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Tribune Libre de Marcel Lenormand

Pour en finir une fois pour toutes avec l’illusion du tram-train

20 avril 2014
Marcel Lenormand
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Le tram-train est mort et bien mort. Il ne ressuscitera pas. L’avenir de La Réunion passera peut-être un jour par une liaison ferroviaire, mais ce ne sera pas un tram-train. Ce sera un train. Le tram-train, pour sa part, accumulait un certain nombre de défauts...

Les défauts du tram-train...

  • Le tram c’est fait pour circuler en ville, le train c’est fait pour aller d’une ville à l’autre. Un tram-train n’est concevable que dans des métropoles telles que Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille, Strasbourg et leurs banlieues, ou dans des conurbations telles que Lille-Roubaix-Tourcoing et en général sur des secteurs relativement plats.
  • Le projet de tram-train, qui n’avait pour finalité que de relier l’ouest au nord (de Saint-Paul à Sainte-Marie) n’avait pas fait le choix entre le parcours urbain et la liaison inter-villes : il entendait faire les deux. Partant de Sainte-Marie (Duparc), il desservait l’aéroport de Gillot puis entrait dans le centre-ville de Saint-Denis : rue Pasteur, rue Lucien Gasparin, Boulevard Lacaussade, rue Gibert des Molières. Cette partie du trajet, reposant sur la falaise est de la Rivière Saint-Denis, entraînait la destruction des maisons riveraines (et quid de la monumentale grille de l’hôpital Félix Guyon ?).

"6 ouvrages d’art valant une fortune"...

  • Le tram-train entendait ensuite grimper à La Montagne par un tunnel (avec 2 arrêts, l’un à La Montagne proprement dite, l’autre sur le plateau de la Ravine-à-Malheur) puis, après franchissement de pas moins de 6 ouvrages d’art valant une fortune, replonger par un autre tunnel sur la Possession, Le Port et Saint-Paul.
  • Avec les 26 arrêts prévus entre Sainte-Marie et Saint-Paul (2 à Sainte-Marie, 13 à Saint-Denis, 2 à La Montagne, 3 à La Possession, 4 au Port et 3 à Saint-Paul) le trajet total Sainte-Marie/Saint-Paul aurait pris près de trois heures, là où un bus met une demi-heure en liaison directe, en passant par le boulevard sud et la route du littoral.
  • Le tram-train (pour les 40 km de Sainte-Marie à Saint-Paul, soit moins du quart du tour de l’île) aurait coûté autant que la nouvelle route du littoral, ce qui avait fait dire à un ministre qu’il n’était pas possible de faire les deux à la fois. Qui plus est, son budget annuel de fonctionnement n’avait pas été financé et le gouvernement de François Fillon avait été très clair sur ce point : il n’était pas question de rajouter le moindre centime.

  • Et si, en dépit de tout, le tram-train s’était fait, cela aurait inéluctablement signifié la mort non seulement de la nouvelle route du littoral mais aussi de la route actuelle ! Tout système de transport plus rapide que le tram-train (bus, voiture ou moto, empruntant la route dite "en corniche") aurait été sacrifié car il aurait condamné à l’échec la rentabilité du tram-train.
  • En effet, dans l’hypothèse d’une « corniche » toujours ouverte, entretenue et sécurisée, la question se pose : qui aurait eu vocation à prendre le tram-train ? Outre ceux qui aujourd’hui prennent déjà le bus, quelle aurait été la proportion d’automobilistes qui auraient opté pour le tram-train ? Et qu’auraient-ils fait une fois arrivés à leur point de chute ? Ils auraient repris un bus ou un taxi pour atteindre leur destination finale en ville ou dans les écarts (la Bretagne, Saint-François, Le Brûlé, le Dos-d’Ane, La Plaine Saint-Paul, Saint-Gilles-les-Hauts, Le Guillaume et autres) ?
  • A contrario, dans l’hypothèse d’une « corniche » désaffectée, le tram-train aurait-il été à même de transbahuter dans les deux sens les passagers des 50 000 véhicules/jour actuels, notamment aux heures de pointe ? Et quid des camions et des cars ? Auraient-ils été condamnés à affronter deux fois par jour les 32 km de lacets de la route de la montagne ? Du moins pour ceux qui font moins de 7 tonnes 1/2, car au-delà, la route de la montagne est interdite.
  • Est-il certain que la sécurité des passagers, et notamment la nuit (incivilités, vols, agressions), aurait été assurée dans les wagons du tram-train, quand on sait ce qui se passe actuellement dans les cars ?

Crédit photo : VINCI et filiales / Dixit Productions / Vianova

Les partisans du tram-train entendaient faire des élections régionales de 2010 un referendum sur le tram-train. Le verdict fut sans appel : deux réunionnais sur trois ont dit non au tram-train.

Certes d’autres solutions auraient pu être envisagées : tunnel ou itinéraire par les hauts de la Montagne (type route des Tamarins), mais l’actuelle majorité de la Région n’a fait que prendre la suite de ce que l’ancienne majorité avait déjà mis sur pied. N’oublions pas qu’il y avait en outre un impératif catégorique : en aucun cas les travaux ne pouvaient interrompre la circulation sur le cordon ombilical que représente la « route en corniche ».

Il faut se rendre à l’évidence : il est trop tard ! Nous avons déjà trop attendu. La vie des usagers est en jeu. Qui plus est la mise en chantier de ce programme est devenue une nécessité économique tant pour les entreprises que pour les travailleurs.

En conclusion, le temps n’est plus aux atermoiements : la Nouvelle Route du littoral n’est plus une option, c’est une urgence vitale pour l’économie de notre région et pour la libre circulation des personnes.

Tout le reste est littérature pré-électorale.

Marcel Lenormand

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