Categories

7 au hasard 1er avril 2016 : L’élection régionale bientôt « cassée » ? - 23 mars 2014 : Miss Métropole ? - 9 septembre 2015 : Sacrifice d’un Gouzou - 13 décembre 2013 : Qui veut la peau de La Réunion ? - 5 novembre 2013 : Les 7 ruines de la honte - 15 décembre 2015 : 20 décembre : sens de la fête et sens interdit de l’histoire - 3 avril 2014 : Des livres reliés en cuir humain - 15 mars 2014 : Quand le « zèle » des médias fait le beurre du FN… - 3 décembre 2015 : L’étrange courrier de soutien d’Alain Juppé à Didier Robert... - 1er septembre 2013 : Chili : la rue contre la « loi Monsanto » -

Accueil > Le monde > Des pirates d’élite pour la NSA

Nouveau scandale

Des pirates d’élite pour la NSA

3 janvier 2014
Geoffroy Géraud Legros
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

Recrutée dans le monde des geeks, une unité spécialisée de la NSA est engagée dans de vastes opérations d’espionnage, dont le piratage du câble internet reliant l’Europe à l’Asie, révèlent des documents confidentiels.

TAO, pour Tailored access operations ou « opérations d’accès sur mesure » : c’est sous ce vocable mystérieux qu’une unité de la NSA américaine regroupe des « hackers » d’élite, révèle un dossier publié par le journal allemand Der Spiegel, réalisé par plusieurs journalistes dont Laura Poitras, une documentariste proche du « whistleblower » Edward Snowden.

Le champ d’action de la TAO va de l’espionnage et du contre-espionnage « classiques » aux cyber-attaques, utilisant notamment les « faiblesses techniques des systèmes tels que Microsoft et Cisco ». Louée pour son efficacité, la structure « parvient à atteindre les cibles les plus difficiles », déclare son ancien directeur, dans un rapport cité par l’hebdomadaire allemand. Selon la NSA, l’existence de cette unité d’élite se justifie par « la défense de la Nation et de ses alliés ».

Directeur de la NSA, le général Keith Alexander échange parfois son uniforme militaire pour les Jean’s et T-shirts des geeks.

« Pâté de viande blanc » et « liquide plat »

Un argument que mettent en doute plusieurs actions à l’encontre de pays « amis », dont l’opération « White Tamale » (le « tamale » est un pâté de viande mexicain NDLR) : un piratage de grande envergure des bases de données du Ministère mexicain de la Sécurité publique. En octobre dernier, Edward Snowden avait révélé aux journalistes du « Spiegel » l’existence de « Flat Liquid » — le nom de code d’un espionnage systématique des e-mails de l’ancien Président mexicain, Felipe Calderon. Mais c’est une opération de bien plus grande envergure, consignée dans un document estampillé « Top Secret - Interdit aux étrangers (sic) » qui fait la fierté de l’équipe des « plombiers de l’ère digitale » de la TAO. La cible : le « SEA-ME-WE 4 », un câble long de plus de 18.000 kilomètres, qui part de Marseille et aboutit à Singapour, au terme d’un parcours largement sous-marin, entrecoupé de relais et de ramifications terrestres. L’installation, qui assure l’essentiel des communications internet entre les deux continents, est exploitée, entre autre, par l’opérateur français « Orange » et l’italien « Sparkle  », dont le piratage est appelé à s’intensifier, note le document, qui prévoit « plus d’opérations destinées à collecter plus de données ».

De James Bond à Wayne’s World

Le nombre des agents de TAO, dont le siège est situé au Texas, devrait être porté à 270 en 2015, contre 60 en 2008. Si elle est au diapason du monde des geek et des hackers — le Général Keith Alexander, directeur de la NSA, troque même parfois l’uniforme militaire pour les jeans et T-Shirt — l’unité n’en a pas moins recours aux méthodes d’ espionnage traditionnelles. À la différence d’autres équipes de la NSA, les recrues de TAO doivent souvent avoir physiquement accès à leurs cibles, notamment pour installer des mouchards dans les matériels électroniques, rapporte le « Spiegel ». L’unité dispose même d’un jet destiné à transporter les « espions », que l’on imagine plus issus de « Wayne’s World » que de l’univers vodka-glaçons et costumes Brioni des James Bond… Au-delà de cette dimension pittoresque, ces révélations supplémentaires de l’intrusion systématique et — officiellement — unilatérale des Etats-Unis dans les échanges mondiaux d’informations posent à nouveau la question de la souveraineté réelle des alliés de l’hyper-puissance.

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter