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Économie

L’Empire du Milieu vire au vert

15 mai 2015
Geoffroy Géraud Legros
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Mues par des impératifs d’ordre géopolitique et par la mobilisation d’une part croissante de l’opinion publique, les autorités chinoises mènent une politique volontariste sans précédent en direction de la transition énergétique.

Ferme éolienne au Sinkiang. Photo : Chris Lim

Engagée depuis plus de quatre décennies dans une véritable Révolution industrielle, la Chine recourt massivement au charbon et aux énergies fossiles pour bâtir sa titanesque croissance.

Cette stratégie de développement, finalement comparable à celle qui a permis l’essor des grands pouvoirs économiques occidentaux, est néanmoins régulièrement critiquée au regard des impératifs climatiques qui tendent à s’imposer — formellement tout au moins — à l’agenda global.

Mais à bien y regarder, les formules de sens commun qui attribuent à « l’atelier du Monde » la qualité de plus grand fauteur de trouble écologique et les antiennes mille fois déclinées telles que « l’environnement ne supporterait pas l’accession d’un milliard et demie de Chinois au mode de vie occidental » ne rendent pas compte de la dynamique véritable imprimée au développement des énergies renouvelables dans la seconde puissance mondiale.

Selon un rapport publié en début d’année par le Conseil Chinois pour l’Électricité (CCE), la consommation d’énergies fossiles a diminué de 0,7% entre 2013 et 2014. D’allure modeste, cette baisse n’en constitue pas moins une première dans l’histoire industrielle du pays, soulignée par la croissance soutenue de la part des énergies renouvelables dans la consommation nationale, souligne le rapport. Contrairement à une autre idée reçue, le modèle chinois de transition énergétique ne tend pas à substituer l’énergie nucléaire au charbon.

Ainsi, s’il a connu de récents succès à l’exportation, le nucléaire chinois n’a compté que pour 2% dans la production énergétique pour la période considérée, contre 31% pour les énergies dites « vertes » (soleil, eau, vent…).

Pressées tant par des nécessités d’ordre géopolitique — le pays, qui brûle chaque année plus de 6 millions de tonnes de charbon, est fortement dépendant des importations — que par la mobilisation croissante de l’opinion autour des questions environnementales, dont témoigne la popularité du film « Under The Dome » réalisé par le journaliste écologiste Chai Jing et vu par 300 millions de Chinois, les autorités de la République populaire ont engagé un vigoureux programme de financement et de recherche dans le secteur des énergies alternatives.

Celui-ci a ainsi bénéficié de 90 milliards d’investissements pour la seule année 2014, concentrés sur le développement des énergies d’origine solaire, hydraulique et éolienne — cette dernière source pourrait, en théorie, suffire à elle seule à remplacer le charbon, estimait un rapport co-réalisé par des scientifiques des universités Tsinghua et Harvard. Parallèlement, les fonds octroyés au secteur thermique ont été réduit d’environ 40% depuis 2007.

Les énergies vertes mobilisent quant à elles 60% du budget consacré à la production d’énergie.

Enfin, la politique fiscale favorable aux énergies alternatives impulsée par le Gouvernement chinois pourrait, à terme, être doublée d’une série de taxes-carbone, destinées à freiner les importations de charbon.

Fort de ce programme, qui constitue le plus vaste dispositif concerté de l’Histoire en direction de la transition énergétique, le pays devrait être en mesure d’abaisser les émissions de CO2 après un « pic » susceptible d’être atteint au cours de la décennie 2020...soit avant même la date de 2030 annoncée par la diplomatie chinoise lors des négociations menées l’année dernière avec les États-unis.

Un « grand bond en avant » qui, s’il se poursuit, permettra à l’ancien Empire du Milieu d’atteindre, à terme, l’autonomie énergétique indispensable au maintien de son statut de grande puissance au XXIème siècle.

GGL

"Seule tremble l’ombre des herbes solitaires
Pour toujours est figé le bruit des grands arbres"
Han Shan, "The cold montain"

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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