Categories

7 au hasard 16 août 2013 : Anne Sinclair, l’épitaphe en forme de procès - 14 juillet 2014 : Nadine Gordimer : une flamme résistante s’éteint - 27 février 2013 : « Quartier français » au karé KTédral - 11 janvier 2015 : Anita Ekberg : mort de la douceur de vivre - 3 avril 2017 : Quand Hamon fait du Sarkozy - 23 août 2014 : Banques américaines : l’amende, prolongement de l’impunité ? - 24 février 2017 : Je ne suis pas une île, je suis un continent - 17 février 2014 : Bons mots et mots durs - 26 janvier 2015 : Grèce : Victoire de Syriza, un exemple à suivre - 27 mars 2016 : Dîner « obscène » chez les Clooney -

Accueil > Edito > Grandes surfaces : petits pièges en rayons

Vie chère

Grandes surfaces : petits pièges en rayons

7 avril 2013
Geoffroy Géraud Legros
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

Jeu sur les stocks et les étiquettes, prime aux produits importés : il suffit d’une sortie pour faire les courses du week-end, pour comprendre que les grandes surfaces ne jouent (toujours) pas le jeu.

A l’heure où l’on parle panier Lurel, mobilisation contre la vie chère, efforts partagés, les grandes surfaces jouent-elles le jeu ? Il suffit d’aller faire ses courses dans l’une d’entre elles — nous ne la nommerons pas — pour se convaincre du contraire. Ainsi, au rayon grains, la moitié d’un étalage est occupé par une promotion pour des petites boites de pois de Cap : leur prix ne change pas, mais un bandeau rouge annonce : « +10% ».

L’huile et l’eau

« Ils mettent plus d’eau et moins de gros pois », assure une dame derrière moi. Exagération ? Fantasme ? Peut-être. Mais je n’ai pu m’empêcher de remarquer que les boîtes de sardines Robert — dont je suis amateur — contiennent un peu plus d’huile et un peu moins de sardines. Revenons à nos pois de Cap, et constatons que par le plus grand des hasards, les grandes boites ont disparu avec l’arrivée des petites boites promotionnées. Et qu’il faut deux petites boites pour obtenir le contenu d’une grande, ce qui coute, bien entendu, plus cher… Quelques temps plus tôt, alors que les tomates avaient atteint un prix astronomique après les fortes pluies, les tomates en boîte avaient disparu. Pure coïncidence là encore, n’en doutons pas… mais qui voulait son rougail n’avait pas d’autre choix que celui de mettre la main à la poche.

Erreur sur le pâté

Je longe les présentoirs de volailles sous cellophane. Il y a bien longtemps que n’y figure plus le fameux poulet « Crête d’Or », dont le prix avait été abaissé de 40% après les émeutes de 2012. Me voici au rayon charcuterie, faisant la queue pour un morceau de boucané. Devant moi, une jeune femme veut qu’on lui explique : le pâté de porc-piment qu’elle a acheté coûte 8 euros 30 au kilo, lit-on sur l’étiquette plantée dans l’appétissante terrine. Ce qui est déjà hors de prix. Mais c’est bien à 9 euros et 30 centimes le kilo qu’elle devra le payer, selon l’étiquette apposée sur la tranche qu’elle vient d’acheter… « Le chiffre dans l’étiquette est mal placé », bredouille l’apprenti, qui ne parvient pas à le changer, le chiffre. D’ailleurs, son chef, qui l’a rejoint entretemps derrière les étals, lui intime de servir les clients… et suggère à la mécontente de prendre autre chose ou de payer le prix indiqué sur l’emballage. « C’est une erreur, madame  », concède-t-il non sans une mauvaise humeur évidente. Un erreur qui, comme c’est l’usage, n’est pas en faveur du consommateur…

Whisky et agneau congelé

Il me reste à longer le rayon où s’alignent les rares produits qui font l’objet de véritables promotions : l’alcool. Le whisky préféré des Réunionnais se vend à 19,90 euros, à peine plus que son prix au Royaume-Uni, d’où il est importé… Quand on veut, on peut. Après un regard aux amoncellements de bouteilles de whisky, vermouths, vins mousseux, champagnes et bières, je pique vers le rayon surgelés. Premier bac : des crevettes – rebaptisées camarons, sans doute pour l’occasion, mais ce sont bien des crevettes — passées de 7 euros le sachet à 4 euros. Pas mal, mais encore trop cher pour ce que c’est. En me retournant, je pense à prendre un gigot, importé de Nouvelle-Zélande. Depuis quelques temps, on les trouve en abondance et à des prix intéressants, qui descendent parfois jusqu’à 10 euros le kilo. Le prix a un peu augmenté : 14 euros et quelque le kilo, cela reste moins cher que l’agneau frais ou le steak de boeuf péï, dont les tarifs flirtent avec les 19 euros au kilogramme et qui — encore une coïncidence — est toujours un tout petit peu plus cher que le boeuf métropole. A croire que finalement, il vaudrait peut-être mieux pour les Réunionnais habiter l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande et, tant qu’à faire, picoler au lieu de se nourrir. Cela leur reviendrait moins cher... du moins, pour ceux qui doivent se casser en deux dans les rayons et lire les étiquettes, et auxquels sont destinés les mille pièges des rayons aliments...

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste, Co-fondateur - 7 Lames la Mer.

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter