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Christine Salem au Palaxa

Le maloya-sorcier de Salem

4 novembre 2015
7 Lames la Mer
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La voix ! Christine Salem, c’est d’abord une voix venue du plus profond. Venue d’un temps ancien. Une voix sans âge, comme un héritage ancré dans le présent. Un regard clair et direct. Une belle coupe afro qui n’est pas sans rappeler celle d’Angela. Fanm-maloya. « Larg Pa lo Kor », son dernier opus, sort ce vendredi 6 novembre. Rendez-vous au Palaxa. Martel en tête, elle déclare : « J’avais envie d’aller au bout de mes envies ».

Christine Salem est une belle personne. Belle tout simplement. Belle parce qu’elle a cette générosité de la dalonerie créole. Belle parce qu’elle ne cherche ni la pose ni le meilleur angle. Elle occupe l’espace sans artifices. Sereine. Sourires et éclats de rire. Force intérieure. Telle quelle ! Sublime. Secrète. Telle qu’en elle-même. Elle irradie. Belle parce qu’elle ne passe pas par quatre chemins : elle trace ! Belle parce qu’elle a en elle une énergie fertile et qu’elle va au bout de ses envies. Belle parce qu’elle se livre et nous fait chavirer. On l’aime pour cette voix unique. On l’aime malgré ses excès et à cause de ses excès. Oui, Christine Salem est une sorcière du maloya : elle nous envoute.

On a suivi une parcelle de son parcours dans le documentaire « Maloya j’écris ton nom », réalisé par Anaïs Charles-Dominique (Tiktak production). Pas à pas. Une ligne de vie dessinée par une éternelle quête : la spiritualité. À travers sa musique, le maloya. À travers son rapport aux ancêtres. À la recherche de racines éparpillées par les heurts de l’histoire. Mais Christine Salem n’en est pas moins ancrée dans ce 21ème siècle !

« J’étais déjà en colère parce qu’on nous parlait de « nos ancêtres les Gaulois ». Puis on m’a dit : « Tu n’iras pas loin avec le maloya ». Nous sommes allés aux États-Unis. Le « New York Times » nous a classés parmi les dix meilleurs concerts de l’année. » Les fièvres et révoltes se sont métamorphosées en une ferveur mature, une force féconde. Et la voix, — la voix ! — immuable, est toujours là, puissante, torrentueuse. Cette voix nous évoquent quelques mots mis en musique par Nougaro :

Comme une Piaf au masculin
J’voudrais pouvoir chanter le bottin
Et vous r’muer les intestins
Comme une Piaf au masculin

Christine Salem peut nous chanter le bottin... Cela nous remuera les intestins.

« Je n’ai pas de « vraie » formation musicale, je ne sais pas lire la musique, je joue d’oreille, explique-t-elle. Et, quand on reste dans la tradition, on respecte instinctivement un certain nombre de choses. Alors, quand mes musiciens — qui connaissent beaucoup mieux la musique que moi — me disaient « d’habitude, on ne joue pas ça comme ça », je leur disais : « Non, on ne retourne pas là-bas, on reste ici ! »

Au terme de deux années à parcourir le monde — plus d’une centaine de concerts de l’Afrique du Sud à la Pologne, des Comores à l’Australie, du Mozambique au Canada — la reine Salem nous livre un nouvel album : « Larg Pa lo Kor », réalisé par Seb Martel. « Elle n’a pas peur de tenter de nouvelles expériences sans renier ses influences ».

C’est par Moriarty que Christine a rencontré Seb Martel, guitariste de M, Camille, Salif Keita, Bumcello, Femi Kuti, General Elektriks, Las Ondas Marteles, etc. « Il est immédiatement rentré dans le maloya », confie Christine.

« Larg Pa lo Kor » sort ce vendredi 6 novembre dans les bacs. Le soir-même, Christine Salem et le guitariste Seb Martel, seront sur la scène du Palaxa pour faire découvrir cet opus, « produit d’une liberté trouvée, radieuse, en paix avec le travail artistique accompli jusqu’ici ».

À noter en première partie : Loïc Joseph et Rouler Killer. Et « Ambians dan la kour » avec DJ KonsöLe, le consultant musique de 7 Lames la Mer.

7 Lames la Mer


Antoine Konsöle, alias DJ KonsöLe, est un passionné de musiques créoles et tropicales, de rythmes de l’Océan Indien, de l’Afrique, des Caraïbes, de l’Amérique du Sud. Collectionneur, connaisseur, il explore les arcanes des musiques indocéaniques et se distingue comme l’un des spécialistes de premier plan du séga et de ses déclinaisons insulaires. Il est président de l’association Kreolart qu’il fonde avec Arno Bazin et qui oeuvre pour la sauvegarde du patrimoine musical réunionnais.
Prochains concerts de Christine Salem
  • 7 novembre au « K » (Saint-Leu)
  • 10 novembre à « La Cabine à bulles » (Saint-Pierre)
  • 11 novembre à « La Tête dans les étoiles » (Saint-Gilles)
  • 13 novembre au « Bisik » (Saint-Benoit)

7 Lames la Mer

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