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71 ans après

Faut-il brûler le 19 mars 1946 ?

18 mars 2017
Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros
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Il y a 71 ans, La Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane devenaient Départements français. Le 19 mars 1946. Faut-il, comme le veulent certains, brûler le 19 Mars ? Faut-il, comme le prône une nouvelle vague de militantisme culturel, en faire une date commémorée, fériée, chômée, à l’instar du 20 Décembre ? Quelques pistes de réflexion et focus sur un personnage emblématique de cette époque : Léon de Lépervanche.

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Léon de Lépervanche et Raymond Vergès, députés de La Réunion, artisans de la loi du 19 mars 1946.
Illustration : 7 Lames la Mer

« Autonomistes » contre « départementalistes » : le clivage a dominé le champ politique réunionnais entre 1959, date à laquelle le Parti communiste réunionnais (PCR), principale force de gauche réunionnaise, adopte à son premier Congrès le mot d’ordre de l’« Autonomie », et le milieu des années 1980 marquées par la décentralisation.

La tendance « départementaliste », regroupée au sein de l’influente « Association Réunion Département Français » (ARDF), entendait rassembler le camp « national » contre le PCR, parti de masse qualifié « d’indépendantiste ». Elle couvrait donc ainsi un spectre allant de la social-démocratie balbutiante, représentée par le futur sénateur Albert Ramassamy, à la droite « ultra », qui comptait un bon nombre d’adeptes de « l’action directe » : attentats à la bombe, passages à tabac des sympathisants autonomistes, violences qui se sont parfois soldées par des meurtres.


L’élan du Front populaire


« Départementalistes » et « autonomistes » tendaient donc, chacun de leur côté, à rassembler le plus largement possible en substituant la question du statut au clivage droite-gauche « classique ». La stratégie fut assez peu payante de part et d’autre : dans l’opinion commune, le départementalisme reste marqué « à droite », l’autonomie, promue principalement par le PCR jusqu’en 1981, restant marquée à « gauche ».

Ces décennies d’affrontement ont largement occulté et occultent encore les origines et la philosophie première de la transformation de La Réunion en Département français. Si le « départementalisme », porté au rang d’idéologie dans les années 1960-70, se présente sous un jour franchement conservateur, voire ouvertement réactionnaire, c’est pourtant dans la rencontre du syndicalisme, du mouvement communiste des années 1940 naissantes et de l’élan donné par le Front populaire que le mot d’ordre initial d’une « Réunion Département Français » trouve son origine.

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Manifestation à La Réunion. Sur la banderole apparaît la revendication "La Réunion département français". Au premier plan, Léon de Lépervanche se tourne pour haranguer les manifestants.

Les processions régulières de petits cercueils...


Léopold Bissold, Aimé Césaire, Léon de Lépervanche, Gaston Monnerville et Raymond Vergès : ce sont ces cinq députés ultra-marins de gauche, (quatre communistes et un radical-socialiste) qui plaident, devant la Constituante, pour la transformation des « Quatre vieilles colonies » en départements français. Dans leur esprit, le changement de statut instaure d’abord une rupture, tranchée mais pacifique, avec un régime colonial rendu à juste titre responsable de l’immense déficit de développement dont souffrent les populations ultramarines. Sur le plan des droits sociaux, la loi du 19 Mars 1946 constitue un pas de géant, dont nous peinons, aujourd’hui encore, à nous figurer l’étendue.

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La Réunion est alors l’une des terres les plus pauvres du monde, classée par les jeunes nations Unies à un niveau de développement inférieur à celui de pays sous-industrialisés d’Europe, complètement ravagés de surcroît par la guerre et l’occupation, tels que la Yougoslavie ou l’Albanie. Plus de la moitié de la population de l’île est physiquement en état d’invalidité du fait de la malaria, de la malnutrition, de la pauvreté. Le taux de mortalité infantile dépasse les 165 pour mille naissances (il est de 8 pour mille aujourd’hui). Les processions régulières de petits cercueils d’enfants continuent aujourd’hui de hanter les mémoires…


Le suffrage décisif des femmes


Pour le « camp social », le statut départemental ouvre aux Réunionnais les immenses bénéfices de l’Etat social qui émerge dans la France d’après-guerre. Et c’est vainement que le « camp colonial » décrit les « dangers », fiscaux mais aussi culturels, d’une rupture de statut : le mot d’ordre « La Réunion, département français » est largement à l’origine du vote qui porte Léon de Lépervanche et Raymond Vergès à l’Assemblée. Le suffrage des femmes, qui votent pour la première fois, est alors décisif.

