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Océan Indien, Chagos

Torture et prison secrète à Diego Garcia ?

23 avril 2014
Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros
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La CIA pratique-t-elle la torture dans une prison secrète, sur l’île de Diego Garcia ? Selon un rapport du Sénat américain (commission du renseignement), la « Grande-Bretagne a autorisé les États-Unis à installer une prison secrète (black site jail) à Diego Garcia ». Une prison qui a vu passer des « détenus de premier plan » et qui a été utilisée avec la « pleine coopération » du gouvernement britannique, précise le rapport... Cela se passe dans l’océan Indien, à 2500 kilomètres de La Réunion !

Non seulement les États-Unis ont procédé à l’expulsion manu militari et à la déportation de la population des îles de l’archipel des Chagos — dans le plus grand secret et dans des conditions dignes de l’époque de l’esclavage — entre 1965 et 1973, date à laquelle il ne resta plus un seul Chagossien sur les îles Chagos !

Non seulement les États-Unis ont construit sur l’île principale des Chagos, Diego Garcia, leur plus grande base militaire hors USA, qui accueille 4.000 soldats — 15.000 en cas de crise — dans des installations sophistiquées dont une véritable ville en partie souterraine, complexe ultramoderne d’où sont partis les raids aériens sur l’Irak (1990) et sur l’Afghanistan (2001).

Non seulement l’armée US, qui agit en maître sur Diego Garcia, pollue de manière intensive et sans vergogne depuis des décennies le lagon chagossien, en y déversant des tonnes d’eaux contaminées et des déchets issus de leurs activités militaires, à tel point que des scientifiques ont constaté la dégradation du corail et relevé des niveaux anormalement élevés d’azote et de phosphate dans la mer — niveaux jusqu’à quatre fois supérieurs à la norme et pouvant entraîner la mort du corail...

By Joanna : http://joanaa.canalblog.com/

Mais en plus, et une fois encore, au plus grand mépris de tout Droit international, la CIA pratiquerait la torture à Diego Garcia, dans une prison secrète (black site jail), révèle un rapport accablant élaboré par la Commission du renseignement du Sénat américain.

Et tout cela avec la complicité — parfois active — des Britanniques, propriétaires des lieux puisque les Chagos ont été intégrés au BIOT (British Indian Ocean Territory) après l’indépendance de l’île Maurice, à laquelle l’archipel était jusqu’alors administrativement rattaché. L’excision des Chagos fut d’ailleurs le prix acquitté par les autorités mauriciennes pour accéder à l’indépendance !

De surcroît, la déportation — sans exception — de la population chagossienne a permis au Royaume Uni de louer une partie de Diego Garcia aux Etats-Unis d’Amérique sur un bail de 50 ans (reconductible pour 20 ans) qui expire en 2016. En échange de Diego Garcia, les Britanniques ont obtenu des Américains une ristourne de 14 millions de dollars sur l’achat de fusées Polaris, marché ahurissant signé à Londres le 30 décembre 1966 et révélé au grand public en 1975 par le « New York Times ».

Le destin du peuple chagossien a donc basculé à la suite d’une série de marchandages, sur fond de colonialisme persistant et de militarisation de l’océan Indien. Au nom du principe du secret d’état et en violation du droit international !

A droite : "Les larmes de la liberté", par Marc Pageau.

Des petits arrangements entre grandes puissances impérialistes qui prennent, nous apprend le rapport précité, la forme d’actes de torture dans une prison secrète de Diego Garcia. Il y a bien longtemps que l’existence d’une structure de ce type est évoquée par diverses sources. Olivier Bancoult, leader du « Chagos Refugees Group » a lui-même abordé cette question à plusieurs reprises lors de conférences ou d’échanges avec les médias... La Grande Bretagne avait toujours nié !

Y a-t-il une prison secrète sur l’île de Diego Garcia ? Des détenus ont-ils été torturés dans cette prison ?

« Nous avons besoin de savoir si les ministres ont trompé le Parlement concernant des actes de torture commis pas la CIA sur le sol britannique ». Par « sol britannique », il faut entendre « Diego Garcia »... Cette phrase est extraite d’une lettre de Cori Crider, directeur stratégique à « Reprieve », organisation caritative d’action juridique, adressée au Ministre des Affaires étrangères, William Hague. « Comme le suggère le rapport, on nous a menti pendant des années », poursuit Cori Crider qui exige de William Hague une clarification « de toute urgence » : la CIA a-t-elle dirigé une prison secrète à Diego Garcia ? Abdel-Hakim Belhaj et son épouse Fatima Boudchar — représentés par le groupe « Reprieve » — étaient-ils parmi les victimes ?

Abdel-Hakim Belhaj (alors chef d’un groupe islamique libyen opposant à Mouammar Kadhafi) et son épouse auraient été arrêtés en 2004 par des agents du renseignement américains à l’aéroport de Bangkok, en Thaïlande, alors qu’ils tentaient de se rendre à Londres en vue d’y obtenir l’asile politique. Belhaj affirme avoir été amené à Diego Garcia, dans cette opération conjointement dirigée par les Britanniques et les Américains, et y avoir été torturé...

Nathalie Valentine Legros et Geoffroy Géraud Legros

Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros

Chroniques réunionnaises à quatre mains, avec Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros.

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