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Histoire d’une photo

La femme poussière vivait dans la peur depuis le 11 septembre

24 août 2019
7 Lames la Mer
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11 septembre 2001. Cette silhouette recouverte d’une épaisse couche de poussière, figée dans son élan sous une étrange lumière jaune par le photographe de l’AFP, Stan Honda, vous l’avez vue et revue. Ses yeux hagards disent l’effroi. Telle une statue de cendre. Vous ne connaissez ni son nom, ni son âge, ni son histoire. Marcy Borders est morte le 24 août 2015 à 42 ans, « sans soutien psychologique ni financier ».

Marcy Borders, 28 ans, rescapée, le 11 septembre 2001. Cette photo prise par Stan Honda (AFP) symbolise les attentats du World Trade Center.

Marcy Borders est telle une statue


C’est la photo la plus emblématique des attentats du 11 septembre 2001, à part les images des avions percutant les tours. Vous l’avez vue cette photo. La photo de Marcy Borders recouverte d’une épaisse couche de poussière jaune alors qu’elle vient d’échapper à l’enfer du World Trade Center.

C’est une photo mystérieuse qui incarne la violence et la terreur pour les transcender en une oeuvre artistique dont la beauté est à couper le souffle. Comment mettre des mots sur cet instant volé ? Marcy Borders est telle une statue. Hors du temps. Debout. Une statue de sel...

Elle avance mais ne sait plus où aller. Sa main gauche se tend comme pour demander quelque chose, figée dans son mouvement. Sa bouche est ouverte pour tenter de trouver la surface de l’air. Respirer. Elle ne voit pas le photographe même si elle regarde dans sa direction. Elle ne sait pas qu’elle est photographiée. Quelques jours plus tard, sa mère lui montre la photo publiée dans la presse. Marcy Borders découvre alors la « Dust Lady » [1], cette image d’elle-même qui la poursuivra jusqu’à la mort... Elle ne voulait pas être cette Dust Lady. Elle voulait être juste Marcy Borders.


Visage de poussière à jamais gravé dans les mémoires


Mais, dans sa tête, elle savait qu’il y avait toujours cette seconde peau de poussière qui ne la quittait pas...

Cette photo fait le tour du monde et sort Marcy Bordes — qui a alors 28 ans — de l’anonymat. Mais Marcy ne devient pas pour autant « célèbre » : son vrai visage est inconnu du grand public ; son nom et son histoire aussi. C’est son visage de poussière qui est désormais à jamais gravé dans les mémoires.

Marcy, quant à elle, retournera dans son anonymat et plongera dans la dépression : chômage, alcool, drogue, psychose. Jusqu’à la mort qui l’a rattrapée, le 24 août 2015, sous la forme d’un cancer de l’estomac dont elle pensait qu’il était la conséquence directe des poussières et émanations toxiques qu’elle avait respirées ce 11 septembre 2001.

Marcy Borders, telle que vous ne l’aviez jamais vue... Source : News Limited

La « Dust Lady » vivait dans la peur


Elle s’appelait Marcy Borders et avait 28 ans le 11 septembre 2001 lorsque deux avions percutent les Twin Towers du World Trade Center à New York. Marcy est une rescapée. Elle travaille depuis un mois pour la Bank Of America dans une des deux tours. Ce jour-là, elle est au 81ème étage, devant la photocopieuse lorsque l’avion percute la tour. Elle réussit à s’enfuir. Puis guidée par un inconnu, elle trouve refuge dans un immeuble voisin et c’est là que le photographe Stan Honda réalise cet incroyable cliché.

La « Dust Lady », telle qu’elle était surnommée, vivait depuis dans la peur et sortait peu de chez elle. Un modeste appartement situé non loin de Ground Zero. En 2012, elle déclarait à un journaliste essayer de s’en sortir « sans soutien psychologique ni financier ».

Mais quel est ce pays qui a abandonné ainsi une femme rescapée de l’horreur ?

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Notes

[1femme poussière

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