplastiques, ainsi que leurs déplacements – les poissons eux-mêmes peuvent être un vecteur biologique, de même que le gyre de l’océan Indien qui se déplace entre l’Australie et Madagascar – ne peuvent être étudiés que par le biais d’enquêtes comme celle menée par le navire « Dr. Fridtjof Nansen », en larguant et en hissant des filets spéciaux plusieurs fois par jour, et en fouillant leur contenu.

L’équipe scientifique lance également de nouveaux capteurs de profondeur high-tech pour mesurer les niveaux d’une série d’éléments biologiques en eaux profondes.

Fournis par l’Australie avec le concours de l’Inde, ces capteurs sont un pas en avant — par rapport aux robots flottants déjà existants — pour surveiller la température et la salinité des océans, car ils sont programmés pour plonger jusqu’à des profondeurs de 2.000 m afin de pouvoir sonder les océans.

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Source : communiqué de newspress

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Notes

[1appelées aussi « soupe de plastique »

[2Superficie du Texas : 696 241 km²

[3Le phénomène a été observé par hasard pour la première fois il y a une vingtaine d’années, dans le Pacifique nord. Le capitaine Charles Moore, au cours d’une régate en 1997 entre Los Angeles et Honolulu, décide de suivre une route habituellement peu fréquentée et découvre une gigantesque plaque de déchets flottants qui sera baptisée plus tard « great Pacific garbage patch ». Il mettra une semaine pour traverser cette « soupe de plastique ». « Jour après jour, je ne voyais pas de dauphins, pas de baleines, pas de poissons, je ne voyais que du plastique », raconte Charles Moore. Cette découverte va changer la vie de cet héritier d’une riche famille de l’industrie du pétrole : il devient un fervent militant écologiste et crée la fondation « Algalita », spécialisée dans l’étude de ce phénomène.

[4Fridtjof Wedel-Jarlsberg Nansen (1861-1930) : explorateur polaire, scientifique, homme d’État et diplomate norvégien.

[5Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture. La production des pêches de capture étant la source de 80 millions de tonnes d’aliments nutritifs chaque année, la promotion des océans et des pratiques de pêche durables est une priorité pour la FAO. Avec l’aquaculture, les pêches de capture mondiales assurent 20% des apports alimentaires pour près de 3 milliards de personnes, ainsi que près de 60 millions d’emplois.

[618 chercheurs de huit pays

[7Le microplastique est utilisé dans la fabrication de produits cosmétiques et gels douche, et aussi par l’industrie sous forme de granules de résine. Ce sont plus de 250 millions de tonnes qui sont désormais produites chaque année, dont une partie atterrit dans la mer.

[8L’IMR assure les services scientifiques du Projet FAO EAF-Nansen (EAF : approche écosystémique des pêches), financé par l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (Norad). Le Projet EAF-Nansen a aidé 16 pays côtiers africains à élaborer des plans d’aménagement durable des ressources marines ; il tiendra un atelier de taxonomie marine au Mozambique en septembre.

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