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South Africa, about Mandela (English/Français)

Luleka Mkuzo : « Mandela will always be an icon »

28 juin 2013
Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros
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Luleka Mkuzo is 30 years old and works in the importation department of a major big South African company. She lives in Durban and tells "7 Lames la Mer" about her childhood spent under the rule of apartheid. Today, Luleka aknowledges progress : "being a black woman", she says, "i am respected by people of all races, both males and females. During apartheid, black women were expected to stay at home and look after the house hold. They were seen as inferior to males, as well as to other races."

Lire en français [1]

7 Lames la Mer : What are your memories of your childhood years lived under the Apartheid rule ?

Luleka Mkuzo : I was born in 1982 so I was still a bit young during the Apartheid years. My mom stayed in the Eastern Cape while my dad stayed and worked in Durban. My father had a permit to stay in Durban, as people were not allowed to stay in cities without permits. My mother would hide when visiting my father as she would be in big trouble if the police would have seen her. Police man would do night patrols going in houses checking that everybody in the house had a permit ; if not, you would be beaten up and even arrested at times. Each race had their own school. You didnt really get to mix with the other races. Black children were always scared of white children as they saw them as better than them.

7 Lames la Mer : Can you remember the moment, when Nelson Mandela was released and Apartheid abolished ?

Luleka Mkuzo : This was a big day for us, i remember the excitement in the streets, the singing in Isixhosa « kusas’ekuseni ngo four o’clock sikhululuMandela Mandela sikhululu Mandela » meaning « tomorrow morning at four o’clock we releasing Nelson Mandela ». Everyone was just so excited. I can even feel shivers just thinking about it. Nelson Mandela was loved and seen as the one who would change the oppression for us.

7 Lames la Mer : Do you have the feeling that your life has changed since this ?

Luleka Mkuzo : My life has changed so much since 1994...
1) I was able to go to multi-racial schools. The level of education that I have received post-Apartheid has allowed me to work for one of the biggest companies and get a recognised position.
2) Being a black woman, i am respected by people of all races males and females. During apartheid, black woman were expected to stay home and look after the house hold. They were seen as inferiour to males and other races.
3) I have been in mixed relationships and had a chance to socialise with people from different cultures, something that was forbidden in the Apartheid days.
4) I have had a chance to travel to Europe and see the world, something a black person from my village would have never been able to do during Apartheid.

7 Lames la Mer : What is your first memory related to Nelson Mandela ?

Luleka Mkuzo : My family talked about him but I never knew who he was. Everybody knew him when we heard about his release, everybody was talking about him then. In the streets, at schools, everywhere. Then the rugby world cup, this is what brought all races together it united everybody and we won it. Yesterday was 18 years since we won the first rugby world cup and yesterday is the day Mandela lifted up the cup in a rugby jersey.

7 Lames la Mer : Have you had the opportunity to meet Nelson Mandela ?

Luleka Mkuzo : No I havent met him personally, i have photos of him that a friend took when she met him in a public gathering.

7 Lames la Mer : How do people around you react to the prospect of losing Nelson Mandela ?

Luleka Mkuzo : The country is split as some people want the country to pray for his recovery and others feel its time the country lets him go, so he can rest and be free from pain. Some of us believe that even if he passes on he will always live in all of us. He has contributed to all our lives.

7 Lames la Mer : How do you figure South Africa after Mandela ?

Luleka Mkuzo : I’m sad that my children will never get to see him alive. His legacy will live on. I’m sad also because some people use his name to further their own agenda’s in a negative way. He will always be an icon and he will not be forgotten.

7 Lames la Mer : Do you have a portrait of Mandela at home ?

Luleka Mkuzo : No, I dont, i had a flag with him and i gave it to a friend.

7 Lames la Mer : Backed by Rev. Desmund Tutu, Mampela Rampela, a veteran of the anti-apartheid struggle, has founded a new political party. How did people react to this ?

Luleka Mkuzo : Desmond Tutu doesn’t have his own political party. Julius Malema and Mampela Rampela have opened up new parties which have stired up interest in the country.

Interview by Geoffroy Géraud Legros & Nathalie Valentine Legros

Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros

Chroniques réunionnaises à quatre mains, avec Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros.

Notes

[1Afrique du Sud, à propos de Mandela

Luleka Mkuzo : « Mandela sera toujours une icône »

A 30 ans, Luleka Mkuzo travaille au département "importation" d’une grande compagnie sud africaine. Elle vit à Durban et a confié à "7 Lames la Mer" ses souvenirs d’enfant élevée sous l’apartheid. Aujourd’hui, Luleka mesure le chemin parcouru depuis : « en tant que femme noire, je suis respectée par les gens, hommes et femmes, toutes races confondues. Sous l’apartheid, les femmes noires devaient rester à la maison et s’occuper du ménage. Elles étaient considérées comme inférieures aux hommes et aux autres races ».

