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Environnement

Réchauffement climatique : la mer meurt à petit feu

12 novembre 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Le réchauffement climatique accélère, dans les océans, la prolifération des « zones mortes » créées par la pollution, affirme une étude publiée lundi. Un phénomène qui affecte aussi l’océan Indien.

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Photo : Chesapeakbay.net

Zone morte : encore trop peu connu du grand public, le terme désigne les aires océaniques dites hypoxiques — c’est-à-dire, où la concentration de dioxygène tombe en-deçà des 2 milligrammes par litre d’eau.

Une dégradation des eaux qui compromet, ou empêche la vie de la plupart des espèces de poissons et de crustacés. Le nombre et la surface de ces « zones mortes » ne cessent de croître depuis un demi-siècle.

La planète compterait aujourd’hui entre 400 et 500 zones mortes — dont une située dans le périmètre Réunion-Maurice (voir carte). Elles couvriraient désormais près de 250.000 km2.

Les zones mortes ont préexisté à l’ère industrielle : des crues ou des incendies entraînant une érosion massive des sols ont ainsi pu être à l’origine d’une raréfaction du dioxygène dans certaines zones marines.

Tout indique, en revanche, que c’est l’activité humaine — et singulièrement, l’usage des fertilisants — qui est à l’origine de la prolifération de ces espaces sans vie depuis la décennie 1960.

Le phénomène sera aggravé par le réchauffement climatique, rapporte une étude présentée ce lundi par la revue « Global Change Biology ». Sous l’égide du Smithonian Institute, les chercheurs A. Altieri (Université du Panama) et Keryn Gedan (Université du Maryland) ont examiné près de 400 zones mortes dans lesquelles l’apport de phosphore et de nitrates, utilisés par l’agriculture intensive, stimule la croissance d’algues, dont la décomposition épuise l’oxygène.

Outre la raréfaction de l’oxygène, moins présent dans les eaux chaudes, la montée des océans détruira les zones marécageuses, qui « filtrent » les nutriants issus de l’agriculture à l’origine des « zones mortes ».

En 2011, une étude avait mis en évidence une réduction de la « zone morte » de Chesapeake (Golfe du Mexique) suite à l’introduction de mesures restreignant l’usage des engrais.

Imposées par l’EPA (Environmental Protection Agency)), ces mesures restrictives étaient été jugées « agressives » par les élus Républicains et les lobbies agricoles.

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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