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L’étranger n’est plus

Leonard Cohen a pris son dernier train

11 novembre 2016
7 Lames la Mer
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La voix grave et lente de Leonard Cohen s’est éteinte. Mais elle vibrera de toute éternité. « But I must go on »...

C’est un long frisson. Le diamant trace le sillon sur le vinyle. Avec un léger chuintement. Et la voix de Leonard Cohen entre dans votre vie... pour ne plus en sortir.

C’est « L’étranger ». Texte lent, fascinant, énigmatique, qui court, au bord de la dépression, depuis les rives de l’enfance, peuplant l’imaginaire de quais déserts, de jockers, de brume, de portes entrouvertes, de volutes de fumée, de silhouettes indécises, de mains et d’épaules. Il finit par se mêler à un autre texte de la même atmosphère — et du même album [1] — où il est question de sirènes et de pêcheur...

« Le partisan » [2], ce chant terrible et lancinant s’élève et les paroles s’égrènent, semant dans la tête de plusieurs générations, des images qui resteront gravées à jamais et nourriront bien des chemins d’espoirs, de révoltes et de résistance.

L’évocation de ce « vieil homme dans un grenier qui pour la nuit nous a cachés » a certainement fait plus pour le souvenir de ceux qui se sont sacrifiés que tous les manuels scolaires.

Leonard Norman Cohen, 82 ans, s’en est allé rejoindre le vieil homme et Marianne [3] ce 7 novembre 2016. Et nous voilà avec au bord des lèvres, ce goût étrange de la mélancolie. Cette mélancolie qui faisait que depuis longtemps, écouter une chanson de Leonard Cohen tenait presque de l’indicible, comme une blessure toujours à vif.

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Notes

[1« Songs of Leonard Cohen », 1er album du chanteur canadien Leonard Cohen, sorti en 1967.

[2« La Complainte du partisan », chanson écrite à Londres en 1943 par Emmanuel d’Astier de La Vigerie, pour le texte, et Anna Marly, pour la musique. Chanson diffusée pour la première fois sur les ondes de la BBC à destination de la France occupée.

[3Marianne Ihlen était un amour de jeunesse pour laquelle il écrivit notamment « So long, Marianne ». Marianne Ihlen est morte en juillet 2016. Dans une bouleversante lettre, Leonard Cohen avait promis de la rejoindre vite : « Sache que je suis si près de toi que tu n’as qu’à tendre la main pour toucher la mienne ».

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