Categories

7 au hasard 1er janvier 2013 : Le roitelet de l’au-delà - 17 juin 2016 : Après Orlando, Assad est-il toujours l’ennemi principal ? - 14 janvier 2015 : « Mwin, ou, li » ou... je tue île ? - 19 janvier 2016 : Saint-Denis by night, il y a 30 ans - 17 août 2015 : Objectif Réunion : le charabia en confiance - 1er mars 2014 : Ukraine, année zéro ? - 18 mai 2016 : « Didier » like les pesticides - 24 juin 2015 : « De Bois-Blanc au Palais Royal, il y a un gouffre » - 6 septembre 2013 : Réunionnais un peuple. Akoz pa ? - 17 mai 2013 : Vie et moeurs du Mana -

Accueil > La Réunion > Economie et société > Jim Fortuné sert un « Kafé » inimitable

Musique et premier CD

Jim Fortuné sert un « Kafé » inimitable

11 décembre 2013
7 Lames la Mer
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

On a une grande tendresse pour Jim Fortuné. Son interprétation toute en émotion d’un texte de Célimène a été éclairante. Son humour l’est aussi. Comme dans la chanson « Germaine ». Son tourné-viré nous séduit parce qu’il incarne l’âme créole — une force hantée et fragile — parce qu’il reste égal en toute circonstance. Le « Kafé » qu’il nous sert aujourd’hui a un goût inimitable : cela tient de l’intime.

Jim fortuné est artiste. Musicien. Compositeur. Chanteur. Créateur... Rêveur ! Son sourire le précède et annonce la couleur. Chapeau, guitare, l’oeil facétieux, tout en discrétion et en fraternité. Les feux de la rampe ne l’éblouissent pas et le nimbent d’une chaleureuse proximité. Qu’il soit sur scène ou dans le cercle complice de la dalonnerie, dans l’arrière-cour d’une case ou sur les plateaux prestigieux, Jim Fortuné n’est pas un papillon-la-lampe : il demeure lui-même. Même intimité, même séduction toute en finesse. Même jubilation à peine dévoilée. Il est comme ça, Jim. Il ne calcule pas. Il se donne quelle que soit l’audience. Quel que soit l’enjeu. Et n’attend rien en retour. Attachant et atypique dans le paysage.

En 2010, Stéphane Deschamps, journaliste des Inrocks, ne lui trouvait « qu’un seul défaut », celui de ne pas avoir encore enregistré d’album. C’est désormais chose faite.
Accompagné par Davy Sicard, Jim Fortuné livre avec « Kafé » un album personnel, poétique et profondément créole.

C’est dans son timbre de voix qu’elle transpire d’abord, cette créolité. Un timbre particulier propre aux poètes chantant réunionnais. Il y a quelque chose d’Alain Peters et Henri Madoré chez Jim Fortuné, ce côté troubadour, chanteur de rue. Et, comme Alain Peters, le contraste entre la profondeur du propos, la poésie des textes et cette impression de nonchalance, d’« artiste malgré lui », séduit.

Cela fait plusieurs années que nous suivons Jim de loin en loin. De kabars en podiums. De soirées entre camarades en concerts millimétrés. La première émotion qu’il nous offre naît au théâtre sous les arbres du Port, avec la lune pour témoin. Son interprétation d’un texte remanié de Célimène Gaudieux est une vraie découverte artistique et émotionnelle. Cela tient de l’osmose, du miracle. Comme si celle qui se disait « infortunée créole » avait écrit ces mots pour qu’un jour Jim Fortuné les chante ! Comme si un flambeau invisible était passé de l’une à l’autre par-delà les époques. Dans cette interprétation, Jim Fortuné se met à nu. A vif, dans un étrange maillage d’impudeur et de retenue. Il redonne à Célimène un caractère étonnamment moderne. Il est comme ça Jim. Tout en générosité, drapé dans le clair-obscur de l’intimité créole. Lumière et zones d’ombre comme les ingrédients essentiels qui coulent dans la grègue et produisent un « Kafé » à l’arôme inimitable. A déguster... sans retenue.

7 Lames la Mer

Kafé
Album produit et réalisé par Davy Sicard avec le soutien des associations « lez’art d’ici » et « Kadadak » et de La Région Réunion.
Enregistré au studio Kréativ’Ar, par Jérôme Ringanadepoullé et Davy.

Jim Fortuné : chant / guitare / kayanm
Davy Sicard : Rouler / kayanm / percus additionnelles / chœurs
Georges Razafintsotra : Valiha / chœurs
Vincent Allamelou : Rouler / chœurs
Bruno Cuvelier : percussions additionnelles
Dany Latchimy : claviers
Quatuor Arsis : cordes
Tania Boristhène : voix

Titres :
Kafé / Célimène / / Bal Kador / Manmzel Katia / / Vang vangé / Séga fontaine / Les travailleurs / Grimp Aurère / Fangouni / Isourak /1848 / Germaine /

Né en 1973 au Port, Jim Fortuné a grandi dans une famille de musiciens. A 8 ans, il joue de la basse dans les meetings du PCR (parti communiste réunionnais), où il se souvient avec émotion avoir vu Thierry Gauliris aux débuts de Baster.

Première guitare à 15 ans, offerte par son frère. Immédiatement, il se met à composer et flirte avec le jazz et les sonorités latines, dont il se nourrit depuis l’âge de 12 ans. Les premiers textes arrivent aussi, presque malgré lui, porteurs déjà de cette musicalité du verbe qui fait sa particularité.

A 22 ans, il commence à fréquenter les scènes, avec son ami Patrice Chaw-Sing-Kam. Outre le jazz-maloya avec ce groupe, il s’essaie au hip-hop et ragga avec Tam Tam D Cool et rejoint Davy Sicard au sein des College Brothers en tant que percussionniste en 1996. D’autres collaborations suivent, en tant que musicien, avec le Mahorais Baco, le guitariste Alix Poulot, le groupe Ravane ou la chanteuse Nathalie Natiembé.

A partir de 1998, Jim Fortuné retrouve son ami Fabrice pour fonder le groupe Zikzako, avec lequel il tourne un moment. De cette époque, puis de ses débuts sous son propre nom, il garde le souvenir d’une quête artistique, éprouvant ses nombreuses compositions sur scène pour trouver sa voie, se baladant du côté de la bossa pour créer le « sambaloya », mélange des rythmes ternaires réunionnais et d’harmonies latines.

Ce sont les Rencontres d’Astaffort, relayées par le Kabardock en 2005, qui marquent le virage attendu dans la carrière de Jim Fortuné. S’investissant davantage dans l’écriture, il aborde son métissage musical et initie un retour vers ses racines musicales réunionnaises. Accompagné depuis par le Kabardock, il a pris le temps de se frotter au public et à la scène, avant de s’atteler à l’enregistrement de son premier album.

Et ce sont les retrouvailles avec Davy Sicard qui signeront le grand saut tant attendu. Les deux artistes se vouent une confiance et une admiration mutuelles et partagent le souci des choses bien faites. Le fruit de ce parcours et de ces rencontres — l’album Kafé — sera dans les bacs en décembre 2013.

7 Lames la Mer

Réalités émergentes Réunion, Océan Indien, Monde.
Presse, Edition, Création, Revue-Mouvement.
Facebook, Twitter.

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter