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7 i yème - 7 aime Teddy Iafare-Gangama

« Aou, amoin, anou, Ansanm »*

17 avril 2013
Nathalie Valentine Legros
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Dans le paysage culturel réunionnais, Teddy Iafare-Gangama est une figure incontournable... et inclassable ! Touche-à-tout, et surtout à tout ce qui touche La Réunion. Auteur de pièces de théâtre et de contes, poète, performeur, animateur d’ateliers d’écriture, fervent défenseur de la créolisation, organisateur de festival, fonnkézèr et fonnteksèr, rimayèr, traducteur, parabolèr, musicien et kaïanmbèr, kabarèr, débroussailleur... 7Lame’slam’er aime ce slameur !

Dovan la boutik Mme Harry...

7 i yème - 7 aime Teddy Iafare-Gangama ! Alé di partou... A ceux qui nous taxerons de céder au « mainstream », nous répondrons : tout ce qui est réunionnais nous intéresse. Et de surcroît, dans le champ culturel réunionnais, tout ce qui est « pro-créolisation » retient notre attention. 7 Lames la Mer adhère à la formule poétique de Teddy Iafare-Gangama lorsqu’il écrit : « Aou, amoin, anou, Ansanm » [1], revendiquant par là même, dans un texte en forme de déclaration d’amour, une solidarité réunionnaise sous-jacente qui se dévoile à la faveur d’une seconde lecture. Solidarité réunionnaise trop souvent mise à mal dans le glissement brutal de notre société d’une économie rurale vers une mondialisation aux effets décervelés et décervelants.

Outre un sourire généreux, on apprécie, chez ce militant de la Réunionnité, son tournéviré, sa manière d’occuper le paysage culturel et médiatique, empreinte de discrétion, de dalonage, de poésie, de couleurs, de musique, de saveurs. Comme un Petit Poucet qui sèmerait des mots pour toujours retrouver son shomin galizé. Une chose est certaine : plutôt que de choisir une discipline artistique et de s’y astreindre, Teddy a choisi de ne pas choisir. Ou plutôt a-t-il choisi d’interroger chaque discipline, dans une quête entêtée : celle de l’île sublimée, fantasmée, espace en « voix » de disparition... « Fé dokimantèr touristik va vann nout lotantisité (…) Boush nout zié sanm in sanblan d’fèt la liberté », écrit-il dans le texte « Silence d’exploitation ».

Teddy Iafare-Gangama et Alex Sorres, à Nelson Mandela House, Soweto.

C’est dans sa volonté de revisiter l’étrange alchimie de la relation « spectateur-artiste » que Teddy Iafare-Gangama excelle. Vous le croiserez tant dans un kabar-la-tèr que dans un salon consacré à la littérature, sur les podium pays et les scènes officielles, dans les cours, à la radio, à Soweto. Et toujours avec la même envie de partager. De dire et d’entendre.

Il est né le 12 novembre 1974 à La Réunion, précise son dossier de presse. « Depui mon nésans moin lé dan lopozision », glisse-t-il entre deux vers, dans un poème intitulé « M’i port ». Une enfance partagée entre l’Eperon chez ses grands-parents et Saint-Denis, sa ville natale. « Jusqu’à son adolescence, il vit les nombreuses et flagrantes différences qui existent entre ces deux mondes ruraux et urbains. Après dix années à travailler dans le tourisme et toujours dans l’observation de cette Réunion qui bouge à grande vitesse, ce n’est qu’en 2003, après une Licence de Créoles et surtout à la naissance de sa fille qu’il se met à écrire. »

Cette « Réunion qui bouge à grande vitesse », il la décrit dans « Aterla », texte de juin 2012... « Domin / Nora pi mon dé galé, banna fine pous oloin / Va défann amoin pasé, la rièl sar fine shomin / Loto ziska va kraz mon pié, va bord amoin dann in koin »... « Aterla / Moin té i pran lo tan / Moin navé lo tan / Moin lété dan l’tan / Aterla »

L’actualité de Teddy Iafare-Gangama, c’est aujourd’hui une série de résidences avec son groupe. A la Fabrik, au Palaxa et à Léspas Leconte de Lisle. Afin de créer et de diffuser un spectacle inspiré de l’album « Isi Anndan ». Au menu : scénographie, mise en scène, création vidéo et expérimentation de nouveaux titres. Spectacle son et lumière, musique et fonnkèr ! « La volonté de l’artiste est de faire évoluer la forme concert déjà existante en un spectacle musical ayant une dimension théâtrale avec discours lumière et mise en abîme des textes dans un espace propice au réveil des sens », explique-t-on dans le dossier de presse.

