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Mort de Jean-Marie Pirot

Pirot rejoint Peters au paradis

16 juin 2017
Nathalie Valentine Legros
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Il était aux manettes pour l’enregistrement mythique de la cassette « Mangé pou le cœur » éditée par Village Titan et Alain Gili en 1983. Petersien dans l’âme, Jean-Marie Pirot nous a quittés. Hommage à cet artiste qui a contribué à l’une des grandes pages de la musique réunionnaise et qui alliait humour et pudeur.

Jean-Marie Pirot (1947-2017). Source photo facebook.

« C’était l’époque des salons de bal... »


Jean-Marie Pirot est mort à 70 ans. Cet artiste tout en discrétion a signé les mythiques enregistrements d’Alain Peters dans les années 80, grâce aux initiatives de Village Titan (Alain Séraphine) et de l’ADER [1] (Alain Gili).

Originaire de la Champagne-Ardenne, Jean-Marie Pirot est né le 1er mars 1947. Il débarque à La Réunion en 1971, à 24 ans, comme Volontaire à l’Aide Technique (VAT). Il a mené une carrière d’enseignant (professeur de mathématiques), mais il était surtout connu dans le monde des musiciens.

« À mon arrivée dans l’île, très rapidement je me suis intéressé à la musique locale, confiait-il en 2011, dans la vidéo de « 5 minutes à la Une ». J’ai joué dans divers petits groupes du bal du samedi soir. C’était l’époque des salons de bal. Le samedi, il y avait des soirées dans toute l’île. On jouait de tout : variétés du Top 50, ségas... Le maloya à l’époque était inconnu et n’avait pas voix au chapitre ».


Maloya-fusion : nouvelles sonorités et héritages sublimés


Blues, jazz, pop, jazz-rock, chanson française... La Réunion !

Il aimait Georges Brassens, Carlos Santana, Éric Clapton, B.B. King, Graeme Allwright, ZZ Top, Barbara, Julos Beaucarne, John Lee Hooker, Charles Trénet, Johnny Hallyday, Amy Winehouse, Janis Joplin, Alicia Keys, Ray Charles, Henri Salvador, Gene Vincent, Eddie Cochran...

Son parcours artistique sera marqué par une rencontre : Alain Peters. Et il participera à ses côtés, au cœur des fascinantes années 1970-1980 [2], à la naissance du « maloya-fusion », dans une ambiance de créativité débridée, d’expériences de toutes sortes, sur fond de bohème. Un tourbillon artistique qui verra la musique réunionnaise aborder de nouvelles sonorités tout en sublimant les héritages et les influences extérieures.

Jean-Marie Pirot. Source photo facebook.

« Certains ont plein de bagnoles. Moi, j’ai plein de guitares »


Sa première guitare : un « morceau de bois » travaillé par un menuisier.
Sa deuxième guitare : une Fender. Il disait en riant : « certains ont plein de bagnoles. Moi, j’ai plein de guitares ».
Son « groupe phare » : les Rolling Stones.
Son idole : Pierre Perret.

« Je me souviens d’un bal à la Ravine des Cabris, racontait Jean-Marie Pirot. Il y avait de belles jeunes filles qui étaient là mais en général pour inviter une fille à danser, il fallait d’abord obtenir l’autorisation de la maman qui veillait ».

Pirot rejoint donc Peters au paradis. Le chant des anges créoles sera désormais gravé sur le sillon de l’éternité.

Nathalie Valentine Legros
Merci à Franck Schwebel, petersien, amoureux de la musique réunionnaise

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
Twitter, Google+.

Notes

[1Association des écrivains réunionnais

[2À ce sujet, signalons la sortie chez le label londonien « Strut Records » d’une compilation relative à cette époque : « Oté Maloya ». Réalisée par les deux DJ de « La Basse Tropicale », DJ KonsöLe (Antoine Tichon) et DJ Natty Hô (Dinh Nguyen), cette compilation exhume 19 « maloya-fusion », en partenariat avec « 7 Lames la Mer ».

"Oté Maloya", disponible en CD, 2LP et en téléchargement sur les sites spécialisés habituels.

Commercialisation :

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