Auteur : Jean‐François Géraud

Histoire et jardins : sur les sentiers de la créolisation

Le jardinage est une tradition rappelant les temps où l’île, située sur la route maritime des Indes et souvent présentée comme un «jardin d’Eden», était une escale quasi-obligatoire pour le ravitaillement, notamment pour les cultures potagères. Cette tradition toujours aussi vivace participe au processus de créolisation.

  •  

Abolition de l’esclavage : le grand plongeon

«Comment l’esclave est-il passé de l’asservissement à la liberté ?» Ou plutôt… : «Qui a opéré le passage d’un système politique qui dénie la liberté, au système républicain qui la postule ?» La réflexion se porte alors non sur les modalités, mais sur les acteurs. Aussi paradoxal que cela paraisse, les acteurs en sont les sucriers, ceux-là mêmes qui profitaient du système !

  •  

Le bal des Noirs annonçait-il la créolité ?

Interdit en 1819 par le gouverneur Milius, le bal des Noirs sera en fait considéré avec une «indulgence paternaliste»… pourtant les musiques qui forment cet environnement musical révèlent une dissonance fondamentale dans l’univers bourbonnais : celle de l’esclavage ! Sans doute les planteurs ont-ils pensé et prescrit un monde apaisé. Mais la perpétuation de l’image d’un Eden ancien où, selon la tradition mythique, ils étaient leurs seuls et propres maîtres, où l’appartenance n’était pas allégeance, dénonce la vision quasi-ethnographique du présent comme un passé toujours là.

  •  

Esclavage et amour : lété pas doux !

Le métissage biologique issu de la période esclavagiste qui a façonné la société réunionnaise dans la violence [et le viol] constituait-il «l’horizon pacifique de la colonie» ? Pour en finir avec cette fable qui voulait que l’esclavage à La Réunion fût «plus doux qu’ailleurs», il faut sans doute explorer les méandres de l’histoire qui mènent à une vérité à mi chemin entre la fable et l’enfer du décor.

  •