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Monde émergent

Venezuela : une loi impose un plafond aux profits

8 février 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Le président venezuelien Nicolas Maduro a lancé mardi dernier un ultimatum aux entreprises qui contreviendraient au plafonnement des profits récemment instauré par la loi. Après lundi, les fraudeurs feront l’objet de mesures d’expropriation, déclare le Président de la république bolivarienne, qui se dit prêt à une « radicalisation de la révolution dans tous les domaines ».

Nicolas Maduro remettant un portrait d’Hugo Chavez à la présidente brésilienne Dilma Rousseff. Photo : Valter Campanato (ABr)

C’est une véritable guerre économique qui est menée contre le Venezuela, estime son Président Nicolas Maduro, qui a succédé le 14 avril dernier à Hugo Chavez, père de la « Révolution bolivarienne » décédé le 5 mars 2013. Vainqueur d’une courte tête lors du scrutin présidentiel, l’ancien chauffeur de bus a vu son assise confortée fin 2013 par le succès remporté par son parti, le PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela) aux élections municipales. Une victoire dont M. Maduro a souhaité faire le point de départ d’une démarche d’apaisement et de dialogue envers l’opposition, dont les élus ont été invités à un grand conclave le 18 janvier dernier, au Palais de Miraflores (Caracas).

Inflation ou sabotage ?

« Vous pouvez rassembler les signatures pour vous débarrasser de moi en 2016, mais en attendant, travaillons ensemble » avait lancé M. Maduro à ses invités, en référence à la Constitution vénézuélienne, qui permet la convocation par pétition d’un referendum révocatoire. L’appel à l’unité a été décliné par Henrique Capriles-Radonski, gouverneur de l’État de Miranda (Sud-Est du pays). Leader d’une large coalition, principal opposant à la « Révolution bolivarienne », M. Capriles combat sans relâche les programmes gouvernementaux, usant notamment de ses réseaux dans le monde économique. Des cercles accusés par le Gouvernement de saboter les mesures de redistribution sociale par l’instauration d’une inflation artificielle.

Prison pour les « accapareurs »

Exportateur de pétrole, le Venezuela demeure très dépendant des importations, notamment pour son alimentation. L’inflation, qui dépasse les 50% et alimente l’insatisfaction populaire, serait largement d’origine politique, estiment les autorités, qui envisagent des mesures drastiques pour appliquer de force les dispositifs de contrôle des prix. En novembre dernier, la Présidence avait ordonné l’intervention des forces armées, afin d’obliger certains commerçants à appliquer les règles de blocage des prix. Votée en novembre dernier par le Parlement, la« Loi sur la justice des prix » plafonne à 30% les marges bénéficiaires réalisables par les entreprises. L’entrée en vigueur de la législation le 24 janvier dernier est assortie d’un délai de grâce qui permet aux entreprises de se mettre en conformité avant le 10 février. Un délai qui n’est plus négociable, a fermement averti M. Maduro mardi dernier, lançnt un ultimatum aux entreprises : les entreprises contrevenantes encourront les « expropriations » prévues par les nouvelles dispositions. celles-ci renforcent l’arsenal de lutte contre la délinquance économique, qui instaure une gamme de peines allant de l’amende à des peines de prison de 8 à 10 ans pour les « accapareurs », en passant par des expropriations partielles ou totales. La fixation de prix maxima est confiée à un organisme public, en fonction des secteurs géographiques et économiques.

« La coupe est pleine »

Des mesures jugées « inconstitutionnelles » par la puissante Fedecámaras, la Fédération des Chambres de commerce et d’Industrie vénézuéliennes. Son dirigeant, Jorge Roig — un ancien protagoniste de l’éphémère coup d’État mené contre Hugo Chavez en 2002 — espère pour sa part l’invalidation du contrôle des prix par la Cour Constitutionnelle. Les stockages illégaux et les restrictions intentionnelles au commerce se multiplient. Nicolas Maduro a lui-même annoncé mardi dernier la découverte d’un entrepôt clandestin contenant des « milliers de tonnes de marchandises, dont de la nourriture et des pneus ». « L’accapareur, est déjà coincé et il encourt 14 ans de prison  », a précisé le chef de l’Exécutif, visiblement arrivé au bout de sa patience. « On expropriera ce qu’il faudra exproprier. » « La coupe est pleine », a déclaré Nicolas Maduro. « Que les petits maîtres de la bourgeoisie ne me sous-estiment pas. Qu’ils ne sous-estiment pas le Peuple. Je suis prêt à opérer une révolution radicale, une révolution juridique, économique, productive ».

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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