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Démolition de l’ancienne CAF

« Pour que nous ne soyons pas accusés d’avoir été des vandales »

26 octobre 2017
Bernard Leveneur
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80% des édifices construits à La Réunion datent de la seconde moitié du XXe siècle. Il y a urgence à réfléchir à la sauvegarde des plus remarquables d’entre eux pour que, dans les prochaines décennies, nous ne soyons pas accusés d’avoir été des vandales.

Façade sur rue du bâtiment donnant sur la rue Général de Gaulle. Photo : Bernard Leveneur.

Une partie de mon enfance s’est envolée...


Une partie de mon enfance — mon père travaillait à l’imprimerie de la CAF — s’est envolée depuis quelques jours entre la rue Général de Gaulle et la rue Milius à Saint-Denis. Dans le cadre d’une opération de construction de logements pour personnes âgées — ce que je ne remets pas en cause — les bâtiments de la Caisse d’allocations familiales sont en cours de destruction depuis quelques semaines.

Le bâtiment sur la rue Milius, dessiné par Guy Lejeune, a déjà disparu. Le bâtiment sur la rue de Gaulle, de Jean Bossu, un élève de Le Corbusier, de Robert Mallet-Stevens et d’Auguste Perret, connaît ses dernières heures d’existence.

Façade, sur la rue Général de Gaulle, du bâtiment de Jean Bossu. Photo : Jean Legros.

Toute l’élégance d’un bâtiment...


C’était l’un des projets importants de cet architecte dans l’île, remarqué dans l’exposition du CAUE et l’ouvrage du ministère de la culture qui lui avait été consacré en 2000.

N’était-il pas possible de conserver au moins le bâtiment sur la rue de Gaulle, dont les photographies de Jean Legros en fin de chantier montrent toute l’élégance ?

Quel a été le processus de la décision administrative ayant conduit au résultat que nous connaissons ?

Bâtiment de Jean Bossu. Au premier plan les salles d’attente : des bancs surmontés d’une treille en attente de lianes. Photo : Jean Legros.

Recensé comme édifice remarquable du XXe siècle


Sur quels critères l’architecte des bâtiments de France a-t-il autorisé cette démolition en pleine aire de valorisation du patrimoine de Saint-Denis d’autant plus qu’il avait été recensé comme édifice remarquable du XXe siècle ?

Juste pour dire que 80% des édifices construits à La Réunion datent de la seconde moitié du XXe siècle. Peu d’entre eux sont protégés au titre de Monuments historiques.

Il y a urgence à réfléchir à la sauvegarde des plus remarquables d’entre eux pour que dans les prochaines décennies nous ne soyons pas accusés d’avoir été des vandales.

Bernard Leveneur

Arrière du bâtiment donnant sur la rue Général de Gaulle. Photo : Bernard Leveneur.

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