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Vu au théâtre

Les particules élémentaires

17 mai 2014
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6 mai 2014. Enfin, après 10 ans de labeur acharné, la victoire finale de l’importation culturelle est proche. Les créateurs locaux sont par terre, bien fait pour eux. On maintient sur le feu quelques spectacles amateurs, histoire de montrer que la création locale est nulle et on monte en épingle des naïvetés pour bien se planter à Paris. Le préfet en rigole encore.

Photo Simon Gosselin

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Et nous on va assister aux « particules élémentaires » au théâtre de champ Fleuri parce que, comme dit mon voisin zoreil : « je gagne plus qu’en France et le théâtre ici c’est moins cher ». Il faut ajouter qu’il économise un billet d’avion. En plus on trouve des places facilement. Plus le spectacle est bon, plus on trouve de places à Champ Fleuri. La victoire est trop belle. Les Réunionnais sont des ânes, cqfd. Ronronnant de satisfaction le préfet a bien dormi cette nuit, Didier Robert, Nassimah Dindar, Gilbert Annette aussi.

Tout va bien, dormez citoyens, on est gouvernés. De toute façon on ne les croisera pas au théâtre, ceux-là. Trop occupés ! Mais revenons à nos moutons, profitons de l’aubaine, alon sanfléri ! Ne gâchons pas notre plaisir : Les particules élémentaires de Houellebecq. Une bonne surprise, les comédiens se démènent sur scène, ça fait jeune, moderne.

Le décor ? Un vaste espace avec des praticables Samia sans habillage, pas cher, du mobilier « mon loft dans le XXème », il y a de la musique en live, bien, avec de l’orgue et des guitares électriques. On nous fait croire que ce sera trop fort et le chargé de com du spectacle nous distribue des boules Quies.

Bon le coup des boules Quies à l’entrée d’un spectacle, on l’a déjà fait à Run dragster. Je m’en fiche, je suis déjà sourd pour avoir abusé du rock et de l’élektro. Le plus simple, à mon avis, aurait été de baisser le son. Trop fastoche. Alors virez les boules Quies. A bas le cliché et l’anecdotique. Heureusement les filles sont sexy et à poil de temps en temps, comme dans toute mise en scène contemporaine qui se respecte, les garçons aussi, pour les gays du petit milieu.

Photo Simon Gosselin

Tout cela a l’air bien moderne, les inspecteurs du ministère ont-ils enfin trouvé en Julien Gosselin leur Ostermeyer ? Ça sent la future direction de centre dramatique. C’est vrai, quoi, on en avait marre du gendre à Jack Lang ! On ne s’ennuie pas, ça roule. D’excellents jeunes acteurs tous blancs d’origine européenne qui s’amusent, nous amusent et ne se prennent pas la tête. Un conseil au metteur en scène : Inutile de nous monter en filigrane Houellebecq dans sa parka pourrie. On connait. Passons sur un spectacle qui est formaté comme les autres : un qui joue des textes qui n’ont rien à voir, des romans par exemple. Ce qui fait que de nos jours, il n’y a plus de dialogues sur scène, plus de relations humaines. L’acteur se plante devant le public et débite sa partition. A côté, un autre qui débite la sienne, même leurs regards ne se croisent pas.

On a compris que dans le monde moderne l’être humain était égocentré. Bon, bien, d’accord. Et merde. Houellebecq ? Il assume clownesquement et sans honte son côté minable et sa frustration sexuelle. De là vient son succès, Houellebecq est des nôtres, il est comme nous. La soi-disant libération sexuelle est une arnaque, une supercherie. Ceux qui en ont profité — et en profitent — sont les stars, les richards et les queutards. Ils étaient déjà libérés ceux-là ! Ajoutons les hommes politiques car vous ne direz pas que dans une vraie vie Hollande aurait pécho Julie Gayet, ni Sarko Carla Bruni.

Dans cette misère, ce désastre, cette douleur perpétuelle, il faut ajouter le quotidien déprimant, le cancer et les pontages. Alors une seule solution, la science, la technologie, le clonage. Christine Boutin va se retourner dans son bénitier. Oh ! Pas bête après tout, y a qu’à créer une race supérieure ! Tiens, on a déjà entendu ça quelque part…

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