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Argentine

Cancers : Monsanto mis en cause

22 octobre 2013
Geoffroy Géraud Legros
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Les produits de la firme « Monsanto », dont le fameux « Round-Up », herbicide bien connu des planteurs réunionnais, sont à l’origine de la hausse des cas de cancer constatée en Argentine, estime une enquête publiée par l’Associated Press.

L’utilisation intensive des herbicides commercialisés par la multinationale américaine serait aussi responsable de la recrudescence de maladies respiratoires, thyroïdiennes et cutanées. La province de Santa-Fe, où se déploie une intense culture céréalière, concentre les pathologies liées à l’emploi de ces substances, affirme le document. L’étude pointe ainsi un doublement des cancers dans la province, alors que les anomalies congénitales constatées à la naissance ont quadruplé dans le Chaco voisin, depuis l’introduction systématique des bio-technologies. Associated Press dénonce notamment les graves effets liés à l’emploi du glyphosate, qui entre dans la composition du « Round-Up », un herbicide utilisé aux quatre coins du monde et... bien connu des planteurs réunionnais.

« Des millions de litres de poison »

Le média a ainsi recueilli le témoignage Fabian Tomassi, un fermier atteint de graves troubles neurologiques après trois années de manipulation des produits sans prises de précaution particulières. « J’ai préparé des millions de litres de poison, sans aucune protection, sans gants, sans masque ni vêtements spéciaux », rapporte l’infortuné agriculteur, qui se sait condamné. L’enquête note la fréquence de ces usages et dénonce ensemble les infractions aux règles de sécurité, le manque « d’anticipation scientifique » vis-à-vis des effets conjugués des « cocktails » de substances produites par la multinationale, et la légèreté de l’encadrement légal de ces matériaux. Sous l’impulsion de la Présidente, Kristina Kirchner, l‘Argentine s’était dotée en 2009 d’une Commission chargée d’étudier l’impact de l’usage massif de pesticides sur la santé publique. Dans son premier rapport, l’institution préconisait un « contrôle systématique sur les herbicides concentrés et leurs composés ». L’initiative semble avoir fait long feu : la structure ne s’est plus réunie depuis 2010…

Des embryons et des hommes

La même année, une étude réalisée par le professeur Andres Carrasco (Université de Buenos-Aires) avait pourtant créé un certain émoi dans l’opinion, en démontrant la nocivité du « Round-Up », même en quantité limitée, sur des embryons de grenouilles et de poulets. Des recherches qui firent de M. Carrasco la bête noire de l’entreprise américaine : trois ans plus tard, celle-ci vise à nouveau ses travaux dans le communiqué publié hier en réponse à l’article d’Associated Press. Le glyphosate est peut-être toxique pour les cobayes, mais « pas pour les êtres humains », affirme la multinationale, qui rappelle la légalité du « Round-Up » en Amérique du Nord et en Europe, déplore la « faiblesse » du reportage réalisé par l’Associated Press et décline « toute responsabilité dans les « mauvaises utilisations ou les usages illégaux » éventuels de ses produits. « Les consommateurs, les fermiers, le gouvernement, l’industrie et Monsanto ont intérêt à ce que cessent ces pratiques », conclut le communiqué. Estimée à 34 millions de litres en 1990, la quantité de concentré agrochimique utilisée en Argentine serait aujourd’hui de... 318 millions soit le double de celle utilisée par les fermiers sur le territoire des Etats-Unis.

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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