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USA : plan anti « Bashar » dès 2006

4 septembre 2013
Geoffroy Géraud Legros
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Attiser les tensions entre Chi’ites et Sunnites, minorer et dénigrer les effets de la réforme économique, cibler par des sanctions les membres du Gouvernement syrien, répandre des rumeurs de complot, décourager les investissements dans le pays… Publié par WikiLeaks, un câble secret du 13 décembre 2006, émis par l’Ambassadeur des Etats-Unis à Damas, met en lumière l’activisme des Etats-Unis, visant à déstabiliser la Syrie. « 7 Lames la Mer » en publie quelques éléments, qui éclairent les enjeux contemporains.

Manifestation devant l’ambassade des Etats-Unis à Damas.

C’est dans un contexte marqué par la doctrine du « Nouveau Moyen-Orient », formulée par Condoleezza Rice lors d’un discours prononcé à Tel-Aviv au mois de Juin 2006, que William Roebuck, ambassadeur des Etats-Unis à Damas, évalue les faiblesses du régime syrien et envisage de manière détaillée les actions que pourraient mener les Etats-Unis en vue de le déstabiliser. Opposition affaiblie, bons résultats économiques et un scénario régional conforme aux vœux de la Syrie : Bashar Al Assad aborde 2007 en position de force, caractérisé par une « confiance croissante en lui-même », estime le diplomate, qui, néanmoins, identifie une série de points faibles, au sein du groupe de pouvoir et du pays comme dans ses relations extérieures. Dans ce domaine, William Roebuck analyse la complexité de la diplomatie syrienne, qui tente de concilier coopération accrue avec l’Iran et bonnes relations avec les Etats sunnites.

« Jouer sur les peurs des sunnites »

S’il considère comme « exagérées » les rumeurs d’un développement du prosélytisme iranien accompagné de conversions au chiisme, celles-ci, note-t-il, « révèlent qu’une part des Sunnites s’inquiète de manière croissante de la présence de plus en plus affirmée de l’Iran dans leur pays par le commerce et de la construction de mosquées ». En conséquence, le diplomate propose de « jouer sur les peurs Sunnites  ». Constatant l’attention portée par les dirigeants à l’activité de l’opposant Kaddham, ancien bras droit du père de Bashar Al Assad, l’ambassadeur suggère de « continuer d’encourager les Saoudiens à permettre à Kaddham d’accéder à leurs médias, afin qu’il déballe le linge sale ». Dans le même esprit, William Roebuck envisage de « répandre des rumeurs de complots organisés depuis l’étranger », afin de stimuler la « paranoïa du régime » qui pourrait le porter à « sur-réagir ».

Dénigrer les efforts réformistes

C’est encore une stratégie de médiatisation que prône le diplomate à l’égard de la présence — « accrue », note-t-il — d’extrémistes religieux dans le pays. « Il nous faut mettre en lumière les efforts syriens contre les groupes radicaux, mais d’une manière qui suggère la faiblesse, les signes d’instabilité et les risques de retours de bâton incontrôlables », écrit-il, suggérant de « retourner contre la Syrie l’argument selon lequel elle est, elle aussi, une victime du terrorisme ». Autre stratégie destinée à dé-légitimer le régime : exploiter les contradictions entre les « élites corrompues du parti Baas » (Parti présidentiel, NDLR) et les réformes économiques menées par le Président Assad qui, selon l’ambassadeur, « voit dans ce processus l’héritage qu’il lèguera à la Syrie ». « Très limitées  » selon l’américain, les réformes économiques ont néanmoins « fait revenir dans le pays les investissements des expatriés », créant une impression « d’ouverture »… « illusoire » aux yeux de M. Roebuck.

« Décourager les investissements en Syrie »

Dans la perspective de l’élection présidentielle de 2007, celui-ci recommande de « trouver les moyens de remettre en question les efforts réformistes de Bashar Al Assad ». Le diplomate conseille de surcroît de « décourager les investissements directs extérieurs (IDE) » qui profitent à l’économie du pays, « notamment lorsqu’ils sont issus des pays du Golfe ». Les sanctions « ciblées » devraient aussi, selon lui, frapper l’entourage de Bashar Al Assad, « dont on croit savoir que de nombreux membres s’enfoncent dans la corruption », écrit-il. C’est dans cet entourage que des « piliers du régime, et même certains membres de la famille Makhluf » (famille maternelle de M. Assad, NDLR) » auraient « pris contact avec nous en vue de l’après-Bashar ». « Bashar entre dans l’année 2007 plus fort qu’il ne l’était les années précédentes. Mais ces forces comportent, voire masquent des vulnérabilités. Si nous sommes prêts à capitaliser, elles nous fourniront l’opportunité de le déstabiliser et de lui faire payer le prix fort pour ses erreurs  » conclut le câble.

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste, Co-fondateur - 7 Lames la Mer.

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