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Un écusson d’époque avec en médaillons, Léon de Lépervanche et Raymond Vergès.

Répression, fraude et contrôle


Treize années plus tard, ce sont les communistes, artisans de cette transformation, qui formuleront la revendication autonomiste — à l’exception de Léon de Lépervanche, minoritaire lors du Congrès de 1959 où la fédération réunionnaise du PCF devint le Parti communiste réunionnais. Mais ce cours nouveau découle lui-même de l’échec de la départementalisation en tant que décolonisation, qui constitue le bilan sans appel des presque quinze années écoulées depuis son entrée en vigueur.

En effet, dans le contexte de guerres coloniales qui marque la décennie 1950, le changement de statut reste en réalité lettre morte, et la lutte menée contre la revendication autonomiste par le biais de la répression, de la fraude électorale et d’un contrôle accru du centre sur le jeune département, aboutissent de facto à une forme de recolonisation, qui s’exprime de surcroît par une offensive contre la langue et la culture créoles.

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L’égalité devait entrer en vigueur au 1er janvier 1947. Elle ne deviendra réelle que grâce à des luttes syndicales, à une activité politique clandestine et légale et à des mouvements de masse qui culminent avec les mobilisations contre le projet RPR de « parité sociale » au milieu des années 1980. Ce n’est qu’à partir de 2002, date à laquelle le RMI est aligné sur celui de la métropole, que l’égalité des prestations sociales, recherchée par les artisans du 19 mars 1946, devient réalité.


Une longue marche


Il aura ainsi fallu 56 ans de luttes, de mobilisations dans l’arène sociale et politique, des années de répression, des vies brisées et même des morts pour réaliser une égalité qui devait être l’affaire de quelques mois.

Face à ce constat d’une inégalité tenace et de la longue vie du colonialisme, le 19 Mars 1946 doit-il être rangé au magasin des droits formels ?

Faut-il, comme le veulent certains, brûler le 19 Mars ?

Faut-il, comme le prône une nouvelle vague de militantisme culturel, en faire une date commémorée, fériée, chômée, à l’instar du 20 Décembre ?

La question se pose avec le retour en force de la référence au 19 Mars dans le débat réunionnais, notamment à l’occasion de ce 70ème anniversaire. Y répondre implique de questionner, d’une part, les usages pratiques des commémorations à La Réunion — à quoi « servent » et ce que « signifient » les créations de « lieux de mémoire » dans notre pays — et d’autre part, le contenu qui pourrait être celui d’une mémoire « raisonnée » du 19 Mars.

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Revendication pour un "20 désanm" férié, chômé et payé !

De tels développements nécessiteraient un examen aiguisé des politiques commémoratives entreprises à La Réunion depuis un demi-siècle, lequel constituerait un champ d’études à part entière. Contentons-nous, pour l’heure, d’observer le caractère profondément ambivalent du travail réalisé depuis les années 1980, qui vise à remettre en lumière la mémoire « grise » des Réunionnais, occultée par l’idéologie coloniale et son prolongement départementaliste à partir des années 1960.

Véritable longue marche ponctuée de batailles politiques (célébrations clandestines), institutionnelles (obstruction par la droite à la célébration de l’abolition de l’esclavage au début des années 1980), cette entreprise de réhabilitation de la mémoire, principalement menée par le Parti communiste réunionnais (PCR), a culminé avec l’institution, en 1981, du 20 Décembre férié. Il aura fallu presque dix ans pour que deux grandes communes rétives — Saint-Denis et Saint-André — finissent par procéder aux célébrations.

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La neutralisation et l’oubli


Plus personne, depuis la décennie 1990, ne conteste la nécessité de célébrer le 20 Décembre. Or, c’est précisément la transformation graduelle de cette date en « lieu commun » de célébration qui a dépouillé l’anniversaire de l’Abolition de sa charge militante… Avec le consensus, est venue la neutralisation. Avec la neutralisation, l’oubli. Déconnecté des sphères politiques et de la réflexion historique et mémorielle, le 20 Décembre est aujourd’hui affaire de divertissement et s’inscrit donc de manière croissante dans l’espace de l’animation et ainsi, dans une logique économique.

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En 1987, à Saint-Denis, le 20 décembre est encore l’objet d’une mascarade : la "Fête des letchis", avec cortège de chars, reine des letchis et feu d’artifice ! Objectif : passer sous silence l’abolition de l’esclavage... Publicité publiée dans la presse locale.

