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La sirène du Mississipi

La sirène et la maison de la reine

18 juin 2020
7 Lames la Mer
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Le 18 juin 1969, « La sirène du Mississipi » sortait sur les écrans. Tourné en partie à La Réunion à la fin de l’année 1968, ce film de François Truffaut réunissait Catherine Deneuve et Jean-Paul Belmondo.

De gauche à droite : Ursula Andres, Jean-Paul Belmondo, François Truffaut, Catherine Deneuve. Arrivée à La Réunion, 30 novembre 1968.

Valse dans les ténèbres


Le 30 novembre 1968, le petit aéroport de Gillot connaissait une effervescence inhabituelle : le réalisateur François Truffaut [1932/1984] débarquait avec son équipe, accompagné notamment de Catherine Deneuve et de Jean-Paul Belmondo [lui-même accompagné d’Ursula Andress], pour le tournage du film « La sirène du Mississipi » [1], adapté d’un roman noir de William Irish paru en 1947 : « Waltz Into Darkness » [Valse dans les ténèbres].

L’auteur situe son action à La Nouvelle-Orléans ; François Truffaut la transpose à La Réunion.

Pendant son séjour dans notre île, l’équipe de François Truffaut concentre toute l’attention et marque les esprits. Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de côtoyer des stars comme Catherine Deneuve ou Jean-Paul Belmondo. Ce n’est pas tous les jours qu’un film se tourne sur l’île.


Un traveling vertigineux dévoile la route en Corniche


La précédente fois remonte au début des années 1960, avec « Cargo pour La Réunion » mais il s’agissait d’un film à petit budget sans acteur connu et il tomba vite dans l’oubli. En revanche, « La sirène du Mississipi » fait partie de la grande histoire du cinéma français.

Au début du film, un traveling vertigineux dévoile la route en Corniche — route du Littoral — puis, la caméra entre dans la ville de Saint-Denis. Un homme conduit une décapotable qui tourne dans la rue Alexis de Villeneuve, puis remonte la rue Juliette Dodu — on aperçoit au passage la façade du cinéma Ritz sur la gauche. Voilà maintenant la rue de la Compagnie, le monument de l’avenue de la Victoire et la rue de Paris.

La "maison de la reine" dans le film de François Truffaut : "La sirène du Mississipi".

Au numéro 2 de la rue Roland Garros


La décapotable aborde enfin le boulevard Lacaussade. Et s’arrête face à une maison de style colonial, au numéro 2 de la rue Roland Garros.

Pour les besoins du film, une enseigne a été ajoutée à la façade : « Hôtel Mascarin ».

La manière dont la caméra se rapproche de la maison et la filme, en légère contreplongée — quasiment à travers le pare-brise de la voiture qui roule — n’est pas sans évoquer l’ambiance mystérieuse du fameux manoir de « Psychose », film d’Alfred Hitchcock tourné en 1960 ; certains éléments architecturaux se répondent comme à travers un jeu de miroirs. La fascination qu’exerçait Hitchcock sur Truffaut se traduisait souvent par des hommages appuyés... ou symboliques.

Désormais, la façade est recouverte d’une bâche. La vieille bâtisse devrait faire l’objet de travaux et de "mesures conservatoires" consistant notamment en la "dépose de la façade", travaux menés sous l’égide de la DAC-OI. Est-il encore temps de sauver la maison de la reine et de la sirène ?

Sauver la maison de la reine et de la sirène


C’est donc dans cet « Hôtel Mascarin » qu’est descendu Louis Mahé, allias Jean-Paul Belmondo. La caméra ne s’attarde pas mais nous dévoile quand même une partie du jardin avec son allée rouge pastel, grâce à un plan séquence qui nous permet de pénétrer dans cette célèbre maison [voir la vidéo à la fin de l’article].

Cette villa est répertoriée dans le livre « Le Patrimoine des Communes de La Réunion » [2] et est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques sous la référence ISMH 1996.

Au plan historique, elle est restée dans la mémoire collective des Réunionnais comme « la Maison de la Reine Ranavalona » ; et la maison de la sirène. Elle risque malheureusement de disparaître du paysage si rien n’est fait pour la sauver.

Catherine Deneuve, Jean-Paul Belmondo et François Truffaut. Tournage de "La sirène du Mississipi", île de La Réunion, 1968-1969.

Plein soleil sur les docks


Outre les scènes tournées dans l’Est de l’île [notamment le mariage dans l’église de Sainte-Anne], une longue séquence se déroule au port de la Pointe-des-Galets, sur les docks.

Jean-Paul Belmondo évolue en plein soleil au milieu de la foule venue accueillir les passagers à l’arrivée du paquebot des Messageries Maritimes, « Le Mississipi ». En quelques plans, François Truffaut parvient à restituer l’atmosphère inimitable des docks de la Pointe-des-Galets.

La scène suivante se joue devant l’allée des grandes maisons, avec en arrière-plan le chenal d’entrée du port de la Pointe-des-Galets. C’est la célèbre scène de la rencontre entre Jean-Paul Belmondo et Catherine Deneuve qui tient à la main une cage avec un canari.

La rencontre entre Catherine Deneuve et Jean-Paul Belmondo, au port de la Pointe-des-Galets.

Le chignon enroulé de Catherine Deneuve


Les influences hitchcockiennes sont nombreuses dans ce film style thriller, jusqu’au chignon enroulé de Catherine Deneuve, comme une référence à celui de Kim Novak dans « Sueurs froides ».

« La sirène du Mississipi » raconte l’histoire de Louis Mahé — interprété par Jean-Paul Belmondo —, propriétaire et industriel réunionnais, qui fait appel aux petites annonces matrimoniales pour trouver l’âme sœur.

Mais lorsque la femme — interprétée par Catherine Deneuve — qu’il souhaite épouser débarque au port de la Pointe-des-Galets, les choses prennent un tour inattendu...

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François Truffaut, Jean-Paul Belmondo et Suzanne Schiffman en plein tournage de “La sirène du Mississipi” au port de la Pointe-des-Galets.

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Notes

[1Dans le titre du film, « Mississipi » est écrit avec un seul « p » car il est fait référence au nom du navire des Messageries maritimes.

[2« Le Patrimoine des Communes de La Réunion », page 225, Flohic Éditions, 2000.

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