7 Lames la Mer : Quels souvenirs gardez-vous de vos premières années vécues sous l’apartheid ?

Luleka Mkuzo : Je suis née en 1982 ; j’étais donc encore un peu jeune à cette époque. Ma mère habitait l’Eastern Cape tandis que mon père travaillait à Durban. Pour séjourner en ville, il fallait une autorisation. Mon père avait un permis de séjour pour Durban et ma mère lui rendait visite clandestinement, au risque d’avoir des problèmes avec la police. La police faisait des patrouilles de nuit, entrait dans les maisons pour vérifier le permis des occupants. Ceux qui n’avaient pas de permis de séjour étaient brutalisés et même arrêtés sur le champ. Chaque race avait sa propre école. Il n’y avait pas de mélange. Les enfants noirs avaient peur des enfants blancs car ils les considéraient comme « mieux qu’eux ».

7 Lames la Mer : Quels souvenirs gardez-vous de ce moment historique où Nelson Mandela a été libéré et l’apartheid aboli ?

Luleka Mkuzo : Ce fut un grand jour pour nous. Je me souviens de la liesse dans les rues, du chant en xhosa « kusas’ekuseni ngo quatre heures sikhululuMandela Mandela sikhululu Mandela »... Ce qui veut dire : « demain matin à quatre heures, nous libérerons Nelson Mandela ». Tout le monde était fou de joie. J’en ai encore des frissons rien que d’y penser. Nelson Mandela était aimé et considéré comme celui qui allait changer les choses pour nous et mettre fin à l’oppression.

7 Lames la Mer : Pensez-vous que votre vie a changé depuis ce moment ?

Luleka Mkuzo : Ma vie a beaucoup changé depuis 1994.
1) J’ai pu aller à l’école multi-raciale. Grâce au niveau d’éducation que j’ai reçu après l’apartheid, j’ai eu la possibilité de travailler pour l’une des plus grandes entreprises du pays et j’ai obtenu un statut reconnu.
2) En tant que femme noire, je suis respectée par les gens, hommes et femmes, toutes races confondues. Sous l’apartheid, les femmes noires devaient rester à la maison et s’occuper du ménage. Elles étaient considérées comme inférieures aux hommes et aux autres races.
3) J’ai des relations sociales dans tous les milieux et la chance de côtoyer des gens de différentes cultures, ce qui était interdit à l’époque de l’apartheid.
4) J’ai eu la chance de voyager en Europe et de découvrir le monde, ce qu’une personne noire, originaire de mon village, n’aurait jamais pu faire sous l’apartheid.

7 Lames la Mer : Quel est votre premier souvenir lié à Nelson Mandela ?

Luleka Mkuzo : Ma famille parlait de lui mais je ne savais pas qui il était. Quand il a été libéré, il est devenu célèbre : tout le monde parlait de lui. Dans les rues, dans les écoles, partout. Puis il y a eu la coupe du monde de rugby qui a eu un effet fédérateur, toutes races confondues, et nous avons gagné. 18 ans sont passés depuis que nous avons gagné cette première Coupe du monde de rugby. Hier, cela faisait 18 ans, jour pour jour, que Mandela a levé la coupe, après avoir revêtu un maillot de rugby.

7 Lames la Mer : Avez-vous eu l’occasion de rencontrer Nelson Mandela ?

Luleka Mkuzo : Non, je ne l’ai pas rencontré personnellement... J’ai des photos de lui qu’une ami a prises quand elle l’a rencontré dans une réunion publique.

7 Lames la Mer : Comment les gens autour de vous réagissent-ils à la perspective de la disparition de Nelson Mandela ?

Luleka Mkuzo : Le pays est partagé entre deux attitudes : certains prient pour son rétablissement, d’autres pensent que son heure est arrivée et qu’il faut le laisser partir, qu’il repose et soit libéré de la douleur. Certains pensent que même s’il meurt, il continuera de vivre en chacun de nous. Il a contribué à notre vie à tous.

7 Lames la Mer : Comment imaginez-vous l’Afrique du Sud après Mandela ?

Luleka Mkuzo : Je suis triste car mes enfants n’auront jamais l’opportunité de le connaître de son vivant. Son héritage sera vivant. Je suis triste aussi parce que certaines personnes utilisent son nom pour faire avancer leurs propres intérêts. Il sera toujours une icône et ne sera jamais oublié.

7 Lames la Mer : Avez-vous un portrait de Mandela chez vous ?

Luleka Mkuzo : Non, j’avais un drapeau avec son image et je l’ai donné à un ami !

7 Lames la Mer : Soutenu par le révérend Desmond Tutu, une vétéran bien connue de la lutte anti-apartheid a fondé un nouveau parti politique. Comment les gens réagissent-ils à cela ?

Luleka Mkuzo : Non, Desmond Tutu n’a pas son propre parti politique. Julius Malema et Mampela Rampela ont effectivement créé des partis politiques et il est vrai que cela fait débat dans le pays....

Propos recueillis par Geoffroy Géraud Legros & Nathalie Valentine Legros

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