Dans la pratique, le 20 Décembre est aujourd’hui perçu comme une journée consacrée au délassement et… à la possibilité d’effectuer les achats de Noël… L’échec des tentatives de conscientisation effectuées — principalement par les syndicats — pour faire du 20 décembre un jour véritablement chômé en dit long sur le décrochage de l’opinion commune vis-à-vis du contenu mémoriel de la date, constitué par des décennies de luttes politiques et d’engagements culturels radicaux. Pire : par un retournement symbolique intimement lié à la captation de la célébration, le 20 Décembre donne de plus en plus fréquemment prétexte à la réintroduction de lieux communs colonialistes, plus inspirés de l’imagerie de la plantation véhiculée par « Autant en emporte le vent » que des travaux historiques qui ont retracé la vie quotidienne des esclaves dans notre pays.


Un courant révolutionnaire


Le précédent du 20 Décembre laisse craindre qu’un 19 Mars célébré ne subisse la même vulgarisation et ne fasse l’objet d’un retournement de sens plus rapide encore. Comment sauver cette date fondamentale de l’oubli, et comment éviter que l’engagement pour son souvenir, formulé dans des cercles progressistes, n’aboutisse à un regain de l’idéologie conservatrice, qui était parvenue à ôter au 19 Mars 1946 sa dimension décolonisatrice ?

La meilleure option consisterait peut-être, même si cette philosophie n’est guère dans l’air du temps, à dé-consensualiser le débat. Se souvenir du 19 Mars tel qu’il a été et non tel que l’on voudrait qu’il soit : une date située à l’aboutissement d’un processus de mobilisation sociale accompli par les forces de gauche. Une évolution qui ne s’est pas faite sur demande acceptée et encore moins par un hypothétique rassemblement au-delà des clivages sociaux.

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Scène de la vie des esclaves...

Le changement de statut annonçait une grande transformation, acquise contre une classe de propriétaires et d’usiniers. Celle-ci n’a d’ailleurs pas tardé à contre-attaquer, appuyée par l’appareil d’Etat, ouvrant une nouvelle période d’affrontements politiques et sociaux qui ne prit fin qu’au début des années 80, avec le compromis limité de la décentralisation.


Rejet du statut colonial


Et c’est là, sans doute, que réside ce que le 19 Mars a encore à nous dire de plus essentiel. Que le combat dans l’arène institutionnelle n’aboutit à rien, s’il n’est préparé en amont et poursuivi en aval par une vaste dynamique sociale. Que les changements de statuts formels ont tôt fait de déclencher des réactions, voire des contre-révolutions conservatrices, s’ils ne s’inscrivent eux-mêmes dans un courant de transformation sociale — un courant révolutionnaire, pour utiliser un terme revenu en grâce il y a peu.

Tout cela, en dernière analyse, peut se résumer en une seule formule : rendre le 19 Mars 1946 à ceux qui en furent les artisans. De la même manière que le Premier mai demeure la fête du travail et des travailleurs, le sens du 19 Mars doit demeurer, ou plus exactement, redevenir, celui du rejet du statut colonial… et de ses avatars, qui ont la vie si dure.

Geoffroy Géraud Legros & Nathalie Valentine Legros

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Le jour du Léopard. Le 28 novembre 1942, Léon de Lépervanche met le maire pétainiste du Port aux arrêts et constitue le "Comité de salut public".

Léon de Lépervanche, cheminot élu député, vendeur de manioc, syndicaliste et militant de la Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen, maire de la Ville du Port de 1945 à 1961… Un personnage romanesque avec une part d’ombre...

Poing dressé, Léon de Lépervanche, en tête du cortège hérissé de pancartes, réclame « la paix, le pain et la liberté ». Descendant d’un chevalier breton, orphelin à 2 ans et cheminot à 16, il vend du manioc pour survivre pendant la guerre, fréquente la misère, fonde le journal « Le Communiste », milite à la ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen, anime des cellules communistes et orchestre la résistance pendant ses déplacements en train, faisant le lien entre les docks et les usines.

Cheminots, dockers, ouvriers sont ses frères de lutte. Dans la mouvance du Front populaire, le « Syndicat général du personnel du CPR [1] » est créé en 1936, au cours d’une réunion dans la salle du cinéma Casino, au Port. Le secrétaire général s’appelle Léon de Lépervanche.


