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Cités et îles englouties sous l’océan Indien

4 septembre 2013
Nathalie Valentine Legros
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Au fond de l’océan Indien, reposent des îles, des continents mythiques, des citées englouties, des civilisations perdues. Et les progrès de la science nous aident à voir plus clair dans ces eaux troubles. Récemment, des scientifiques ont fait de passionnantes découvertes : deux cités englouties au large de l’Inde, un micro-continent sous les Mascareignes et deux immenses îles à l’ouest de l’Australie... Il se passe toujours quelque chose dans l’océan Indien ! Petit tour d’horizon...

• Khambhat et Dwarka, cités englouties depuis 9.000 à 35.000 ans

Dwarka au fond de l’eau...

Sous la mer, les pavés... A 30 kilomètres des côtes indiennes (Nord ouest) et à 50 mètres de profondeur, les océanographes du National Institute of Ocean Technology (NIOT) de Madras et de l’institut océanique du Québec ont fait une extraordinaire découverte au début du siècle. Mesurant le taux de pollution marine dans le golfe de Khambhat (ex-Cambay) par un système de sonar au fond de l’océan, ils ont obtenu de surprenantes images : les ruines d’une immense cité — antérieure à la civilisation de l’Indus — s’étendant sur 9 kilomètres de long et trois de large, édifiée au bord d’un ancien fleuve. On y aperçoit les vestiges de diverses constructions : un barrage, des marches effondrées, un monument rectangulaire, des rangées de constructions semblables aux fondations de maisons en ruine, des routes, etc.

Les scientifiques ont par la suite remonté des objets de bois fossilisés et de terre cuite dont la datation a fait polémique : vieux de 9.000 à 35.000 ans... La cité de Khambhat aurait été engloutie suite à un terrible tremblement de terre. Cette découverte fait écho aux traditions des populations côtières qui relatent un ancien cataclysme ayant entraîné sous les eaux un continent...
Un peu plus au nord, même découverte : de grandes murailles au fond de l’eau, des rues pavées et les vestiges d’un port. Là reposeraient les ruines de la mythique cité de Dwarka, autrefois gouvernée par Krishna en personne.

• Deux immenses îles préhistoriques englouties

Image sonar du plateau constitué par le sommet d’une des deux îles immenses découvertes à l’ouest de l’Australie.

En 2011, des scientifiques découvrent, à 1,5 km de profondeur, deux immenses îles englouties dans l’océan Indien, à l’ouest de l’Australie, au large de Perth. Selon Joanne Whittaker, géologue de l’université de Sydney, les données recueillies sur le site pourraient « changer considérablement notre compréhension de la manière dont l’Inde, l’Australie et l’Antarctique ont été séparées du Gondwana ». Cartographiées lors d’une expédition, ces îles ont un sommet en forme de plateau, ce qui indique qu’elles étaient autrefois « situées au dessus du niveau de l’océan avant d’être immergées progressivement ». Hypothèse renforcée par l’analyse de roches prélevées. Le directeur scientifique de l’expédition, Simon Williams, a souligné que les roches ramenées dans la drague étaient de type continental, certaines contenant même des fragments d’animaux et de plantes terrestres fossilisés. Appelées « micro-continents », elles se sont formées lorsque l’Inde a commencé à s’éloigner de l’Australie, il y a environ 130 millions d’années, au cours de la période du Crétacé, alors que les dinosaures parcouraient la terre.

• Kumari Kandam et Lémurie... quand la mer dévore la terre

Kumai Nadu, Kumari Kandam ou encore Lémurie... désigneraient un continent qui autrefois reliait l’Inde, le Sri Lanka, Madagascar et l’Australie. D’après la légende tamoule, les Dravidiens seraient à l’origine venus de Kumari khandam, qui aurait sombré dans les flots suite à un tsunami gigantesque. Ainsi, des épopées telles que « Silappatikaram » et « Manimekhalai » décrivent-elles la cité engloutie de Puhar. De même, l’action du premier poème tamoul de la tradition sangam, « Idaï Sangam », est censé se dérouler sur le continent lémurien.
Les limites de ce continent varient selon plusieurs hypothèse mais il est généralement réputé occuper le milieu de l’océan Indien. Il est parfois aussi question, selon différents documents, d’un continent nommé Komr ou Kumr ou encore Malaysia. Une chose est certaine, les différentes sources s’accordent sur un point : la disparition de ce continent à été provoquée par un cataclysme comparable à un tsunami. Récemment, des scientifiques ont affirmé avoir découvert les preuves de l’existence d’un micro-continent au fond de l’océan Indien, dénommé Mauritia (voir paragraphe suivant).

• A la recherche de Mauritia

Au début de l’année 2013, cette information a ravivé les légendes de la mer indienne : suite à l’analyse de grains de sable d’une plage mauricienne, des scientifiques ont révélé l’existence, à plusieurs milliers de mètres sous une épaisse couche de lave, d’un micro-continent préhistorique englouti sous la Réunion et l’île Maurice. Baptisé Mauritia, il se serait séparé de Madagascar il y a 60 millions d’années alors que la grande île dérivait en s’éloignant de l’Inde. Publiée dans la revue scientifique britannique Nature Geoscience, cette étude prétend que l’océan Indien pourrait bien être « parsemé de fragments de continents »...

• Les îles-fantôme : Joao de Lisboa et Dos Romeyros dos Castelhanos

Nous avons une tendresse particulière pour deux îles-fantôme situées au sud de l’océan Indien. Elle apparaissent sur de nombreuses cartes anciennes et sont l’objet — surtout la première — de descriptions dont la précision est parfois déroutante. Depuis le 16ème siècle, les navigateurs européens sont à leur recherche. L’une des premières cartes où figure l’île Joao de Lisboa est celle du cartographe portugais Jorge Reinel, datée de 1520. Sur une carte anonyme de 1537, elle porte le nom de Ja de Lixa. Sur la carte des Hollandais Van Langren et Van Linschooten de 1597, deux îles sont représentées, Juan de Lisboa au sud de Santa Apolonia (La Réunion) et Dos Romeyros dos Castelhanos à la verticale de Saint-Brandon. Il en est de même sur la carte établie près d’un siècle plus tard par Van Keulen en 1689... Aujourd’hui portées disparues, Joao de Lisboa et Dos Romeyros dos Castelhanos pourraient bien susciter un nouvel engouement avec l’affaire Mauritia...

Nathalie Valentine Legros

Je ne suis pas une île

Falaises paille-en-queue balafrées de torrents
Harnachées de métal vous survivrez longtemps
Dans le lac intérieur de l’ultime Pangée
Laissant comme témoin fleur de lis calcinée
La marque indélébile
Sur l’épaule du temps
Je ne suis pas une île
Je suis un continent

De Koumari Kandam aux frontières de Mu
Nous aurons tout cherché nous aurons tout connu
Tangue dronte papangue hourite holothurie
Nous sommes tes enfants terre de Lémurie
Géographes futiles
Improbables savants
Je ne suis pas une île
Je suis un continent

Kinola le devin nyctalope des morts
Celui qui dit le jour et nomme les rivages
Celui qui parle au vent et ouvre les passages
Nautonier d’outre-tombe il nous dira le nord
Le guetteur Dimitile
Déjà lève le camp
Je ne suis pas une île
Je suis un continent

Jean-Claude Legros – janvier 2010

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
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