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Crise portuaire

Dockers : « Ce n’est pas nous qui paralysons l’économie »

13 mai 2013
7 Lames la Mer
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Le face-à-face est plus tendu que jamais entre la direction du GIE « SERMAT » et les dockers, après l’échec des négociations tenues ce lundi 13 mai.

1er mai 2012, Saint-Pierre. La CGTR Ports & Docks.

Deux visions radicalement opposées de l’emploi s’affrontent sur le port. D’un côté, les dirigeants des sociétés qui composent le GIE « Sermat » annoncent le licenciement de 19 des 43 salariés, invoquant la « baisse d’activités » de port-Réunion. De l’autre, les syndicats qui dénoncent l’utilisation « prédatrice » de la défiscalisation par le patronat portuaire... et proposent de transférer aux travailleurs réunionnais les tâches d’entretien des chariots cavaliers, confiés à la société finlandaise « Kalmar ».

« Racisme »

Des syndicalistes qui n’ont visiblement pas apprécié d’être qualifiés de « racistes » après avoir plaidé pour l’embauche locale… Le reproche porte notamment sur la distribution des tâches et des responsabilités, « inégales », affirme-t-on du côté des syndicats. « On crie misère, on parle de restructuration. Alors que l’argent de la défiscalisation a été empoché, qu’il devait servir à combler le déficit de formation à La Réunion. Alors que ces dernières années, des gens sont venus ici, pour accomplir des tâches que nous pouvons, nous, accomplir. Des tâches qui ont été confiées à la société Kalmar, avec mise à disposition des travailleurs réunionnais, s’il vous plaît. Alors maintenant, on prend l’argent et on vire les salariés ? Pourquoi mettre le Réunionnais dehors ? C’est toujours le même prétexte : on n’est jamais considérés comme qualifiés même lorsqu’on est qualifiés. On parle de chômage, et on fait venir des gens de dehors. On en a marre ! On nous parle de licencier 19 membres du personnel, c’est-à-dire, de casser la société, car qu’est-ce qu’il restera ? Et dans quel but ? », s’interroge Danio Ricquebourg, de la Fédération Ports et docks (CGTR).

Transparence exigée

« Faire disparaître la société, n’est-ce pas pour faire disparaître des comptes, des documents compromettants ? Je le dis aux responsables, qui voudraient aller devant le Tribunal de Commerce : attention, cela pourrait bien se terminer devant un autre tribunal ». Les dockers se défendent de l’accusation de blocage. « Qui peut dire que nous bloquons ? Pendant 7 jours, le patronat n’a strictement rien fait. Ils refusent le dialogue social. Ils ont laissé pourrir la situation. C’est le patronat qui a laissé le conflit s’envenimer. Ce n’est pas nous qui paralysons l’économie ». Les grévistes exigent la transparence et demandent à pouvoir consulter les livres de comptes. Seront-ils entendus ? Réponse lors de la prochaine réunion de travail, qui se tiendra demain après-midi…

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