La clameur des meetings-la-poussière du bazar


Le pouvoir colonial aux ordres de Vichy le place sous haute surveillance et le condamne pour ses activités politiques. Malgré la répression, le verdict populaire le propulse à la nouvelle assemblée nationale constituante où il contribuera, aux côtés de Raymond Vergès, à l’adoption de la loi du 19 mars 1946 qui transforme les quatre vieilles colonies en départements.

Député, président du conseil général, etc., il est surtout maire du Port jusqu’à sa mort. Sous les dorures du Palais Bourbon à Paris, Léon de Lépervanche bataille pour La Réunion puis il se ressource dans la clameur des meetings-la-poussière du bazar et dans l’effervescence des bars du Port où il fréquente la charismatique tenancière, Mamzel Paula, que Michou et Narmine Ducap immortaliseront dans un célèbre séga (voir ci-dessous).

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Ti Léon le révolutionnaire


Le 28 novembre 1942, avec ses fidèles camarades, il organise la guérilla urbaine contre les troupes pétainistes basées au port et contraint le maire, Léon Coaquette, mis en place par le Gouverneur, à la démission. Il constitue un « comité de salut public » et prend la tête des opérations. « Le Léopard », contre-torpilleur des Forces Françaises Libres, attend au large et, à 17h06, bombarde le dernier foyer de résistance à la batterie du port. Trois Portois sont tués ce jour-là. Au soir, La Réunion est libre.

Surnommé Ti Léon, ce révolutionnaire oscille entre deux mondes, bourgeoisie et prolétariat, cheminot et député, vendeur de manioc et maire. Seule la mort aura raison de ses idées et le trouvera usé à 54 ans par ses combats incessants, dans la petite case en tôles qu’il loue au Port, dans la rue qui passe devant l’église et qui porte désormais son nom.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là... Le 17 août 1990, à La Possession, en vieille terre cheminote, communiste, avec les infrastructures ferroviaires encore présentes et la mémoire vive à portée de main, les décors naturels de l’ancienne gare de la Grande Chaloupe accueillent « Lepervenche, chemin de fer », création du Théâtre Vollard [2].

L’auteur, Emmanuel Genvrin, situe son action entre l’année 1936 qui marque l’essor du syndicalisme et 1946, année de la départementalisation. Et nous livre ses impressions sur le personnage de Léon, « aristocrate déclassé, mi-tendre, mi-chef de bande, ascète, porté sur la bouteille, dominé par les femmes et devenu député, mort jeune, abandonné, tel un héros solitaire »...


« On disait qu’il avait épousé une femme de mauvaise vie »...


« Il avait une image double, intéressante pour le théâtre : d’un côté, le dur, le pur, le stalinien, le bolchévique qui vivait de manière austère, poursuit Emmanuel Genvrin. Le héros qui avait mené les grèves de 37 et libéré Le Port les armes à la main en 1942. De l’autre, le gars humain, généreux. On parlait de lui comme d’un Bon Samaritain, un Saint-Martin créole qui partageait son manteau avec les pauvres. On disait qu’il avait épousé une femme de mauvaise vie, une Marie-Madeleine. On disait même qu’il l’avait épousée 3 fois ! (rires... en fait deux seulement). Là encore l’image était double : en l’épousant, tel le Christ, il offrait une rédemption à cette femme. Mais on disait aussi qu’elle « portait la culotte » et était de droite. Elle l’aurait obligé à se marier à l’église, en misouk, mais en France à Montreuil, commune de la ceinture rouge. Il apparaissait donc également comme une victime, orphelin déclassé, victime des femmes, victime de Paul Vergès, qui lui ravit le leadership du mouvement communiste lors du 1e Congrès du PCR, en 1959. Les anciens militants, cheminots, syndicalistes, ceux qui s’étaient battus pour la départementalisation (« du beau, du bon travail communiste » — Témoignages 1946 —) le plaignaient et en parlaient à voix basse ».

Emmanuel Genvrin résume le côté romantique et décalé de Léon par cette autre anecdote... « Se rappelant qu’il avait été résistant, Léon de Lépervanche emprunte le corbillard du Port pour se rendre, en cachette, écouter le discours du Général de Gaulle au stade de La Redoute, en 1959 »...

Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros

Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros

Chroniques réunionnaises à quatre mains, avec Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros.

Notes

[1Chemin de Fer et Port de La Réunion

[2Auteur et metteur en scène : Emmanuel Genvrin. Musique : Jean-Luc Trulès et Dominique Carrère. Scénographie : Hervé Mazelin

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