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Emplois des cadres : la filière roumaine

13 mai 2015
Geoffroy Géraud Legros
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L’entreprise roumaine IMSAT a pour directeur des affaires africaines et moyen-orientales l’époux de la Commissaire européenne Corina Creţu, en visite dans notre île la semaine dernière. En partenariat avec Holcim, l’un des principaux cimentiers de la NRL, IMSAT emploie à La Réunion un cadre roumain et passe ses annonces de recrutement en Roumanie. Était-il réellement impossible de recruter ou de former des Réunionnais ?

Un tout petit monde ? Par le biais des structurations en filiales et la fascinante complexité de la division du travail mondialisée, l’activité économique réunionnaise met en jeu des acteurs économiques et politiques dont les trajectoires peuvent néanmoins se croiser à 10.000 km des rivages européens.

Ainsi, la société roumaine IMSAT intervient à La Réunion en partenariat avec Holcim, qui est aussi l’un des principaux cimentiers impliqué dans la réalisation de la Nouvelle route du littoral (NRL). Un chantier qui permet au géant suisse de réaliser l’essentiel de ses performances dans la zone Océan Indien, indique le rapport annuel du groupe…

Créée en 1962 à Bucarest, IMSAT est depuis 2007 contrôlée par le français SNEF (Société nouvelle Electric flux) qui possède 65% de ses parts. En 2008, IMSAT est devenue IMSAT-Ceprocim en acquérant pour un euro symbolique la firme Ceprocim, filiale roumaine d’Holcim.

Ovidiu Rogoz, directeur d’IMSAT pour les affaires moyen-orientales (Middle-East manager) — une aire à laquelle s’ajoute l’Afrique, selon la nomenclature des « clusters » établie par SNEF — est à la ville l’époux de Mme Corina Creţu, Commissaire européenne chargée des politiques régionales.

Présente dans notre île la semaine dernière à l’occasion du lancement du programme FEDER 2014-2020, celle-ci s’est en outre fortement engagée en faveur du chantier de la Nouvelle route du littoral — une prise de position qui a quelque peu outrepassé la neutralité impartie à une Commissaire européenne, estiment plusieurs observateurs, dont « 7 Lames la Mer ».

Au mois d’août de l’année dernière, IMSAT avait lancé un appel d’offres pour deux mois, proposant une rémunération « attractive » — quoique « confidentielle » — pour « superviser la réalisation de carcasses de béton ». Niveau exigé : des « études supérieures dans le secteur du bâtiment » et une « expérience de 5 années dans la fabrication de fondations en béton ».

Dans notre île, le « site manager » d’IMSAT-Ceprocim sur le site Holcim est un certain « Radoi Gabriel Marian », un ingénieur roumain titulaire d’un diplôme d’électromécanique délivré par la faculté de Craiova. De telles pratiques et de tels profils interrogent.

La compétence réunionnaise est-elle donc si inexistante que les filiales d’entreprises — françaises au demeurant — ne sont pas en mesure de recruter des Réunionnais ?

Et quand bien même le degré de spécialisation requis exclurait le recours à une candidature endogène, était-il si impensable de former un Réunionnais à ces travaux ?

Le mot d’ordre de priorité à l’embauche peut être d’un maniement périlleux, lorsque les recrutements correspondent à une stratégie, malheureusement trop souvent mise en œuvre, qui vise à susciter la xénophobie en opposant les travailleurs peu qualifiés de la zone (ou même d’Europe) aux bataillons de chômeurs réunionnais créés par une politique économique inefficace et perpétués par une économie clientéliste du politique . La réflexion doit alors porter sur l’action collective et le dépassement des préjugés instrumentés par les protagonistes du dividere et impera.

Ces préventions n’ont plus aucune raison d’être lorsque sont en cause des emplois de cadres, qui échappent systématiquement à nos compatriotes alors même que les officiels n’ont à la bouche que les mots de « formation » et d’« emploi »… D’autant que, implantations d’entreprises étrangères aidant, il est loin d’être sûr que les cadres roumains soient bénéficiaires des délocalisations et prioritaires à l’embauche en Roumanie…

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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