Categories

7 au hasard 24 mars : Maryline Mélenchon : « qu’on me laisse en paix » ! - 16 avril 2015 : Le 14 juillet, La Réunion a rendez-vous avec Pluton ! - 20 septembre 2013 : Vollard raconte Lépervanche... et réciproquement - 9 novembre : Des robes de mariée pour rendre les promesses (3) - 5 février 2015 : Lechat grafine le clan Lagourgue - 3 mars 2016 : Puissant séisme au large de Sumatra, océan Indien - 28 janvier 2016 : Maloya pour « briser l’indifférence des murs » ? - 19 janvier 2015 : C’est criminel : la loi Macron facilitera les licenciements ! - 5 août 2013 : Bali : l’électricité au secours du corail - 27 janvier 2014 : SIB : les salariés flairent la « magouille »… -

Accueil > Océan Indien > Harlem : Andy Razaf était l’âme malgache du jazz (7)

Les flamboyants de l’exil (7)

Harlem : Andy Razaf était l’âme malgache du jazz (7)

16 décembre 2017
Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

Un grand-père maternel esclave dans le Missouri puis consul à Madagascar. Une grand-mère paternelle au destin royal contrarié, morte exilée en Algérie. Un père tué par les troupes françaises lors de l’invasion de Madagascar. Une jeune mère de 15 ans, veuve, qui se réfugie aux États-Unis. La vie d’Andy Razaf commence le 16 décembre 1895 dans le fracas de l’esclavage et du colonialisme. Et pourtant... « In the mood », vous connaissez ? Paroles d’Andy Razaf ! À suivre...

Andy Razaf

Une saga entre Madagascar et les États-Unis


« Razaf... Razaf... J’ai déjà vu ce nom-là ». L’amateur de jazz plonge dans sa cantine en fer où sont rangés les précieux vinyles et brandit une pochette dorée et rouge : « Louis Armstrong for ever », 1972. Une pépite.

33 tours et la magie du diamant sur le sillon réveille l’exubérance de la trompette et de la voix de Satchmo. 3 minutes et 21 secondes de pur bonheur : « Ain’t misbehavin’ », un standard du jazz. Au dos de la pochette, le collectionneur pointe du doigt la mention entre parenthèses à côté du titre : (Razaf, Waller, Brooks).

Andy Razaf, Thomas « Fats » Waller, Harry Brooks. Celui qui nous intéresse précisément, c’est Andy Razaf, de son vrai nom Andriamanantena Paul Razafinkarefo. Son histoire prend sa source dans le 19ème siècle, entre Madagascar et les États-Unis. Entre une famille de lignée royale malgache et une famille de descendants d’esclaves du Missouri (USA).

Image de fond : balestra-art.

Icône de l’âge d’or du jazz


« Honeysuckle Rose », 1929, paroles d’Andy Razaf. « Stompin’at the Savoy », 1936, paroles d’Andy Razaf. « In the mood », 1937, paroles d’Andy Razaf. « Ain’t Misbehavin’ », paroles d’Andy Razaf... Que des « grands classiques » du jazz américain.

À ces quelques titres devenus des monuments, on peut ajouter plus de 200 textes qui sont attribués à Andy Razaf par le « Hall of Fame » — sorte de Panthéon — des paroliers de jazz. Au total, Andy Razaf aurait écrit plus de 800 textes dont beaucoup inédits... et il arrive fréquemment que son nom ne soit pas crédité sur les pochettes ou les affiches.

Petite revue de presse spéciale Andy Razaf : « un des plus grands paroliers de jazz des années 30 », « Prince (ou Duc) de Madagascar », « précurseur », « lyriste noir le plus prolifique de la musique populaire du XXe siècle », « icône de l’âge d’or du jazz aux Etats-Unis », « un des plus grands auteurs compositeurs de l’histoire du showbiz américain », « un des acteurs majeurs des années folles du jazz aux États-Unis »...

Andy Razaf.

Ella Fitzgerald / Louis Armstrong / Billie Holiday / Count Basie / Cab Calloway...


Ces récents hommages de la presse spécialisée et internationale font écho, 80 ans plus tard, à l’engouement rapporté par le magazine « Variety » qui en 1936 révélait que les œuvres d’Andy Razaf avaient été jouées 20.836 fois à la radio.

Mais Andy Razaf était frappé par cette « malédiction » qui voue les paroliers aux seconds rôles et les condamne à l’ombre — même lorsque leurs œuvres sont sur toutes les lèvres et passent en boucle à la radio — tandis que les interprètes s’épanouissent sous les feux de la rampe. D’ailleurs, les droits d’auteur ne permettront à Andy Razaf que de vivre à peine décemment...

Il avait certes accroché son pseudo aux côtés des plus grands noms du jazz américain : Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Benny Goodman, Billie Holiday, Count Basie, Eubie Blake, Sarah Vaughan, Glenn Miller, Joe Garland, Cab Calloway... et bien-sûr son comparse « Fats » Waller. Par ailleurs, ses œuvres, pour la plupart, servent de référence dans les manuels d’apprentissage de jazz ; « nombre de ses compositions ont été récompensées par le « Grammy Award » et certains de ses titres ont figuré au top du “US Billboard” », précise le site popmuse.mg...

Andy Razaf.

Jennie Maria Waller, veuve et mère à 15 ans


C’est pourtant dans l’indifférence et l’anonymat qu’Andy Razaf, enfant de Harlem, poète engagé et génie méconnu, journaliste militant et parolier de talent, descendant de la famille royale de Madagascar par son père et d’une famille d’esclaves des USA par sa mère, meurt le 3 février 1973 à Hollywood.

Mais remontons aux sources de cette histoire... Le 16 décembre 1895, Jennie Maria Waller [1], 15 ans, veuve depuis quelques semaines de Henri Razafinkarefo, donne naissance à un garçon qui grandira dans Harlem et deviendra l’un des plus grands paroliers de jazz des années 30.

À suivre : Les flamboyants de l’exil, épisode 8 :
« Andy Razaf, jazzman au destin cabossé »

Nathalie Valentine Legros et Geoffroy Géraud Legros


À lire aussi :







Orientations bibliographiques
• jazzagemusic.blogspot.com • songbook1.wordpress.com • blogdemadagascar.com • agir.avec.madagascar.over-blog.com • geneanet.org • radama.free • inmotionaame.org • lecitoyen.mg • jittrbug.net • mericanhistory.si.edu • Archives privées •

Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros

Chroniques réunionnaises à quatre mains, avec Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros.

Notes

[1Fille de John Lewis Waller — sans lien de parenté avec la famille de « Fats » Waller — (1850-1907).

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter