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Madagascar

Hécatombe de dauphins... à cause d’un sonar ?

29 septembre 2013
Nathalie Valentine Legros
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Selon un rapport d’experts indépendants rendu avant-hier, l’utilisation d’un sonar à haute fréquence par le géant pétrolier américain Exxon Mobil serait à l’origine de la mort d’une centaine de dauphins, sur la côte nord-ouest de Madagascar, en 2008. Que valent quelques dauphins face à l’or noir ?

Les villageois ont tenté de sauver les dauphins épuisés. Photo : Harinjaka

En juin 2008, plusieurs dizaines de dauphins d’Electre se sont échoués dans la mangrove de la baie de « Antsohihy, au nord-ouest de Madagascar. Ils sont morts pour la grande majorité. Seuls quelques uns ont pu être sauvés, malgré leur état d’épuisement.

Le 26 septembre dernier, l’International Whaling Commission (commission internationale des baleines) a rendu public un rapport réalisé par des scientifiques indépendants, au sujet de cette hécatombe.

Est pointée du doigt la compagnie pétrolière et gazière américaine, « Exxon Mobil » (chiffre d’affaire en 2012 : 452 926 de dollars), qui effectuait alors des manoeuvres et des relevés dans la région, à des fins de prospection pétrolière sous-marine. Le sonar à haute fréquence utilisé par Exxon Mobil pourrait avoir perturbé le sens d’orientation des dauphins et bien être à l’origine de la mort d’une centaine d’entre eux.

Les dauphins désorientés sont remontés dans les bras de la mangrove. Peu ont survécu. Photo : Tim Collins, sur le site de la Commission internationale des baleines.

Le géant pétrolier américain met pour sa part en cause les termes et les conclusions de ce rapport, arguant du « manque d’informations au moment du déploiement des secours en 2008 ». Le porte-parole d’Exxon Mobil précise : « plusieurs incertitudes et un manque de données clés limitent la capacité de faire une analyse complète des causes de l’échouage ».

De son côté, Oceana [1] a souligné dans un communiqué le lien direct « pour la première fois établi entre l’utilisation de ces sonars et la mort d’animaux marins », rappelant au passage que les Etats-Unis envisagent d’autoriser « l’utilisation du même système voire plus puissant dans l’Atlantique le long de la côte du Delaware à la Floride pour la prospection pétrolière ».

Dauphins d’Electre on http://cetaces.e-monsite.com/

Selon ce rapport, il s’agit là du « premier échouage massif de mammifères marins qui puisse être étroitement associé à des relevé cartographiques avec des sonars à haute fréquence ». Afin de ne pas prêter le flanc à la critique, les experts précisent que « cette absence de précédent ne permet pas d’exclure la possibilité que ce sonar ait pu jouer un rôle dans cet événement car des échouages précédents n’ont peut-être pas été détectés faute d’avoir mené des enquêtes sérieuses ».

Mais que valent quelques dauphins face à l’or noir ? Vèy in pé lo monde kel manièr la po tourné !

Nathalie Valentine Legros

Extraits du rapport publié par la Commission internationale des baleines

Echo-sondeur multi-faisceaux : la cause la plus plausible

En mai et juin 2008, une centaine de dauphins d’Electre (Peponocephala electra),
après avoir quitté durablement leur habitat naturel, se sont échoués dans le système lagunaire de Loza, sur la côte nord ouest de Madagascar. C’est, pour ces cétacés de pleine mer, un comportement très inhabituel : ils n’avaient jamais été vus auparavant, ni par la suite, dans les eaux peu profondes de ce système estuarien à régime de marée, ni dans d’autres systèmes estuariens à Madagascar, bien que l’échouage de cette espèce sur les hauts fonds des échancrures de la côte aie déjà été rapporté. (...)

Plusieurs années après, un protocole formel d’enquête sur les faits relatifs à cet échouage a été mis en place. Un partenariat entre les organisations qui sont alors intervenues s’est constitué, comprenant notamment la Commission baleinière internationale (CBI) et les agences fédérales américaines expertes intéressée par le phénomène. L’action a été entreprise et conduite en collaboration directe avec le gouvernement de Madagascar. Un comité d’experts scientifiques indépendant (Independant Scientific Review Panel - ISRP) a examiné les analyses et toutes les données par ailleurs disponibles. (...)

Echouage massif étroitement associé à (...) des sonars à haute fréquence

Le comité a cependant retenu comme cause possible l’action d’un système écho-sondeur multi-faisceaux (Multi Beam Echosounder System - MBES) d’une puissance de 12kHz, opéré par intermittence par un navire de recherche se déplaçant vers le sud le long du bord du plateau continental, à environ 65 km au large du premier lieu connu d’échouage, la veille de l’événement. L’ISRP a jugé que l’action du MBES était la cause la plus plausible ayant incité les cétacés à pénétrer dans un premier temps dans le système lagunaire. (...)

C’est le premier échouage massif de mammifères marins qui puisse être étroitement associé à des levés cartographiques avec des sonars à haute fréquence. Mais cette absence de précédent ne permet pas d’exclure la possibilité que les MBES aient pu jouer un rôle dans cet événement. Des échouages précédents n’ont peut-être pas été détectés, faute d’avoir mené des enquêtes sérieuses.

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
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Notes

[1ONG internationale pour la préservation des océans

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