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Saint-Denis comme vous ne l’avez jamais vue !

4 avril 2016
7 Lames la Mer
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Découvrir Saint-Denis au milieu du 19ème siècle, à travers une lithographie rare, « prise » depuis les « premières hauteurs » de la ville...

Cette lithographie intitulée « Ile Bourbon - Vue de la rade et de St. Denis » a été pressée par Alexandre Cabassol (1811-1846), lithographe à Paris.

Elle est extraite d’un livre publié à Paris en 1843 par Adolphe Delessert [1] et intitulé : « Souvenirs d’un Voyage dans l’Inde, exécuté de 1834 à 1839 ». Elle est vraisemblablement l’oeuvre de Victor Dollet, peintre et lithographe.

C’est le 24 avril 1834 qu’Adolphe Delessert s’embarque pour un voyage en Inde et en Asie du Sud-Est ; voyage qui durera cinq ans et au cours duquel il visitera notamment l’île Maurice, l’île de La Réunion, Pondichéry, Singapour, Java, Madras, etc.

Blessé après avoir maladroitement manipulé une arme à feu alors qu’il se trouvait en Inde (Pondichery), il est envoyé en convalescence à l’île Bourbon, alors encore réputée pour son bon air. Le 26 avril 1836, le navire sur lequel voyage Adolphe Delessert arrive en vue de l’île Bourbon... Adolphe y restera six mois.

« Il vivait depuis six mois à Bourbon ; sa santé parfaitement rétablie lui permit de songer à faire le voyage du Bengale » [2]. Pendant ces six mois, Adolphe Delessert parcourt l’île comme il l’évoque dans le livre qu’il publie à son retour. C’est dans ce livre, « Souvenirs d’un Voyage dans l’Inde, exécuté de 1834 à 1839 », que se trouve cette magnifique lithographie — très rare — de Saint-Denis.

Partie gauche de la lithographie

Sur la gauche de la lithographie, une petite légende indique : « Cap Bernard et route de Saint-Paul ». La route de Saint-Paul n’est autre que celle qui deviendra plus tard, selon le même tracé, la route de la Montagne.

Avec ses tournants en épingles à cheveux, la fameuse route grimpe à flanc de rempart en zigzaguant... puis traverse la Ravine à Malheur et rejoint, de l’autre côté du Cap Bernard, la ville de La Possession.

En bas de la Montagne, on distingue le lit de la rivière Saint-Denis, tandis que de nombreux bateaux se reposent dans la rade.

Partie droite de la lithographie

Pour réaliser son tableau, il semble que le peintre se soit installé sur les « premières hauteurs » de Saint-Denis, plus particulièrement du côté de la Source, au niveau des futures Rampes du Brûlé.

Là, il a dessiné au premier plan trois personnages qui discutent et donnent une échelle de grandeur au tableau, ce qui n’empêche pas l’artiste de jouer avec les distances et les fausses perspectives.

Ce point de vue perché en belvédère offre un panorama plongeant sur la ville dont les proportions sont cependant quelque peu fantaisistes.

Partie centrale de la lithographie

Au milieu de la lithographie, on aperçoit au loin les toits rouges des habitations et un triangle formé par deux rues — ou « chemins ». Si l’on regarde un plan de la ville de Saint-Denis aujourd’hui, on retrouve la même disposition triangulaire du jardin de l’État que délimitent les rues de La Source et Malartic.

En 1767, l’ordonnateur Honoré de Crémont décide de transférer le « Jardin Colonial » qui se trouvait au pied du rempart Est de la rivière Saint-Denis : le terrain choisi pour la nouvelle implantation était situé au lieu dit « Camp de Lorraine ».

L’emplacement « faisait face à la partie terminale de la rue Royale (actuelle rue de Paris) et appartenait à la veuve Laurent Richard, née Welmans » [3]. Le jardin est alors connu sous le nom de « Jardin du Roi » et deviendra « Jardin de l’État » en 1948.

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Cette lithographie, intitulée « Ile Bourbon - Vue de la rade et de St. Denis », a été « prise au dessus du Jardin du Roi », comme le précise l’auteur. Précision qui nous conforte dans notre hypothèse du triangle figurant le « Jardin du Roi », futur « Jardin de l’État ».

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Notes

[1Adolphe François Delessert (15 September 1809 — 6 April 1869), explorateur et naturaliste français.

[2Extrait de : Nouvelles annales des voyages, de la géographie et de l’histoire : ou Recueil des relations originales inédites, communiquées par des voyageurs français et étrangers ; des voyages nouveaux, traduits de toutes les langues européennes ; et des mémoires historiques sur l’origine, la langue, les moeurs et les arts des peuples, ainsi que sur les productions et le commerce des pays peu ou mal connus : accompagnées d’un bulletin où l’on annonce toutes les découvertes, recherches et entreprises qui tendent à accélérer les progrès des sciences historiques, spécialement de la géographie / publiées par MM. J. B. Eyriès et Malte-Brun — 1843.

[3Source : Les cahiers de notre histoire, Jardin de l’État, Saint-Denis, Éditions Lacaze, 1987.

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