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Il y a 170 ans

Cyclone du 7 février 1847 : « une négresse, des poules, une charrette »...

7 février 2017
7 Lames la Mer
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Un cyclone dévaste l’île le 7 février 1847. Les esclaves sont les premières victimes de ce cataclysme.

"Les inquiétudes qu’avaient éprouvées les propriétaires de la sucrerie "L’Amitié" lors du premier débordement de la rivière du Rempart n’étaient que trop fondées", rapporte le journal "L’Indicateur colonial". Louis Antoine Roussin, 1884, Saint-Joseph, vue prise de Manapany ; on aperçoit la sucrerie.

C’est le 7 février 1847, il y a 170 ans, qu’un ouragan s’abat sur île, provoquant des dégâts considérables. Les premières victimes de ce cyclone sont les esclaves.

Dans son ouvrage « Naître et mourir à l’île Bourbon à l’époque de l’esclavage » publié aux Éditions « L’Harmattan », Prosper Ève rapporte des chiffres édifiants à ce sujet : ainsi de 1700 à 1779, 72,7% des décès au sein de la population esclave de Saint-Paul surviennent entre décembre et juillet. Période qui englobe la saison des cyclones. Ce qui est attesté par les chiffres sur Saint-Paul est applicable à l’ensemble de l’île.

Cyclone. Source artflakes.

Atmosphère lourde et humide, chaleur étouffante


Sur le même sujet, le lieutenant de marine Frappaz précise : « il est prouvé incontestablement qu’aux îles de France et de Bourbon, la mortalité des esclaves est bien plus forte dans les mois de janvier, février, mars que pendant le reste de l’année ». Frappaz étaye son propos en évoquant « les pluies torrentielles, l’atmosphère lourde et humide, une chaleur étouffante, les rayons embrasés du soleil vertical », etc.

Les esclaves sont bien plus exposés aux intempéries que le reste de la population comme en témoigne cet extrait du journal « L’Indicateur colonial », cité par Prosper Ève, et qui relate les conséquences dramatiques du passage d’un cyclone le 7 février 1847, notamment dans le Sud, à Saint-Joseph, aux abords de la rivière Langevin en crue.


Un « noir » noyé dans la sucrerie


« Un bras de cette ravine s’est jeté dans l’établissement « K/Véguen et Fontaine » et a emporté une négresse, des poules, boeufs, porcs, charrette, rapporte le journal. Un malheureux noir de cet établissement a été trouvé noyé dans la sucrerie où il s’était réfugié » (…).

« L’établissement du Sieur Montvert Potier (…) a été le théâtre d’un évènement déplorable. L’éboulis du rempart, éloigné de trois cents mètres environ de sa demeure a écrasé dans ses décombres deux de ses noires, ses animaux et a détruit la plupart de ses cases. Un troisième noir a été mutilé, mais on conçoit l’espérance de le sauver. Enfin, une négresse du Sieur Joseph Orré a péri entraînée par la rivière Vincendo. Son cadavre n’a pu être retrouvé. »

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