Une « sacrée résidence », selon Teddy, qui précise sur un célèbre réseau social : « mise à l’épreuve de tes nerfs, de ton sens de l’organisation, de tes compétences en gestion des ressources humaines, de tes capacités à rebondir, de ton aptitude à te foutre tout nu, à l’envers et te tordre dans tous les sens pour chercher tes tripes tout en acceptant de te faire critiquer... Développement de questions du genre "purée, pourquoi j’ai choisi de me faire du mal comme ça ?" Observation de ton potentiel à digérer de nouveau, de revivre et faire revivre tes textes durs, écrits il y a si longtemps que tu pensais en avoir oublié la teneur. Te redécouvrir papa, amant, homme, enfant, témoin, victime, diseur, chuchoteur, déclameur tout en tentant de rester dans tout ça, rien qu’un artiste »...

Nathalie Valentine Legros

Teddy Iafare-Gangama, côté scène... Concerts !

Au Kabardock. A l’occasion des 10 ans des éditions K’A.

• 20 avril à 20h : Le Palaxa, Saint-Denis.
• 26 avril à 20h : Léspas Leconte de Lisle, Saint-Paul.
• 15 juin à 20h : Les Pot’irons, Saint-Denis.
• 7 septembre : salle Guy Alphonsine, Saint-André.
• 25>29 octobre : carte blanche à Teddy Iafare-Gangama, salle Vladimir Canter, Saint-Denis.

Teddy Iafare-Gangama, côté livre... Papiers !

• 2012  : « Les Ogres de Barbara », conte, Lédision ZAMALAK, La Réunion. • 2011 : « Isi Anndan », recueil de fonnkèr, Lédision ZAMALAK, La Réunion. • 2010 : « Lucky Luke, Billy the Kid, lo Dézordèr », traduction, Epsilon Editions, La Réunion. « Lo Pti Spirou, Sa pou ou mème nou fé sa », traduction, Epsilon Editions, La Réunion. • 2009 : « Kozmandkèr mon kozmandkèr », « M’i port », « Mon dégingn », Rougay lo mo, Editions K’A, Ille-sur-Têt. « Si ou té in frui », recueil de fonnkèr, Lédision ZAMALAK, La Réunion. « En ville », fonnkèr, texte-affiche, Lédision ZAMALAK, La Réunion. « Lucky Luke, la vil Dalton », traduction, Epsilon Editions, La Réunion. « Tigouya, lo margouya té i vé alé voir la mèr », conte, Epsilon Editions, La Réunion. « Lo Pti Spirou, Bin koué ou la pou fé ? », traduction, Epsilon Editions, La Réunion. « Zamal Game », théâtre, Lédision ZAMALAK, La Réunion. • 2008 : « Écrire le maloya, un discours du ressassement », revue Francofonia n°53, les littératures réunionnaises, Université de Bologne. « Kozmandkèr mon kozmandkèr », Enfant de la lune, Tousala, Zanzibar, fonnkèr, Rimeurs slameurs et autres rencontres, UDIR, La Réunion. « Koudkongn mon kèr », fonnkèr, revue Kivi n°1, La Réunion.
• 2007 : « Pars », Kwélafé n°28, Leu Tempo Festival, De l’aire !, La Réunion. « Lire et écrire en créole, des difficultés rencontrées entre textes poétiques et journalistiques » ; l’expérience de Nout Lang, revue Expressions, IUFM de La Réunion.• 2006 : « Kozmandkèr mon kozmandkèr », Nout Lang n°12, 20 désanm, La Réunion. « Dolo, fonnkèr », commande de la DRAC contre le chikungunya, La Réunion. « Dékolonant pa nou », fonntèks (livre-poème), auto-édition, La Réunion. « Avan, Atizër lo mo », fonnkèr, Nout Lang n°13, Sïperstision, movézam, kroiyans, bébèt, La Réunion. « Anatopie », fonnkèr, Akoz n°26, Tir malol dann zié, la chanson engagée à La Réunion.• 2005 : « In voiyaz zistoir, Le tifiy ki té i gingn pa rakont zistoir, Zistoir Ti Gouya », contes, Nout Lang n°11, Fé in kont ansanm Sominn kréol 2005, La Réunion.

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
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Notes

[1« *Aou, amoin, anou, Ansanm » (Toi, moi, nous, ensemble), extrait de « Mon dégingn » (4mé 2008), publié dans « Rougay lo mo », aux éditions K’A d’André Robèr.

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