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Tiruvalluvar, poète et philosophe tamoul

Le désir d’être exempt de désirs...

1er juin 2013
Bertrand Taïllamée
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Les Hindous ont laissé un éloquent témoignage de leurs efforts pour répondre à l’énigme de la création. A l’image de Tiruvalluvar, poète et philosophe tamoul qui a vécu avant le début de notre ère, révélé à La Réunion dans les années 70.

Les Hindous ont laissé un éloquent témoignage de leurs efforts pour répondre à l’énigme de la création. Les Veda, hymnes sacrés écrits en sanscrit, ne dépeignent pas un créateur bienveillant ; ils traduisent l’effroi admiratif de l’homme devant la création, tandis que les prêtres védiques chantent le rayonnement de cet univers.

Ceux qui brillaient...

Les objets de l’adoration étaient des devas (le mot a la même racine que le latin deus, « dieu »), mot dérivé de l’ancien sanscrit div, qui signifie « éclat ». Les dieux étaient donc ceux qui brillaient.

Tiruvalluvar est l’un des plus grands poètes tamouls, connu pour le « Thirukkural », l’un des travaux essentiels sur l’éthique et les règles de conduite. Il aurait vécu une vie austère avec pour métier le travail du textile, 100-300 ans av JC, ou 600 ans av JC. Sa femme se nommait Vasuki. Le terme « Tiru » est l’équivalent de « Shree » et signifie respect. L’autre partie de son nom, « Valluvar », qualifierait sa caste sociale et non son vrai nom.

Il serait né à Mylapore près de Chennai. Certains disent qu’il serait jain. Son travail consiste en 133 adhikarams ou chapitres. Chaque chapitre contient en 10 kurals. Le « Thirukkural » comprend trois parties : la vertu, la santé, et l’amour.

La statue de Tiruvalluvar à Kanyakumari.

Tiruvalluvar est représenté par une une statue de 30 mètres, érigée à Kanyakumari en 2000. Le mot « Kural » peut être comparé à « Sutra » ou couplet. C’est un mandat pour les écoliers tamil de l’étudier au cours de leurs cursus. Mais à l’époque, on apprenait sous la direction d’un maître en pleine nature, sous un arbre et habillé d’orange.

La foi et l’oeuvre de Tiruvalluvar sont revendiquées par différents courants, mais doit-on absolument ranger un homme dans un courant de pensée quand il s’agit d’un maître ? Son travail est appelé « ce qui ne ment jamais ». A La Réunion, l’auteur est révélé dans les années 70, par Mootoocomaren Sangeelee.

Kâlidâsa ou Shakespeare n’ont pas eu autant de mots heureux concernant l’amour que le sage de Mylapore. Il nous donne une vision noble et élevée. Simplicité de langage, clairvoyance de cristal. Amour dépeint de grâce, d’idéal, maniéré.

Bertrand Taïllamée


« S’il est une chose qui doit être désirée, c’est la non réincarnation, cela s’obtient par le désir d’être exempt de désirs ».

« L’amitié des gens faux est une enclume qui l’occasion se présentant sert pour vous écraser ».

« Celui qui ne recherche pas les plaisirs et qui se dit que les tourments sont naturels ne s’inquiète pas quand viennent les tourments  ».

« Ne pas embrasser une femme qui boude, c’est ajouter de la souffrance à la souffrance ».

« Vivront éternellement dans le bonheur ceux qui se sont engagés dans la voie de vérité, vide de faussetés et tracée par celui qui a maîtrisé les cinq sens ».

« Si Dieu a créé le monde, où était-il avant la création ?...
Comment Dieu aurait-il pu faire le monde sans une matière première ?...
S’il est de toute éternité parfait et achevé,
Comment la volonté de créer a-t-elle pu naître en lui ? »

Textes sacrés jaïna
(IXeme siécle)

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