Categories

7 au hasard 12 novembre 2015 : Institutions culturelles : la stratégie du coucou - 24 mai 2014 : Kisa va koz pou la Terre ? Azot mèm ! - 26 février 2015 : Coma circulatoire : l’épicentre est à Sainte-Marie - 18 août 2014 : Monsieur le Président... alerte sur les dangers de la Nouvelle Route du Littoral ! - 7 octobre 2014 : Geeks : X-Prize lance un défi à 12 millions contre l’illettrisme - 3 mars 2016 : Les hommes de la caverne... Exilés ou Français ? - 20 décembre 2015 : Liberté métisse, bière dodo et Johnnie Platinum - 19 août 2015 : Et si l’on changeait la fin de l’histoire des Salines ? - 19 novembre 2013 : Les très riches, une minorité opprimée - 4 juin 2014 : Prison J. Dodu : « nous dénonçons un crime culturel » -

Accueil > Lames de fond > Péï oublié > La troisième personne

La troisième personne

28 avril 2012
Nathalie Valentine Legros
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

Jamais regarder dans les yeux. Jamais faire face. Etre une ombre dans l’ombre des autres. Nous n’existe pas. Pas plus que je. Une vie sans nous ni je. Une enfance sans jeux. Sans eux. Une vie à servir elles et ils. Eux. C’est toute l’histoire d’Elle.

Elle a existé (enfant).
Photo : collection privée NVL.

Lorsqu’Elle ouvre la bouche, c’est pour avaler à la sauvette, dans un recoin de la cuisine, les restes laissés par eux ; ou alors c’est pour parler à la troisième personne quand eux lui posent une question.

Parler à la troisième personne comme on parle d’une absente. D’une autre. De celle qui n’existe qu’aux yeux des autres : Elle, la servante, la nounou, le porte-manteau à qui l’on ne dit pas bonjour, le buffet dont on n’oublie pas de déguster la cuisine, la commode qui lave et repasse le linge, le fauteuil sur lequel on se repose.

C’est toute l’histoire d’Elle. Une histoire sans je.

Une histoire sans nous. Loin de nous. Pas si loin.

Elle a existé. Je l’ai rencontrée. Elle est morte il y a une vingtaine d’années, 140 ans après 1848. Elle a traversé la vie sans bruit.

Et si je n’étais là que pour témoigner de l’existence d’Elle ?

Je me porte témoin devant vous, devant eux, devant nous : Elle n’est pas une invention ni une intuition. Elle était une femme de chair et de sang, fille de personne et de nulle part, née ici, en terre cernée d’eau dont on ne s’évade pas.

Nathalie Valentine Legros
Avril 2009

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
Twitter, Google+.

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter