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« Les chiens de Bucarest »

Sergio Grondin, le talent des écorchés vifs

10 mai 2015
Guy Martin
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Sur scène, il n’y a que Sergio Grondin, un cube qui lui sert de siège, une bouteille, un portable et une torche... et des meutes de chiens. Un spectacle à ne rater sous aucun prétexte... Prochaine session au « Leu Tempo Festival ».

Photo : elux

Sergio Grondin nous offre une interprétation magistrale d’un texte écrit de sa main. Tour à tour macho, sensible, cafardeux, il a le talent des écorchés vifs qui savent intelligemment se raconter et nous raconter des histoires. Des histoires qui peut-être pourraient être nôtres, tout au moins en partie.

Sur scène, une ville qui évolue sous nos yeux, envahie par le béton. Un béton gris qui obstrue les étoiles. Dans cette ville, un hôtel dont on devine la réceptionniste derrière les vitres embuées de l’entrée. Et puis, bien sûr, le chien. Le chien qui est là, au pied de l’hôtel. Vigile témoin de l’histoire de la ville, Bucarest.

A certains moments, c’est même des meutes de chiens qui envahissent la scène et à d’autres moments des meutes d’hommes armés, vêtus de sombre. Des hommes de la brigade, des hommes du gouvernement.

Photo : elux

Sur scène, en fait, il n’y a que Sergio Grondin. Un cube qui lui sert de siège, une bouteille, un portable et une torche. Et puis, ce décor en arrière plan qui se fond judicieusement dans la mise en scène, tour à tour façade d’hôtel ou murs sombres de la ville, animé de lumières ou d’éclairs. C’est suffisant pour que tout le reste existe vraiment, plus prégnant que la réalité.

Un coup de chapeau à David Gauchard et Maël Le Goff (mise en scène et accompagnement à la dramaturgie). Tout autant pour la bande son qui se fait en direct et pour le travail des lumières (Kwalud, Benoit Brochard et Alice Gill-Kahn)

Si ce spectacle repasse et il va repasser, ne le ratez pas. Sous aucun prétexte.

Guy Martin

« Les chiens de Bucarest », de Sergio Grondin, Compagnie Karanbolaz. Prochaines représentations : Mercredi 13, jeudi 14 et vendredi 15 mai, à 20h, au Séchoir (Saint-Leu) dans le cadre du « Leu Tempo Festival ».

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